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Publié par Edouard Boulogne

Une semaine à la loupe!  



  1. La totale pour Total !

Total restructure mais ne licencie pas car l’entreprise recrute et elle propose à chaque salarié qui perd son emploi une solution adaptée à sa situation. Le groupe supprime 555 postes sur 3 ans, soit 185 par an, moins de 0,2% de son personnel. Sur la même période Total annonce la création de 3.000 emplois, soit un net de +2.445 recrutements et plus de 2% de nouveaux salariés. Pour un groupe non solidaire qui se moquerait du politiquement et du socialement correct, il y a pire ! Cependant Total a très mal communiqué : Un groupe pétrolier tel que Total ne doit pas annoncer des profits de 13,9 milliards d’euros en même temps que des suppressions de postes, surtout quand il doit faire face au procès AZF. Le DG de Total devrait revoir l’organisation de la communication de son groupe qui doit prendre en compte l‘aspect psychologique d’une telle annonce même si cette décision est nécessaire pour préserver sa capacité à créer des richesses futures et donc de nouveaux emplois.

  1. Des dirigeants sur la sellette.

Le patron de Sony France retenu pendant plusieurs heures par des salariés en colère, le directeur de la société de chimie et pharmacie 3M qui subit le même sort et quelques autres. Ces patrons sont victime de la crispation des tensions sociales en France. De même, la fermeture annoncée de l'usine du groupe allemand Continental près de Compiègne suscite l'émotion. Enfin c’est au tour de Total de subir les critiques à la suite de l'annonce des 555 suppressions d'emplois dans sa branche pétrochimie alors que le groupe a dégagé un bénéfice de 13,9 milliards d'euros. Ces affaires s'ajoutent à la polémique qui rebondit sur la rémunération des dirigeants, a fortiori quand l'entreprise supprime des emplois ou reçoit des aides de l'Etat pour faire face à la crise. Les stock-options des dirigeants de la Société Générale, l'affaire du "parachute doré" du patron licencié de Valeo et enfin l'affaire des bonus chez Cheuvreux, la filiale de la banque de financement et d'investissement du Crédit Agricole, qui font jaser alors que les entreprises doivent supprimer des postes. Cette polémique n'est pas spécifique à la France. C’est ainsi que les Etats-Unis viennent de connaître un scandale retentissant avec les bonus de 165 millions de dollars versés à des dirigeants et ex-dirigeants de l’assureur AIG, victime d'une perte annuelle de près de 100 milliard de dollars et qui a été renfloué par des fonds publics à hauteur de 170 milliard de dollars. Si le gouvernement se doit d’intervenir pour éviter les séquestrations et les excès de rémunération, il doit éviter de participer au "lynchage médiatique" des patrons. Non tous les patrons ne sont pas des "pourris" et l’on a trop tendance à oublier que sans patrons il n’y a pas de salariés ! Ce n’est pas parce que quelques dirigeants managers manquent d’éthique pour que l’on doive jeter au panier tous ceux, beaucoup plus nombreux, qui assument leurs responsabilités très honnêtement.

  1. Il est urgent pour certains grands patrons de se montrer plus solidaires.

Les dirigeants mandataires sociaux et le plus souvent non propriétaires dont l'entreprise met en œuvre un plan social ou qui ont recourt au chômage partiel de façon massive devraient renoncer à toucher la part variable de leur rémunération. Ceci semble du bon sens mais il s’avère qu’ils n’aient pas intégré la valeur éthique de leurs responsabilités !! Il est donc malheureusement normal que l‘Etat soit obligé de légiférer en la matière. Face à la crise, il intervient de plus en plus pour aider financièrement les grandes entreprises de même que des pans entiers de certaines industries stratégiques. Désormais l’Etat considère, à juste titre, qu’il a son mot à dire pour tout ce qui concerne la réglementation des sujets sociaux. Il serait donc souhaitable que le Medef, qui doit avoir une certaine autorité, trouve les moyens d'imposer aux mandataires sociaux, via leur conseil d'administration, de nouvelles orientations en matière de rémunérations qui prennent en compte les effets de la crise. Comment expliquer aux salariés qu’ils doivent se serrer la ceinture ou faire des efforts alors que certains de leurs dirigeants se "goinfrent". Allons messieurs les dirigeants managers, un peu de décence !

