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Publié par Edouard Boulogne

Les exactions du LKP. 





( Ce texte nous a été envoyé par Alain Gaudart, un Guadeloupéen qui vit dans l'hexagone. Il a été expédié comme commentaire à l'article de D.Bourdelat : La stratégie du soupçon. J'ai préféré, vue sa dimension, le faire paraître en rubrique "article". EB). 


Cher Edouard,

Dans cette crise interminable que vit la Guadeloupe, je voudrais te dire combien j’apprécie tes efforts pour rétablir en permanence la vérité sur la situation que connaît notre île et ta lutte inlassable contre la désinformation entretenue de façon quasi généralisée par les médias, en Guadeloupe bien sûr, mais en métropole également. Sur les blogs des journaux informatiques, de nombreux commentaires pro-LKP, continuent à justifier l’action anti-démocratique conduite par le « héro », Elie Domota. Il y est généralement question des « exactions » commises par l’Etat français, par les békés, par les patrons, bref par les blancs, contre le pauvre peuple guadeloupéen. Et, bien sûr, du « mépris » dont ce même peuple fait l’objet, de la part des mêmes coupables, profiteurs insatiables d’un état colonial post-esclavagiste. Et, sur les plateaux de télévision, nombre « d’intellectuels » et d’hommes (ou femmes !) politiques, plutôt que de tenir un discours équilibré, s’évertuent à développer ces thèses, à soutenir le LKP et à approuver ses méthodes, que certains n’hésitent pas à qualifier de « responsables », et même de « pacifiques » ( !). Je trouve affligeantes toutes ces prises de position, qu’elles soient exprimées de façon résolument agressive ou, plus dangereusement, sous une forme qui se veut pédagogique. Heureusement, depuis quelque temps la voix de la raison commence à se faire entendre, grâce à des gens comme toi, comme Willy Angele ou Amédée Adélaïde, et quelques autres, qui résistent courageusement et avec détermination. Espérons qu’il n’est pas trop tard !
Certes, il y a des problèmes en Guadeloupe qui, au-delà des difficultés rencontrées par tous en ces temps de crise, ont leur spécificité. Certes, les gouvernements, de toute couleur politique, auraient pu depuis bien longtemps mettre en œuvre des politiques mieux adaptées à ces spécificités et orienter l’économie vers plus d’autonomie et d’authentique responsabilisation. Mais les guadeloupéens le voulaient-ils vraiment ? Vraisemblablement pas si on en juge par le résultat du dernier référendum. C’est si « confortable » la départementalisation, surtout lorsqu’on regarde autour de soi dans la Caraïbe ! Mais alors, ne parlons pas du « mépris » dont pourrait faire l’objet la Guadeloupe ou la Martinique de la part de l’hexagone ! Lorsqu’on regarde objectivement toutes les réalisations, par exemple en matière d’écoles, de lycées, de port, d’aéroport, de routes, on n’a vraiment pas l’impression que nos îles sont laissées pour compte. Et dans le domaine de l’électricité, que je crois bien connaître, rappelons nous que s’il n’avait pas été décidé en 1976 d’aligner les tarifs sur ceux de la métropole, le prix du kWh serait le double de ce qu’il est compte tenu des coûts spécifiques de production et de distribution dans les îles. Et si ce n’était pas EDF, comment et au bout de combien de temps aurait-on reconstruit les réseaux détruits à 80% par le cyclone Hugo ?
Et quand il est question « d’exactions », c’est bien du côté du LKP qu’il faut regarder. Quelle désolation de voir comment cette organisation, par ses méthodes anti-démocratiques et son « jusqu’auboutisme » est en train de détruire l’économie de la Guadeloupe. Et comment, c’est au moins aussi grave, le LKP a fait renaître le pire des racismes dans une île où les communautés de toutes les couleurs s'entendaient plutôt bien. Dans les responsabilités qui ont été les miennes à EDF, je me souviens que l’on pouvait discuter avec les syndicats. Ce n’était pas facile, mais on finissait par trouver des compromis. On voit bien qu’avec le LKP les choses sont différentes et qu’il n’est pas question pour ses leaders de faire le moindre pas en direction des autres parties prenantes des négociations (c’est 200 euros et pas 199 !) mais au contraire « d’exiger » en montrant sa force par les méthodes que l’on sait. Même s’il se cache derrière la revendication sociale, qui ne peut que séduire les foules d’autant plus qu’elle est légitime pour les plus défavorisés, l’objectif de pouvoir me paraît évident et en parfaite cohérence avec la profession de foi de l’UGTG. C’est terrible que les guadeloupéens ne se soient pas rendus compte plus tôt qu’ils ont été manipulés car ils obtiendront peut-être leurs fameux 200 euros mais dans un environnement économique tellement affaibli qu’ils ne pourront guère en profiter et, qu’au contraire, beaucoup d’entre eux n’auront rien du tout car ils se retrouveront, hélas, au chômage…
Toi qui a fréquenté le lycée Carnot en même temps que moi, tu sais que je me sens guadeloupéen, depuis mon plus jeune âge. J’aime la Guadeloupe et les guadeloupéens et je crois modestement l’avoir prouvé lorsque j’ai eu l’honneur de diriger EDF-Guadeloupe. C’est pourquoi je suis si triste de voir le mal que des extrémistes, de façon délibérée et murement réfléchie, sont en train de lui faire…
Avec toute mon amitié,

Alain Gaudart


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IMPARTIALITE 11/03/2009 21:50

Gaudart reste la bouche close c'est le plus grand service que tu pourras rendre à la Guadeloupe

ghislaine Mascle 06/03/2009 02:15

Je suis, avec un vif intérêt, les analyses très pertinentes qui sont développées ici. Enfin, un souffle de vérité qui pose les mots JUSTES sur ce que nous subissons au quotidien depuis 45 jours et même 46, (puisque ce jour, Montauban, Gosier, a été encore bloqué, même si cela n'a pas été relayé par nos media), malgré la signature de l'"accord historique".Subir ou réagir? Là est la question.
La nature ayant horreur du vide, celui-ci se comble aussitôt. A nous de veiller à la nature de ce qui s'y installe. RE-prenons notre place, celle de la démocratie, réinvestissons l'espace du droit et exhortons l'Etat à être dans SA FONCTION: celle que tout citoyen est en droit d'attendre.Merci à vous d'offrir cet espace d'échanges qui nous permet de nous recentrer après ces constantes désinformations.Merci à tous ceux qui comme Willy Angèle luttent...Et à toi, Alain, un petit coucou d'une copine de la classe de Philo,  de Baimbridge que tu as accompagnée depuis ton bateau alors qu'elle quittait douloureusement et pour longtemps, à bord de l'Antilles, une île aimée.