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Publié par Edouard Boulogne

Une semaine à la loupe.  



  1. Difficile de croire à une grève générale.

Après le 1er mai, l'unité syndicale s'effrite. A l’exception de quelques bataillons de fonctionnaires ou para-fonctionnaires, les Français sont conscients que la situation économique n’est pas bonne et qu’une grève générale n’arrangerait pas leur situation, voire la détériorerait. Dans la conjoncture actuelle, la grève générale ne peut pas être à l'ordre du jour, malgré les injonctions d'organisations comme Sud, FO ou le NPA d’Olivier Besancenot. Le mouvement n'est pas assez unitaire et le message des syndicats n'est pas coordonné. Aucun secteur n'est en soucieux de voir son fonctionnement normal mis en danger. Le climat social n’est pas teinté d'optimisme comme en 1936, 1993 ou 1968. Cela n’encourage donc pas les gens à se mobiliser. Ceci ne doit pas empêcher les dirigeants, économiques comme politiques, de prendre toutes les mesures nécessaires et indispensables pour atténuer la crise.

  1. Que réclament les salariés en colère ?

Les exigences des salariés diffèrent pour chaque entreprise. Chez Caterpillar, les salariés exigent des conditions d’accord de sortie de crise revues et corrigées avec notamment la réduction du nombre de licenciements. Chez Molex, ils réclament le maintien de l’activité du site de Villemur, menacé de fermeture en juin prochain. Chez 3M et Sony, les revendications portent sur les modalités du plan de sauvegarde de l’emploi et d’une prime de départ. Avec la "casse" de l’emploi, les situations aboutissent à un même constat qui est que les salariés sont davantage sur un mode défensif et se battent pour des enjeux directement liés à la crise économique. Ils cherchent d’abord à défendre leur emploi et à améliorer leur situation sans remettre en cause le système économique.

  1. Une inflation au plus bas depuis 52 ans, mais une chute record pour les investissements et….

En France, les prix à la consommation ont augmenté de 0,2% en avril et ne progressent que de 0,1% sur un an : Du jamais vu depuis plus d’un demi siècle ! Même si elle est aussi le reflet de la crise économique, c’est une bonne nouvelle pour les consommateurs français. Par contre, en 2009 l’investissement dans l'industrie devraient connaître une chute record de près de 18%.  Et de plus, le déficit des comptes courants s'est creusé de 200 millions d'euros en mars par rapport à février, pour atteindre 2,2 milliards d'euros en données corrigées des variations saisonnières : Ce n’est pas très bon.