  1. Le match Aubry-Royal au "Zénith" de la confusion !

Le PS s’est fourvoyé dans son désir de défier Ségolène Royal sur le terrain du Zénith qu'il a loué à grand frais pour ne le remplir qu'à moitié. Pourquoi Martine Aubry a-t-elle défié Ségolène Royal qui y avait fait un spectacle très "people" en cheveux bouclés, jupe tunique et un slogan maintenant célèbre "fra-ter-ni-té". Reste évidemment l'essentiel, le match qui ne cesse de se jouer entre les deux "femmes debout" du PS. Faut-il que le désir de revanche, la frustration et le besoin d'en découdre soient irrésistibles, pour que le Premier secrétaire reste obnubilé par son éternelle concurrente pour prendre tous les risques d'une comparaison qui tourne à son désavantage ! Le PS n’a toujours pas fait le deuil du congrès de Reims et les femmes de gauche ne sont pas meilleures que les hommes dans leur combat pour les meilleures places. Pendant ce temps la droite avance et place ses pions au grand désespoir des militants de gauche.

  1. Mme Royal trouve le gouvernement méprisant et incompétent !

Chaque dirigeant de la gauche n’a pas de mots plus durs pour le gouvernement. Certes une opposition doit se démarquer de la majorité. Mais qu’a-t-elle à proposer face à la crise ? Rien de concret, des mots, des invectives : Leur encéphalogramme est plat !! L’extrême gauche fait recette car elle dit tout haut ce que de nombreuses personnes pensent tout bas sans jamais rien proposer de concret ou de réaliste. Le NPA, Nouveau Parti Anticapitaliste, d'Olivier Besancenot, est "absent sur toutes les formes de proposition opérationnelles" a dit Ségolène Royal qui n'a une nouvelle fois pas mâché ses mots. Mais que propose madame Royal ? Rien si ce n’est qu’elle nous explique : "je suis tous les jours aux côtés des entreprises, des salariés. La région que je préside fait énormément pour l'emploi". Si c’était vrai cela se saurait. On attend toujours ses propositions concrètes et celles de ses amis.

  1. L’Europe devrait soutenir le FMI si...

Les dirigeants européens devraient s’accorder sur une hausse exceptionnelle de 75 milliard de dollars pour renflouer le FMI, Fonds Monétaire International, afin qu'il puisse faire face aux demandes croissantes d’aides des pays les plus touchés par la crise. "Cet effort interviendrait si d'autres pays du G20, en particulier la Chine et les Etats-Unis, étaient prêts à faire aussi des efforts", a précisé une source française. Le FMI a souligné à plusieurs reprises que ses ressources risquaient de s'épuiser si la crise perdurait. Un geste important pour soutenir les pays les plus touchés par la crise est nécessaire et indispensable.

  1. "Le siphonage du profit par les actionnaires", c’est FAUX

Le partage de la valeur ajoutée entre les salariés et les actionnaires est critiqué par Nicolas Sarkozy alors qu’il est très stable depuis de nombreuses décennies avec un avantage au travail. En effet, il tourne autour de 58% contre un peu plus de 31% pour le capital ! Il est paradoxal de mentionner que la part salariale s’est réduite passant de plus de 63% sous le septennat de Valéry Giscard d’Estain à moins de 58% lors du premier septennat de François Mitterrand. Parler de "siphonage" des profits par les actionnaires est insultant. Surtout si on compare les entreprises dans les différents pays d’Europe : La part du capital fluctue entre 32% et 43%. Nos entreprises auraient une marge de "siphonage" importante si elles s’expatriaient dans d’autres capitales européennes ! Monsieur le Président, vous êtes mal conseillé.


Henri Pauvert

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