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Publié par Edouard Boulogne

 

(La vie chère, ça ne le concerne pas!).

Suppression immédiate des 40% de vie chère?

 

L'écrivain Martiniquais (et indépendantiste) Raphael Confiant a récemment publié un article dans lequel il se penche sur « l'échec » de la départementalisation, dit-il; article dont on a peu parlé, et l'on se demande pourquoi. En 1935, nous dit l'écrivain, la Martinique était une économie de plantation, et... d'exportation, où le taux de couverture des importations par les exportations était de 54 %. Aujourd'hui, dit-il ce même taux est de 3%. Il y a donc un échec patent de la départementalisation. Une mesure d'urgence à prendre est donc la suppression de la prime dite de vie chère, de 40%, allouée aux fonctionnaires. Evidemment, tout n'est pas faux dans cette analyse. Mais outre que nombre de départements métropolitains sont dans le cas de la Martinique, et de la Guadeloupe (sans prime de vie chère), M.Confiant, nostalgique des années 30, oublie certains paramètres. Pourrions-nous aujourd'hui, vendre notre sucre, notre rhum, et nos bananes, dans les mêmes conditions que dans ce monde tout autre des années 1930. Durant ces mêmes années, parmi les conditions qui rendaient possible ces exportations il y avait le poids infiniment moindre des charges sociales, imputables à la départementalisation, et à « nos luttes sociales »(!!!). M.Confiant devrait sinon rappeler (les témoins de l'époque se faisant rares) du moins exposer aux Guadeloupéens et aux Martiniquais ce qu'était la vie quotidienne pour les petites gens de nos îles, les paysans, les petits commerçants, etc.

Même les gens riches ou aisés vivaient dans des conditions de confort, ( l'eau courante, et l'électricité étaient alors des denrées extrêment rares!) qui étonneraient les jeunes d'aujourd'hui.

N'évoquons même pas l'absence d'un réseau routier simplement décent, l'état déplorable de la santé publique.

C'est la départementalisation qui apporta de considérables améliorations à cet état de fait déplorable, et constitua une véritable révolution dans nos vieilles anciennes colonies.

J'ai encore le souvenir d'une excellente émission (à cette époque, il y en avait encore) sur RFO-Guadeloupe, animée par Raymond Sargenton, en 1996, à l'occasion du cinquantenaire de la départermentalisation, où s'étaient exprimés avec beaucoup de sincérité des hommes comme Rosan Girard (pourtant fondateur du parti communiste guadeloupéen, ou encore M.jules Boisel, lui aussi ancien communiste, et départementaliste, avant de démissionner du parti, et de nouer avec moi des relations d'amitié confiante).

J'ai encore en mémoire l'accent passionné de R. Girard pour vanter les résultats spectaculaires de la départementalisation sur le plan de la santé publique, et des exemples tout-à-fait éloquents qu'il avait donnés de l'ancien état des choses à l'époque dont M Raphael Confiant semble nostalgique.

Je ne suis pas pourtant en train de défendre les privilèges des fonctionnaires, ni de dire qu'il a tort dans toutes ses analyses. Mais enfin, rien n'est aussi simple qu'il semble l'affirmer.

Une suggestion pour conclure : pourquoi M.Confiant ne dirait-il pas un petit mot de sa thèse à ses amis séparatistes, les syndicalistes martiniquais et Guadeloupéens, les Monrose et les Domota, tous fonctionnaires de l'Etat fwancé?

Il nous ferait part de leur réactions. Cela nous intéresse.


Edouard Boulogne.





(Extrait de l'article de M.Raphael Confiant) :



(….)  « Quelle est la cause, la véritable cause, de ce mal récurrent ?

Qu’est-ce qui plombe irrémédiablement tout effort de mise en place d’une économie un tant soi peu viable et dynamique dans notre pays ?

Ma réponse va en faire hurler plus d’un, mais je suis sincèrement persuadé que cela tient à l’existence de ce fameux sursalaire de 40% arraché de haute lutte, en 1946, par nos parents fonctionnaires.

Seuls deux personnes ont eu le courage de le dire : d’abord, dans les années 80, Max Elysée, patron de la chaîne de cinémas du même nom, homme de Droite mais ouvert, intelligent, longtemps conseiller général de Fort-de-France et candidat à la mairie de cette dernière. Aussitôt, il fut incendié, descendu en flèche, par la quasi-totalité du corps politique local, les gens de Gauche les premiers. Principal argument de ses détracteurs : Elysée est un capitaliste qui fait d’énormes profits et qui évidemment n’a pas besoin de sursalaire pour vivre ; ensuite, le second contempteur des 40%, dans les années 90, fut l’activiste nationaliste Guy Cabort-Masson, qui, à travers de multiples textes et articles pointa du doigt ce qu’il appelait joliment « une prime coloniale ». Cabort fut, à son tour, voué aux gémonies. Motif : ce gauchiste indépendantiste n’était pas crédible et cherchait à instaurer un régime castriste à la Martinique, lui qui s’était déjà rebellé lors de la guerre d’Algérie en désertant l’armée française dans laquelle il était officier pour rejoindre le FLN.

Mais l’argument-massue de tous ceux qui rejetaient violemment la proposition de Max Elysée et de Guy Cabort-Masson tenait au fait qu’aucun de ces deux hommes n’était fonctionnaire. Sous-entendu : ils n’avaient rien à perdre dans la suppression des 40%. Or, moi, en tant qu’universitaire, je le suis. Quand donc je réclame la suppression des 40%, personne ne saurait m’opposer le fait que je n’aurai rien à y perdre. Oui, j’aurai à y perdre une somme équivalente à près de la moitié de mon salaire, ce qui n’est tout de même pas rien, et pourtant je l’accepte !

Et pourquoi ?

Parce que les 40% sont le cancer qui ronge l’économie martiniquaise (ou ce qui en tient lieu) depuis un demi-siècle.

Comme tout cancer, le mal s’est d’abord fait silencieux, insidieux. Au début, les fonctionnaires créoles ont vu leurs revenus quasiment doubler du jour au lendemain. Ils se sont achetés des voitures neuves, des terrains afin d’y bâtir la villa de leurs rêves, villas qu’ils ont meublées avec ostentation, ils ont même, pour certain, acquis un pied-à-terre à Paris ou à Bordeaux où leurs enfants habitaient le temps de leurs études, ils ont pu voyager un peu partout à travers la Caraïbe et dans le monde. Pendant ce temps-là, leur sursalaire irriguait le tissu économique martiniquais.

Irriguait de ses métastases, devrais-je dire…

En effet, l’armature même du système repose sur les 40%, créant ce qu’Edouard Glissant a appelé une « économie-prétexte ». Un faux-semblant d’économie ou une économie du faux-semblant, comme l’on voudra. En effet, comment parler sérieusement d’économie dans un pays où le taux de couverture des importations par les exportations est passé de 54% en 1935 à…3% en 2009. Oui, trois pour cent ! Pour parler à Ti Sonson : le produit de la vente de notre rhum et de notre banane ainsi que les recettes du tourisme ne couvrent que 3% des achats que nous effectuons à l’extérieur, 3% des marchandises que nous importons. Tout le reste, les 97% donc nous sont fournis par des transferts financiers venus de France et d’Europe, notamment les 40% (mais aussi les subventions aux planteurs et les allocations aux « malheureux »). » (…..)

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Commenter cet article

Vidal 31/05/2009 22:21

Suppression des 40% de vie chère ! Chiche… C’est comme vouloir supprimer les jours fériés qui commémorent une fête religieuse dans un pays laïc