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Publié par Edouard Boulogne

Brouhaha sur RCI!




(RCI est en grève et les auditeurs de cette station sont en quête d'autres sources "d'informations".
Thierry Fundere, qui s'est signalé durant ces deux mois d'agitations en Guadeloupe et en Martinique (mais depuis bien plus longtemps en fait. Et les lecteurs du Scrutateur sont témoins des mises en garde que je lui avais adressées) par son engagement partisan et sans nuances en faveur du LKP, a des ennuis avec les propriétaires et  les dirigeants de la Station. C'est que nombre d'annonceurs publicitaires (principale source de revenus pour cette radio généraliste) protestent en se désengageant. L'avenir de RCI se trouve donc mis en question.
Divers amis de Fundere tentent d'ériger ce dernier en martyr, et en témoin d'une liberté qui serait mise en péril.
Pourtant les annonceurs, et les propriétaires, sont libres de disposer de leur budget comme ils l'entendent. Sera-t-on bientôt contraint de financer des entreprises qui s'opposent à vos vues personnelles sur l'avenir de la Guadeloupe, et sur les valeurs qui, à tort ou à raison vous paraissent essentielles?
Cela n'est vraiment pas sérieux! Voici le texte de la pétition qui circule. Le Scrutateur).

(I) "Une radio libre qui meurt, c’est toujours la démocratie que l’on assassine.


Est-il encore utile de le rappeler ? Le degré de démocratie de toute société politique ne se caractérise pas uniquement par son aptitude à organiser des élections libres et non truquées, mais peut-être d’abord et avant tout par sa capacité à garantir la liberté d’expression de ses citoyens. La démocratie est donc consubstantielle à la liberté.

Or, Cela suppose nécessairement l’existence d’une presse libre émancipée du pouvoir politique et des puissances économiques, riche de sa pluralité, et soucieuse de transmettre l’information en toute objectivité et impartialité. Certes, il s’agit là d’un idéal vers lequel toujours nous devons tendre, tant l’effectivité de l’indépendance de la presse est souvent décevante. Et en France, les tentations récentes d’inféodation de l’audiovisuel public au pouvoir en place sont autant d’atteintes manifestes à la liberté de la presse. Mais quoi qu’on dise, la France de Sarkozy n’est pas encore la Russie de Medvedev et de Poutine, où des journalistes peuvent être impunément assassinés et la presse muselée.

De même en Guadeloupe, quoi que l’on puisse penser de la partialité de certaines rédactions, force est cependant d’admettre que la liberté de la presse est garantie. De Radio France Outre-mer (RFO) à Radio Caraïbe International (RCI), en passant par le quotidien France-Antilles, ou encore Canal10 et la Une Guadeloupe, chacun de ces médias, avec sa ligne éditoriale propre, décrypte jour après jour l’actualité, remplissant ainsi une mission essentielle d’intérêt général.

Aujourd’hui pourtant, l’une des radios les plus écoutées sur l’île, est susceptible de ne bientôt plus pouvoir émettre. Car c’est l’existence même de RCI qui est menacée. Et, faits d’une extrême gravité, ce sont des puissances économiques locales qui, au travers de certains actionnaires de la radio ainsi que de ses annonceurs publicitaires, exercent un chantage abject sur l’entreprise : Thierry Fundéré – le rédacteur en chef – doit partir, ou faute de recettes publicitaires, la radio périclitera !

Ainsi donc, au motif que le 11 février 2009, en plein conflit social, ce journaliste aurait implicitement pris parti en faveur du collectif LKP dans son éditorial, des lobbys privés exigent sa tête, n’hésitant pas à mettre la radio en grande difficulté. Pour le moment, les membres de la rédaction sont unanimement solidaires de leur confrère, mais combien de temps pourront-ils tenir, sachant que leur entreprise est menacée et que les salaires pourraient bientôt ne plus être versés ? Si, malgré eux ils cèdent, ce serait un précédent grave, à même de remettre en cause l’indépendance de la rédaction, et susceptible de faire peser une menace sournoise sur tout journaliste qui, à l’avenir serait tenté de rompre avec la ligne éditoriale attendue.
Aussi, parce que nous sommes trop attachés à l’indépendance de la presse garante d’une véritable démocratie.

Parce qu’une radio libre qui meurt, c’est toujours la démocratie que l’on assassine.

Parce que de telles pressions exercées sur la rédaction de RCI sont inacceptables.

Nous, membres de la société civile soussignés, nous déclarons solennellement solidaires de tous les salariés de RCI, dans leur combat pour que cessent ces chantages odieux de quelques lobbys privés. En outre, nous interpelons les pouvoirs publics et les élus locaux, afin qu’au plus vite une solution rapide soit trouvée pour la pérennisation de la radio, ainsi que la garantie de son indépendance.