  1. Que sont devenues les entreprises de Bernard Tapie ?

En pleine polémique sur le Club Med, Bernard Tapie affirmait : "redresser des entreprises, j'ai fait ça pendant 20 ans" ! Durant les décennies 80 et 90, il s'est illustré par de nombreuses opérations d'achat et de revente de sociétés en difficultés. La plupart d'entre elles ont connu la liquidation après le passage de l'homme d'affaires. Retour sur une saga peu connue de tous. 1. Manufrance : Groupe placée en règlement judiciaire en 1979, Bernard Tapie obtient l’exploitation de l'entreprise de vente par correspondance mais doit jeter l’éponge devant la contestation infatigable des syndicats et des élus locaux. L'entreprise stéphanoise sera liquidée en 1986. 2. La Vie Claire : Rachetée en 1980, l'enseigne de produits diététiques vit des heures de gloire sous la direction de Bernard Tapie qui tente de la revendre à deux occasions. Récupérée par le CDR, structure chargée de vendre les anciennes participations du Crédit Lyonnais, elle sera revendu pour seulement 1,5 millions d’euros dans "une situation totalement pourrie", comme l’a indiqué le repreneur. 3. Terraillon : Acquise pour un franc symbolique en 1981, cette entreprise de systèmes de pesage ne garde aucun souvenir positif de l'époque Tapie. 4. Testut : Petite entreprise de matériel de pesage, elle rejoint le groupe Tapie en 1983. En 1999, elle est cédée à un groupe américano-suisse puis liquidée quatre ans plus tard. Cet achat vaudra à Bernard Tapie d’être soupçonné d'avoir prélevé abusivement des sommes sur les comptes de la société ce qui entrainera ses démêlés connus avec la justice. 5. Look Cycle: Elle est cédée pour un franc symbolique au groupe en 1983. Bernard Tapie croira dans la pédale automatique avec laquelle Bernard Hinault gagnera le tour de France en 1985, ce qui lui permettra de réaliser l'une de ses meilleures acquisitions et donc des profits significatifs lors de la vente. 6. Wonder : En 1984, la famille fondatrice cède son entreprise à Bernard Tapie qui fermera 4 usines et licenciera 600 salariés. Associé à Francis Bouygues, il rachètera SAFT-Mazda et revendra l’ensemble en 1988 et pour réaliser une très importante plus-value. 7. Donnay : Mise en faillite en 1988, la marque belge de raquettes, sera remise sur un pied via un actionnariat tripartite par lequel Bernard Tapie qui détenait 51% des parts. En 1991, il vendra l’ensemble, mais en 1993, la société fera à nouveau faillite. 8. Adidas : En 1990 Bernard Tapie contracte un prêt d’environ un milliard d’euros auprès d’une filiale du Crédit Lyonnais. Malgré des restructurations et des suppressions d'emplois, Adidas enregistrera des pertes historiques que Bernard Tapie ne pourra pas assumer. Il décide alors de revendre Adidas et confie au Crédit Lyonnais la responsabilité de mener à bien la transaction. Ceci se terminera par une saga judiciaire de plus de 10 ans et par l’intervention du tribunal arbitral qui condamnera le CDR à verser près de 400 millions d'euros à Bernard Tapie. Au final il devrait toucher entre 100 et 150 millions, en fonction des taux d'imposition qui seront appliqués à ses gains. Et voilà le Bernard Tapie "homme d’affaire" de retour sur le devant de la scène financière. A la tête d’un joli magot, sa première proie s’appelle le Club Med. Avec le bilan que l’on connait, doit-on laisser ce touche à tout s’attaquer à des entreprises ? Depuis sa victoire dans le litige qui l'opposait au Crédit Lyonnais, il est sur tous les fronts : Politique, médiatique, artistique, sportif, économique. Bernard Tapie est revenu sous les feux de la rampe et a besoin de prendre sa revanche… jusqu’à son prochain faux pas. Alors que sont devenus les bijoux du "redresseur d’entreprises" ? Pas de quoi pavoiser, c’est le moins que l’on puisse dire !

  1. Nécrologie du 4X4 !

La fin du XXème siècle avait vu le développement scandaleux du 4X4 qui était devenu le véhicule tout terrain des femmes BCBG en mal de reconnaissance masculine. Qu’il était bien de frimer dans les rues des grandes villes, sur les autoroutes et dans les iles des DOM-TOM pour "montrer sa puissance". Au volant de ces monstres, qui n’avaient plus rien de véhicules tous terrains, ces dames de la "bourgeoisie" faisaient le bonheur des concessionnaires étrangers. Depuis quelques années, le Grenelle de l’environnement et la crise aidant, ces véhicules pollueurs redeviennent ce qu’ils auraient du toujours rester : Des véhicules utilisés dans nos campagnes par nos agriculteurs. "De profundis" !

  1. La dette publique fabrique-t-elle la croissance ?

Sous l'effet de la crise, les déficits publics explosent. L'endettement des Etats ne serait plus un mal, temporairement, sous réserve qu’il serve à fabriquer de la croissance et qu’il soit géré avec parcimonie. La dette publique peut être un outil de politique économique à condition qu’elle soit utiliser pour créer de l’investissement et non pas pour créer des revenus récurrents. Donc, au risque de déplaire : Non aux augmentations de salaires, surtout pour ceux qui ont une garantie de l’emploi !


Henri Pauvert.

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C
Il faudrait que les Français perdent toutes raisons pour ce lancer tête baisée dans la grève à outrance avec le risque de se retrouver sans emploi et pour finir être obligés de vivre à la belle étoile, de toute façon il n’y a que ceux qui sont assurés de la garantie de l’emploi qui peuvent se le permettre, et encore ce n’est pas évident la perte de salaire n’est pas sans conséquence dans le budget familial, pour les salariés du privé c’est hors de question, un jour ou deux au maximum ça passe mais pas plus.     
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