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Publié par Edouard Boulogne

Les petits secrets de madame Irma.


(Faut-il prendre au sérieux les propos de madame Irma? Les histoires de voyants et voyantes, c'est plutôt le genre de Canal X que du Scrutateur. Pourtant dans la période confuse où nous sommes plongée, rien  ne doit être négligé pour tenter d'y voir plus clair. D'où ce petit article sur les "divagations" de madame Irma). 


Il y a quelques jours, Madame Irma avait averti le Scrutateur que la levée du siège de la Guadeloupe par le LKP aurait officiellement lieu avant le 6 mars. Officiellement, car la signature des "accords Jacques Bino" par papa Dom lui-même, malgré l'enthousiasme du Préfet, et malgré les illusions entretenues par la désinformation, le LKP maintient encore la pression comme chacun peut le vivre au quotidien. Madame Irma a également prévu la date à laquelle le Collectif du 5 mai, dira qu'elle allume le calumet de la paix à la Martinique : le 19 mars.

Le 4 mars, donc, vers 18 heures, Madame Irma prévint le Scrutateur de l'imminence de la signature des "accords" Jacques Bino, Ceux-ci devant être avalisés par Papa Dom, de telle sorte que le 19 heures 30 de RFO télé soit pleinement associé à l'événement.

Puis, un peu plus tard, Madame Irma, décidément en verve, confia au Scrutateur les petits secrets de sa prédiction. À savoir la certitude pour les agents territoriaux, fonctionnaires et assimilés - non grévistes, évidemment - d'être payés pendant 45 jours d'affilée en cas de conflit de longue durée, malgré l'interruption du service public (mairies fermées, par exemple). En effet, il n'est un secret pour personne que, sans fonctionnaires, le LPK (M.M. Domota, Bino, Lollia en sont des illustrations visibles, pour ne citer qu'eux) n'aurait jamais disposé des moyens et des troupes dont il a pu faire usage pour anéantir les économies guadeloupéennes et martiniquaises en quelques semaines (tout en essayant de faire croire le contraire aux "peuple" de ces deux îles).

Grévistes ? Non grévistes ? c'est là qu'intervient la ruse, non pas celle de Madame Irma, mais celle des manipulateurs de l'opinion et de la rue.

Il suffit en effet de rendre inaccessible les locaux d'une administration pour que l'interruption de service pour longue durée soit une réalité. Pas besoin pour cela que le personnel de l'administration en question soit gréviste. Ce qui compte, c'est que leur service ne puisse pas fonctionner, et que l'interruption du service ne puisse pas être administrativement associée à une suspension due à leur propre fait de grève.

À défaut de lire l'avenir, Madame Irma reçoit beaucoup en consultation : une des ses clientes lui a soufflé qu'il pourrait bien y avoir de vrais-faux grévistes, ou de faux-vrais grévistes : à savoir des gens qui ont déposé un préavis de grève pour une seule journée (et auxquels on a retenu 1/30° de leur traitement pour cette seule journée de grève). Et puis, comme depuis cette journée du 20 janvier, leur administration a été fermée par le LPK, il y a interruption du service public pour cause de conflit de longue durée. Il n'est alors pas à exclure que, pendant tout le temps de blocage de l'île, qu'il y ait eu un peu ou beaucoup de non-grévistes au regard de l'administration, qui, pendant les heures où leur administration était inaccessible, ont effectivement agité la rue, comme "grévistes" sans en avoir la qualité officielle et tout en prétendant auprès de leur administration avoir seulement été empêchés de travailler du fait de ce conflit de longue durée. Comment faire la différence entre le vrai gréviste d'un seul jour, et celui qui, par-dessus sa grève d'un seul jour s'est arrangé pour être en grève pendant les 43 jours suivants sans l'être - officiellement - au delà du seul premier jour de "grève".

Pour couper court à toute polémique, il faudra que l'État fasse preuve de transparence en portant à la connaissance des administrés le nombre de jours effectifs de grève qui ont été pris en compte par les administrations entre le 20 janvier et le 5 mars 2009, et pour combien de personne ces jours de grève ont été enregistrés. Cela ne relève pas du secret-défense, tout de même ? Et si les entreprises en faisaient autant, l'histoire saurait (autrement que par des affirmations péremptoires) si le mouvement a été suivi par 20.000, 25.000 voire 50.000 grévistes comme "on" nous l'assure.

Madame Irma prédit qu'on verra des gens se dédoubler : ils auront été à la fois assidus à vouloir assurer leur service  dont le LPK leur interdisait l'accès, et grévistes militants, ne cessant de répéter (à condition que personne ne les dénonce nommément) qu'ils ont porté la nouvelle Guadeloupe sur les fonds baptismaux. Paul Tikitak est de ceux-la, nous assure Madame Irma. Interrogé à ce sujet, il a répondu : A pa an moin, missié li jige. A pa an moin...



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