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Publié par Edouard Boulogne

Pause pour un violoniste!


Dans la forêt obscure où nous sommes égarés, au milieu des cris, des insultes que nous échangeons, de l'enchevêtrement des passions, du froissement des haines et des intérêts, des égoïsmes efervescents en lutte, faisons une pause, un moment.
Lisons cette étrange histoire, récente et vraie, d'un violoniste à New York. Imaginons, comme dirait Baudelaire, la longue plainte du "violon qui frémit comme un coeur qu'on afflige". Et faisons silence. Juste une minute! EB. 

  ( Joshua Bell, né en 1977, l'un des très grands violonistes actuels ).


Le musicien de rue était debout dans l'entrée de la station « Enfant Plaza » du métro de Washington DC. Il a commencé à jouer du violon. C'était un matin froid, en janvier dernier.
 
Il a joué durant quarante-cinq minutes. Pour commencer, la chaconne de la 2ème partita de Bach, puis l'Ave Maria de Schubert, du Manuel Ponce, du Massenet et à nouveau, du Bach.
 
A cette heure de pointe, vers 8h du matin, quelque mille  personnes ont traversé ce couloir, pour la plupart en route vers leur travail.
 
Après trois minutes, un homme d'âge mûr a remarqué qu'un musicien jouait. Il a ralenti son pas, s'est arrêté quelques secondes puis a démarré  en accélérant.
 
Une minute plus tard, le violoniste a reçu son premier dollar : en continuant droit devant, une femme lui a jeté l'argent dans  son petit pot.
 
Peu après, un quidam s'est appuyé sur le mur d'en face pour l'écouter mais il a regardé sa montre et a recommencé à marcher. Il était clairement en retard.
 
Celui qui a marqué le plus d'attention fut un petit garçon qui devait avoir trois ans. Sa mère l'a tiré, pressé mais l'enfant s'est arrêté pour regarder le violoniste. Finalement sa mère l'a secoué et agrippé brutalement afin que l'enfant reprenne le pas. Toutefois, en marchant,  il a gardé sa tête tournée vers le musicien.
 
Cette scène s'est répétée plusieurs fois avec d'autres enfants. Et les parents, sans exception, les ont forcés à bouger.
 
Durant les trois quarts d'heure de jeu du musicien, seules sept personnes se sont vraiment arrêtées pour l'écouter un temps. Une vingtaine environ lui a donné de l'argent tout en continuant leur marche. Il a récolté 32 dollars.
 
Personne ne l'a remarqué quand il a eu fini de jouer. Personne n'a applaudi.
Sur plus de mille passants, seule une personne l'a reconnu.
 
Ce violoniste était Joshua Bell, actuellement un des meilleurs musiciens de la planète. Il a joué dans ce hall les partitions les plus difficiles jamais écrites, avec un Stradivarius de 1713 valant 3,5 millions de dollars.
 
Deux jours avant de jouer dans le métro, sa prestation future au théâtre de Boston était « sold out » avec des prix avoisinant les 100 dollars la place.
 
C'est une histoire vraie. L'expérience a été organisée par le « Washington Post » dans le cadre d'une  enquête sur la perception, les goûts et les priorités d'action des gens.
 
Les questions étaient : dans un environnement commun, à une heure  inappropriée, pouvons-nous percevoir la beauté ? Nous arrêtons-nous pour l'apprécier ? Reconnaissons-nous le talent dans un contexte inattendu ?
 
Une des possibles conclusions de cette expérience pourrait être : si nous n'avons pas le temps pour nous arrêter et écouter un des meilleurs  musiciens au monde, jouant pour nous gratuitement quelques-unes des plus belles partitions jamais composées, avec un violon Stradivarius valant 3,5 millions de dollars, à côté de combien d'autres choses passons-nous ?
 

 

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toto de bahia 25/02/2009 00:29

"il importe pour celui qui passe que tu sois tombe ou trésor"l'auteur de cette phrase  m'est inconnu ;cependant, une fois qu'on a dit ou écrit une phrase ,elle ne vous appartient plus mais a tous.

Jean-Claude HALLEY 24/02/2009 21:15

Je retiens aussi l'attitude de ce petit garçon qui devait avoir trois ans. Lui a ressenti l'émotion qui émanait du joueur de bonheur. Ainsi nos enfants nous observent et bien plus tard nous disent la vérité sur notre manque d'attention aux richesses de ce monde.Jean-Claude Toutefois, en marchant,  il a gardé sa tête tournée vers le musicien... Et aujourd'hui encore il doit se souvenir de ce moment.