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Publié par Edouard Boulogne

Sommes-nous des lâches?  





Cette histoire est authentique. Elle s'est déroulée en Guadeloupe à Pointe-à-Pitre, il y a quelques jours.

Une dame d'un certain âge, accompagne une jeune femme antillaise assez peu sûre d'elle-même dans une administration pour l'aider dans l'établissement d'un dossier assez compliqué.

Ces deux personnes s'adressent à l'employée (antillaise) responsable du service adéquat.

Celle-ci se comporte d'abord de façon un peu impersonnelle, voire crispée. Après tout elle accomplit une tâche assez austère et difficile, face à des clients qu'elle ne connaît pas et qui se succèdent sans discontinuer.

Mais peu à peu elle se détend, et le travail est fait.

Et même on est assez en confiance pour amorcer, pendant quelques minutes, un échange, une conversation.

L'on en vient évidemment à parler des évènements qui viennent de se dérouler, et ne sont pas terminés.

On évoque l'action destabilisatrice du LKP.

Résumé du propos du fonctionnaire : "Ma famille et moi, nous avons beaucoup souffert du blocage de la Guadeloupe. Mais quand on nous interroge sur notre sentiment, nous n'osons pas dire notre ras-le-bol. Nous restons évasifs, et même certains d'entre nous en certaines occasions se sont déclarés solidaires du LKP"
Une hésitation, une moue d'amertume, puis elle conclut "Nous sommes des lâches"!

Qui, en Guadeloupe, osera lui jeter la première pierre?

Marc Décap.

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B
hélas!hélas! hélas! nous aurions , nous les silencieux, un gros travail  à faire sur nous-même et collectivement! Pourquoi ?Aurions nous peur de perdre notre petit confort intérieur ? Sommes nous culpabilisés face à la manipulation de ceux d'en face ? Prendre position et affirmer ses opinions c'est à coup sûr l'affrontement et la certitude de "prendre des coups". Ne rien dire , c'est ....la politique de l'autruche, et accepter d'être submergé lentement mais sûrement..... par le ruisseau qui grossira jusqu'à devenir rivière et à tout inonder  parce qu'on n'a pas voulu le canaliser quand il était encore temps. 
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O
Je pense que nous sommes surtout désemparés. La légitimité conférée au LKP par les élus, le représentant de l'Etat, les médias a plongé la population dans une perplexité bien compréhensible . Alors que j'avais le sentiment de vivre une situation insurrectionnelle, que je me demandais si je vivais toujours dans un département français, que je craignais pour ma sécurité et celle de mes proches, que je me sentais prise en otage et privée de mes libertés élémentaires de citoyenne, un individu auquel je n'avais confié aucune mission se comportait et était considéré par les autorités de la république comme le représentant des guadeloupéens. Jamais je ne me suis reconnue dans les slogans et les revendications irrationnelles, les propos racistes et haineux des leaders du LKP. Pourtant ces personnes ont parlé en notre nom et nous ont réduits au silence pendant 44 jours avec la complicité passive des autorités et des élus qui n'ont eu aucune considération pour nous et nos états d'âme. Depuis, c'est la pensée unique. Si votre blog n'existait pas ainsi que 2 ou 3 autres sites qui nous apportent des informations et élèvent un peu le débat, ce serait un vrai piège idéologique. Face à la campagne idolâtre que mènent les médias locaux en faveur du LKP, les gens doivent craindre d'être marginalisés voire dénigrés et gardent pour eux leur opinion. Ils n'en pensent pas moins et j'en ai des preuves au quotidien dans mon entourage.
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