Démocrates de Guadeloupe et d’ailleurs, unissons-nous pour que vive RCI !

Les Premiers signataires :
Danièle Carnino, David Dahomay, Jacky Dahomay, Delile Diman, Serge-Michel Fouche, Fred Hermantin, Frédéric Regent, William Rolle".


(II) D'autre part, et sans référence, pour l'instant, au cas de T.Fundere, le personnel de RCI s'est mis en grève pour des raisons exposées dans la plate-forme de rvendications ci-dessous : 






Monsieur le Président de RCI

Robert Augier

22 rue Freycinet

PARIS 16e

Fax : 01 53 57 45 01



Monsieur le Président,



Nous vous prions de trouver ci-joint la plate-forme de revendications ainsi que le préavis de grève de l’ensemble des personnels RCI/RCI News/NRJ Guadeloupe et La Boutique.


Vous souhaitant bonne réception,



P/O le personnel

PLATE-FORME DE REVENDICATIONS

Abymes, le 19 mars 2009




Revendications prioritaires et immédiates


Les personnels de RCI/RCI NEWS/NRJ Guadeloupe et la boutique exigent :

  • L’application de l’accord salarial Jacques Bino

  • Mise en place d’une prime de sondage à NRJ Guadeloupe

  • Nivellement de la prime de sondage pour l’ensemble du personnel, cadres compris (500 euros nets deux fois dans l’année)

  • Redistribution des bénéfices de l’entreprise à l’ensemble du personnel

  • Prime de risque pour l’ensemble du personnel

  • Extension des chèques-déjeuners aux pigistes

  • La régularisation des contrats précaires

  • Mise en place de formation professionnelle du personnel

  • Favoriser la promotion interne et les mouvements de poste au sein même de l’entreprise

  • Mise en place d’un comité de suivi sur les contrats de partenariat passés en échange marchandise. Transparence et application sans discrimination

  • Une totale transparence sur la comptabilité et le budget annuel de chaque service

  • Recours systématique aux pigistes et intermittents en cas de sous- effectif

  • Les personnels de RCI/RCI NEWS/NRJ Guadeloupe et La Boutique dénoncent les mauvaises conditions de travail (insalubrité, installation électrique obsolète, exiguïté des locaux) et exigent un déménagement rapide

  • Création d’un poste de DRH avec consultation interne

  • La gestion administrative et financière du personnel de RCI Gpe sur place

  • L’élection des délégués du personnel avant la fin du mois d’avril 2009, suivie de la mise en place immédiate du CHSCT (Comité Hygiène Sécurité et Conditions de Travail)

  • Achat et renouvellement du matériel

  • Création d’un site internet et d’une cellule événementielle, avec création de postes spécifiques pour ces deux activités, en promotion interne

  • Définition d’une ligne éditoriale claire pour l’ensemble de l’antenne RCI Guadeloupe. Une meilleure couverture des manifestations culturelles et sportives en week-end et en semaine

  • L’officialisation du départ de Vincent CHRETIEN de RCI Guadeloupe

  • Le départ du Directeur des Rédactions Gérard BEAUFILS

  • Le départ du Directeur Général Franck FERANDIER-SICARD


 


Réunis en assemblée générale, les personnels de RCI/RCINEWS/NRJ Guadeloupe et La Boutique ont voté cette plate-forme de revendications à une large majorité, et demandent l’ouverture des négociations.


Les personnels ont décidé d’arrêter le travail dimanche 22 mars à minuit pour une durée indéterminée.


Ce présent document tient lieu de préavis de grève.




P/O les personnels

RCI/RCINEWS/NRJ Guadeloupe/La Boutique



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dupont 24/03/2009 03:00

Lénine disait que les capitalistes étaient tellement aveugles qu'ils vendraient la corde avec laquelle ils seraient pendus. C'était il y a un siècle. Une explication aux malheurs de RCI serait peut-être que, depuis (avec Lénine lui-même et tous les autres "représentant du peuple" autoproclamés "qui ont laissé derrière eux les CATASTROPHES QUE L'ON SAIT), lesdits "capitalistes" seraient devenus un peu plus malins?. Je n'en fais pas partie (des capitalistes), mais ne puis décidément pas leur en vouloir de ne pas avoir envie de financer ceux qui se proclament HAUT et FORT leurs ennemis de classe. Celà prouve simplement que, contrairement à ce que suggérait Lénine, ce SONT DES ETRES HUMAINS.