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Publié par Edouard Boulogne

La tragédie de la Guadeloupe. 

( Parmi les articles, trop peu nombreux à être honnêtes, publiés dans la presse métropolitaine, j'ai relevé celui-ci, paru dans le Figaro Magazine sous la signature d'Alexis Brézet.. Cet article recoupe en de nombreux points les analyses menées sur le Scrutateur depuis un mois. E.Boulogne).





Ces scènes d'émeutes, cette loi de la terreur imposée à la population par des bandes organisées, ces blocages et ces saccages auxquels les forces de l'ordre n'ont que trop tardé à répliquer, tout cela ne pouvait que mal finir. C'est fait. Mercredi, un homme est mort. Un Guadeloupéen a été tué par d'autres Guadeloupéens. Cette tragédie ramènera-t-elle à la raison les extrémistes qui ont mis l'île à feu et à sang ? Quelques heures après le choc, on ne pouvait que l'espérer.

Car, n'en déplaise à Mme Aubry, il ne faudrait pas, face au drame, inverser l'ordre des responsabilités. Celles de l'Etat et du président de la République sont à l'évidence engagées. Dans cette affaire, le gouvernement et son représentant Yves Jégo ont fait preuve d'un attentisme et d'une maladresse que l'on a peine à expliquer : tout lâcher d'abord pour tout reprendre ensuite, c'était courir le risque d'exaspérer... et finalement de tout céder. Mais les fauteurs de violence, il ne faut pas s'y tromper, ce sont bien Elie Domota et les militants du LKP qui, depuis des semaines, manient l'invective et l'intimidation, distillent les fausses nouvelles, attisent la colère des déshérités. Ceux-là, qui ont armé le bras des jeunes des quartiers « sensibles », sont les vrais responsables de la mort de Jacques Bino : le fait que la victime soit elle-même membre du LKP souligne la logique proprement suicidaire d'un mouvement dont la violence se retourne contre ceux dont il est censé défendre les intérêts.

C'est vrai, il y a en Guadeloupe, et dans tout l'Outre-Mer, des écarts de richesse que l'Histoire éclaire sans toujours les justifier. C'est vrai, il existe des rentes de situation et des privilèges (monopoles, quasi-monopoles) qui nourrissent une hausse des prix que l'insularité ne suffit pas à expliquer. C'est vrai, la vie y est souvent - en métropole aussi - dure aux plus faibles, et la crise n'arrange rien. Mais parce que tout n'est pas parfait, loin s'en faut, au pays de l'outre-mer, faut-il pour autant répandre complaisamment les pires contrevérités ? Faut-il relayer ces violences verbales contre des békés qui ont sans doute des défauts mais sans qui la Guadeloupe serait une autre Haïti ? Faut-il tolérer, surtout, ces invectives contre la métropole, accusée pêle-mêle d'égoïsme, de racisme, d'esclavagisme et, dans la bouche d'Elie Domota, émule du doux Che Guevara, de vouloir «casser du nègre» et «tuer les Guadeloupéens»?

Car, même s'il n'est pas de bon ton de les évoquer, les chiffres sont éloquents (lire page 26). Cette année, la métropole accusée de tous les maux dépensera au total 16 milliards d'euros outre-mer, soit l'équivalent du budget national de la Sécurité - police et gendarmerie. Si l'on ne s'intéresse qu'aux dépenses (budgétaires ou fiscales) spécifiques en faveur des DOM et des TOM, l'effort dépasse les 12 milliards, autant que le budget du Travail et de l'Emploi. Ce n'est pas tout à fait rien...

Sait-on, par exemple, qu'outre-mer tous les fonctionnaires (et Dieu sait qu'ils sont nombreux : presque deux fois plus qu'en métropole) touchent un sursalaire d'environ 40 % ? Que l'impôt sur le revenu est réduit de 30 % ? Que le taux de TVA normal est de 8,5 % ? Certes, ces mesures et bien d'autres encore ne profitent pas également à tous les habitants, mais la Guadeloupe leur doit tout de même d'être, dans la Caraïbe, un îlot de prospérité. Naturelle application, dira-t-on, du principe de solidarité nationale ? Du moins les bénéficiaires de cette assistance massive pourraient-ils ne pas la porter au débit de ceux qui en acquittent le prix.

