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Publié par Edouard Boulogne

 

(EG) Vous avez dit « Racisme »?






Avec un culot étonnant (pour ceux qui ne les connaissent pas) les admirateurs du LKP (qui sont souvent les « idiots utiles » dont parle lénine, -mais ils ne le sont pas tous) prétendent que l'action dudit LKP a été « exemplaire », par sa « pureté », sa « non violence » (sic!), son « absence de racisme ». Evidemment, mieux vaut entendre cela que d'être sourd.

Mais enfin les Guadeloupéens (et les personnes résidant en Guadeloupe ces jours-ci, rares touristes, journalistes, etc) ne sont ni sourds ni aveugles. Les multiples propos de Domata (pour ne pas parler de ses complices et disciples), créent une ambiance tout-à-fait détestable, du moins pour ce que je crois être une majorité de nos compatriotes.

En voici un exemple. Il s'agit de la lettre envoyée par le copropriétaire d'une Résidence au président de son syndic.

Je la publie textuellement, en enlevant seulement le nom de la personne en question, et l'identité du Syndic.




Abymes le 12 mars 2009


Madame le Syndic

(…..............................................)


Madame, Monsieur,


Nous avons reçu une convocation pour une Assemblée Générale le 31 03 2009.

Nous vous rappelons que nous sommes rnembre du conseil syndical et que

nous n'avons reçu aucune convocation ou invitation afin de préparer une

quelconque assemblée générale.

Nous avons déjà constaté une tendance, dans ce milieu immobilier, à fonctionner de

façon partisane et pour des intérêts partagés,

Cette attitude est le fait d'une minorité d'exogènes, toujours au détriment des

autochtones. (souligné par Le Scrutateur),

Dans I'hypothèse ou vous ne !'euriez pas constaté, cette attitude ségrégationniste,

également remarquée dans le choix des entreprises réalisant des travaux dans la

résidence, a déjà entrainé un premier soubresaut en Guadeloupe.

Nous découvrons qu'il est urgent, pour vous et pour nous, qu'une réaction soit portée

dans le milieu des syndics et de leur acolyte, avant que les choses ne se détériorent.

En conséquence, vous sachant déjà tout désigné pour succéder à vous-même

dans la gestion de cette résidence, nous ne nous rendrons pas à ce simulacre

d'AG.

Par rapport au contexte actuel, nous prendrons I'attache de toute organisation ou

structure appropriée afin de dénoncer vos méthodes avoisinant l'apartheid.

Cordialement.


XXX.


Voilà! « Cordialement »! C 'est pas du bel humour noir, ça? ( Par les temps qui courent, et compte-tenu de mon aspect leucodermique, je tiens à préciser que l'humour noir est une forme d'humour qui exploite des sujets dramatiques et tire ses effets comiques de la froideur et du cynisme) .


Humour ou pas, il s'agit bien d'un des fruits vénéneux de l'action elkapiste. Et j'ai pour habitude de juger l'arbre à ses fruits.


Bien entendu, je ne veux rien préjuger en ce qui concerne la validité ou l'invalidité de la convocation par le syndic d'une assemblée générale. Même s'il y avait irrégularité ou négligence dans la forme de la convocation, et par conséquent légitimité d'une contestation de celle-ci, ce qui est inacceptable c'est l'irruption dans le débat d'un principe qui devait lui être étranger, symbolisé par les mots « exogène » et « autochtone ».

Par ces termes, le racisme, puisqu'il faut l'appeler par son nom montre le gros bout suintant de haine gluante de son gras grouin obscène.


Imagine -t-on, en Guadeloupe même, ou en métropole un copropriétaire blanc s'adressant de la sorte à un président de Syndic noir sans qu'aussitôt glapissent ( avec justesse d'ailleurs) les stars de la moraline, les SOS-racisme, les ligues des droits de l'homme, les MRAP, etc, etc, etc?


Le paranoïaque correspondant du Syndic aurait dû penser à ce mot de Paul Valéry, je crois, « tout ce que tu dis parle de toi, singulièrement quand tu parles d'un autre ».


Cette histoire m'en rappelle une autre rapportée dans un livre paru à la Martinique en 1972, oeuvre pourtant de deux indépendantistes MM Germain Bouckson et Bertrand Edouard (Les Antilles en question, autoédition imprimée par les presses de l'Imprimerie Antillaise St-Paul, à Fort-de-France ).


On y lit (pp 124 et 125) à propos du choix d'un président d'association : « C'est ainsi qu'un béké technicien de valeur incontestée est invité à faire partie du bureau d'une association. Il hésite et devant tant de sollicitude, il finit par accepter de présenter sa candidature.

Le jour du vote, il est seul postulant pour sept postes; on insiste dans la salle parmi les jeunes fraîchement diplomés pour trouver d'autres volontaires. On trouvera finalement huit candidats et l'on passe au vote secret. Toutes les voix se portent finalement sur les autres bien moins qualifiés que lui. Il subira l'affront d'être le seul exclu...non sans quelque amertume ».


Je ne voudrais pas généraliser de tels faits. J'ai dit et répété que je ne croyais pas la Guadeloupe et la Martinique plus fondamentalement racistes que d'autres régions de la France. Mais il est vrai que notre histoire peut expliquer (mais non justifier) ici, une susceptibilité plus fortes aux questions épidermiques, et certaines bavures. Ce que je réprouve, et méprise, c'est la campagne incontestablement raciste qui se développe dans nos îles à la suite des mouvements du LKP, en Guadeloupe, et de celui du « cinq février » en Martinique.


Jouer de notre diversité ethnique pour en faire un enjeu de pouvoir politique est dangereux pour toutes les ethnies insulaires (voir à ce sujet, mon récent article Qui est Guadeloupéen? Ou encore, celui, un peu plus ancien, intitulé : Prenons garde à l'hypnose).


Je voulais signaler ces anecdotes qui sont plus que des anecdotes, quand on y réfléchit, et les faire connaître à la veille des « fameux Etats généraux » qu'on nous mijote; particulièremnt aux membres de la commission chargée de réfléchir aux questions dites « identitaires »!


Edouard Boulogne.


 



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