Au fond, que veulent Elie Domota et ses amis du LKP? L'indépendance, bien sûr. Mais ce mot, ils font des prodiges pour ne pas le prononcer, persuadés qu'ils sont (et à juste titre) que la majorité des Guadeloupéens ne veulent pas en entendre parler. Alors, pour briser le vieil attachement, ils s'efforcent de rouvrir les plaies, plus anciennes encore, de l'esclavage et de la colonisation. La vérité oblige à dire qu'ils rencontreraient moins d'écho si la France, de Journée de la repentance en musée de l'Esclavage, de discrimination positive en tentation des quotas, n'avait mis le doigt, depuis vingt-cinq ans, dans l'engrenage d'un communautarisme qui dissocie les minorités sous prétexte de les intégrer, et qui, au motif d'atteindre à l'universel, ne cesse d'exalter le particulier.

Semer la haine - de race et de classe - pour dissoudre le lien national et précipiter la révolution : du moins Elie Domota et son ami Olivier Besancenot sont-ils cohérents avec eux-mêmes. Mais que dire de tous ceux - ils sont nombreux - qui soufflent sur les braises pour des raisons de politique politicienne ? Ceux-là proclament - et il n'y a pas de raison de ne pas les croire - leur attachement au maintien de l'Outre-Mer dans la République. Ils devraient cependant prendre garde. Devant trop de violence, d'ingratitude et de démagogie, le risque est grand que monte chez les Français de métropole la tentation de tout bazarder.

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fier d'être guadeoupéen 07/03/2009 10:05

une question : c'est vous qui êtes sur la photo ? Si c'est le cas les propos que je viens de lire ne m'étonnent pas. Autant de suffisance et de prétention me donnent la nausée. Argumenter ? Cela ne sert à rien tellement vous semblez tout savoir. En tout cas vous avez au moins le mérite de résumer clairement je le reconnais l'état d'esprit de beaucoup de français de droite (voire d'extrême-droite) c'est-à-dire ceux qui n'ont rien compris et qui veulent faire croire qu'ils ont compris quelque chose. C'est nul.

Edouard Boulogne 07/03/2009 13:07


ça va mieux?!


Frantz 02/03/2009 19:15

La référence négative faite à haiti, " les békés... sans qui la guadeloupe serait une autre haiti, me parait déplacée.Est ce au nom de la liberté d'expression, un journaliste peut se permettre de remuer le doigt dans la plaie d'un contentieux historique vidé il y a deux cents ans.Que les puissances coloniales se soient liguées pour étouffer l'exemple d'haiti dans les colonies d'amérique, je leur concède le droit de défense de leurs intérêts,à un moment de leur histoire où les différends en relations internationales se réglaient à coups de canons ,mais le prix de l'affront à la France,s'il en était ,a déjà été largement payé en espèces (180millions de francs sous charles X) et en nature notamment avec la clause de la nation la plus favorisée,qui pérennisait longtemps après l'indépendance du pays(1915) ,l'inégalité des termes de l'échange avec l'ancienne métropole.Je me garde de justifier, même en partie la responsabilité de la France dans le sous développement d'haiti,mes analyses ne m'ayant pas convaincu de la justesse d'un tel argument en dépit des exemples que j'ai cités précédemment,mais les allusions blessantes de M.Brézet, ressemblant davantage à de tardifs reproches qu'à des arguments dans le cadre d'un problème franco français, sont particulièrement irritants pour un peuple libre qui a légitimement préféré l'indépendance à l'esclavage, aux dépens des troupes de Napoléon. Le compte a donc été réglé il y a longtemps,autant laisser la petite ile d'haiti certes pauvre, mais digne et possédant son drapeau accroché devant le local des Nations Unies,à Washington, , à l'instar de tous les autres pays membres,vivre dignement sa pauvreté.Heureusement que la malhonnête alllusion de M brézet n'engage en rien, l'état français qui pose un regard plutôt responsable sur Haiti, notamment à travers l'Union européenne.

boulon 26/02/2009 23:02

J'ai lu quelques uns de vos articles. Votre analyse de la situation se fait décidément à travers le prisme du patronat, de la droite et c'est votre droit le plus absolu de ressentir en fonction de votre vie, votre passé et vos opinions cette sensibilité. Je sais que vous portez Willy Angèle dans votre coeur mais que vous haïssez domota. De quel droit en effet, l'enfant d'esclave revendique-t-il ce que le blanc ne veut lui octroyer ? De quel droit outrepasse-t-il la voie hiérarchique du maître pour s'adresser aux instances nationales ? En effet, les temps changent mais pas vos convictions qui s'accrochent désespéremment à un temps révolu. Vous faites ici allusion aux analyses douteuses et provocantes d'un drôle de journaliste aujourd'hui à la tête de la rédaction du figaro. Je ne m'en étonne pas. Il est triste pourtant que vos sens olfactifs ne détectent plus la puanteur des idées qu'il publie (j'en veux pour preuve les grands titres d'aujourd'hui le 26 févier 09 ). Vous n'êtes pas du côté du peuple non, car vous êtes condescendant voire raciste. Je me réjouis cependant de vous savoir en voie de disparition. Il est temps qu'un peu plus d'équité règne dans ce pays, et que vos enfants participent en toute égalité avec tous les autres enfants de la Guadeloupe.

Edouard Boulogne 26/02/2009 23:15


Je ne hais nullement Elie Domota. J'analyse son comportement et ses "idées", fort inquiétantes pour l'avenir de la Guadeloupe tout entière.

Regardez Domota, il est autant enfant de blanc que de noir. Arrêtez votre délire.

Le journaliste du Figaro? Je comprens que vous le vouiez aux gémonies. Dans votre logique totalitaire, il n'y a pas de place pour ceux qui ne vous applaudissent pas! Vive la liberté
d'expression§

En voie disparition, les gens qui pensent comme moi? Ne prenez pas vos désirs pour des réalités!

Allez vous reposer, vous en avez besoin. Cool!!
E.Boulogne


Brigitte 24/02/2009 00:12

Beaucoup de clairvoyance ! Enfin un  journaliste qui fait bien son travail et qui analyse les choses avec profondeur et réalisme.Cet article sera t-il suivi d'effet sur les consciences ???

Rose 23/02/2009 13:52

M. le scrutateur vous êtes totalement STUPIDE !Je ne suis absolument pas étonnée que vous soyez en admiration devant A. BEZET qui n'a de cesse de calomnier le LKP comme si nous étions dans un polard. Et quant à vous qui avez laissé le message précedant, continuez à nous narguer, la justice existe pour tous, et un jour vous verrez ce que c'est que d'être dénigré et exploité.  La Guadeloupe est à nous: blanc noirs chinois indiens libannais...tous les gens justes qui veulent d'une meilleure guadeloupe, et non pas à eux: tous ces exploitants peu importe leur couleur de peau...qui pensent comme vous ! IMBECILE !

Edouard Boulogne 23/02/2009 18:47


Evidemment, ça sent un peu l'égout. mais vous vous étes soulagée.
Vous allez Mieux?
Tant mieux! A votre service.


vega 22/02/2009 12:24

Excellent cet article d'Alexis Brezet! Voir aussi celui de Véronique Grousset (lefigaro.fr du 21/2/2009: Guadeloupe: ces vérités qui dérangent). Pour ma part, j'aimerais bien m'adresser à tous ces guadeloupéens, dont j'ai pu apprécier le bon sens, mais qui se sont tout de même laissés manipuler par Domota. D'où ce petit texte, en créole (avec sa traduction, bien sûr):
Gwadlup sé tan nou, sé pa ta yo ! Mi on bel pawol ! Si Gwadlup sé ta zot, fo ou péyé tout sé fonctioné là, fo ou payé alokasions et rmi la, fô ou konstui lécole pou sé ti moun la et fé sé wout la toujou bel, fo ou fé lélektrisité la é vend li a pri lédéf, fo zot mangé ignam et pa pomdetè a yo, fo zot fé yaout évé lèt a vaches a zot, fo sé touriss la kontan lè yo ka vinn an payla, fo sé bank la ba zot krédi pou acheté sé béhem la… Pan ni pwolem ! ou on tou piti pwoblem : o la zot ké twouvé lagen là ?
La Guadeloupe est à nous, pas à eux ! Voilà une belle phrase ! Si la Guadeloupe est à vous, il faut que vous payiez tous les fonctionnaires, que vous payiez les allocations et le RMI, il faut que vous construisiez des écoles pour vos enfants et que vous entreteniez les routes, il faut que vous produisiez votre électricité et que vous la vendiez au prix de l’EDF, il faut que vous mangiez des ignames plutôt que les pommes de terre importées, il faut que vous fassiez vos yaourts avec le lait de vos vaches, il faut que les touristes soient contents quand ils viennent dans votre pays, il faut que les banques vous donnent un crédit pour acheter des BMW,… Il n’y a pas de problème ! Ou un tout petit : où trouverez-vous de l’argent pour tout ça ?