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Publié par Edouard Boulogne

 

L’Histoire existe et ne se refait pas…





L’histoire de la Guadeloupe existe. Nous avons à notre disposition des sources sérieuses, mises en lumière par Auguste LACOUR et le Père DUTERTRE. Nous pouvons y découvrir – certes parfois avec un serrement de cœur – le chemin fait depuis les années 1600…


Je comprends que l’esclavage soit encore en mémoire des enfants de ceux qui l’ont vécu pendant plus d’un siècle. Mais je pense que s’ils doivent s’en souvenir, ils doivent bannir la haine, car ceux qui s’en sont servis ne sont plus là depuis longtemps et le passé ne peut être modifié.


L’amour étant l’avers de la médaille, j’ai bon espoir, qu’un jour, acceptant, enfin, le passé, comme un fait historique, nous retournions, tous ensemble, vers la face amour, laissant la haine se consumer de sa propre violence.


J’ai peur cependant que, dans le contexte actuel que nous vivons, plein de rappels – souvent erronés – de notre histoire, il soit difficile de sortir d’un complexe qui, à termes, devient ridicule.


Tous les peuples de la Terre ont, un jour, vécu l’esclavage. En effet, dans le passé, on n’envisageait pas la mise en valeur de la terre autrement que par le travail servile. Mais aujourd’hui, il n’y a plus d’esclaves en Guadeloupe, alors qu’il en existe ailleurs…


Les blancs qui sont venus aux îles, l’ont été, pour la plupart, comme « engagés… »

« Ceux qui voulaient partir s’entendaient avec un propriétaire qui les engageaient, ou faisaient confiance à un capitaine de bateau qui, payant la traversée, les vendait à un engagiste à l’arrivée…Ils devaient travailler pendant trois ans pour obtenir leur pleine liberté et pouvaient alors demander une concession au gouvernement…Leur sort fut souvent pénible. Bon nombre, mal adaptés aux conditions de travail, moururent rapidement, d’autant plus que certains maîtres se montrèrent brutaux, faisant travailler leur main d’œuvre jusqu’à épuisement… » dit le Père Dutertre.

Les « engagés », devenus colons de la Compagnie, se sont chargés de :

  • la création des champs et des moyens de leur exploitation ( défrichage, routes, chemins, lisières etc…)

  • l’importance et la mise en place des outils d’exploitation, depuis la charrette à bœufs, les charrues, jusqu’aux machines de broyage mues par des animaux, puis par l’eau ou le vent (innombrables tours de moulins) ou, enfin, par la vapeur,

  • l’implantation de la canne à sucre

  • les procédés de fabrication du sucre et du rhum,

  • leur commercialisation et leur exportation.


Avant et après la canne à sucre, d’autres cultures ont été expérimentées avec plus ou moins de succès et avec des plantes, en grande partie importées : roucou, épices, vanille, poivre, cannelle, café, tabac qui, lui, va servir de monnaie d’échange pendant très longtemps ; tout cela à l’initiative des « blancs créoles » On a coutume de penser que la colonisation fut, pour les résidents, un havre de paix et de profit. Il n’en était rien et les colons de l’époque ne cessaient de faire entendre des plaintes contre les taxes exigées par les commis de la Compagnie. L’extravagante fortune « des créoles des Iles » est une légende qui ne résiste pas à l’examen des actes notariés des 18è et 19è siècles.


Au départ, les « engagés » n’arrivant pas seuls à mettre en valeur leur concession, se réunissaient chez l’un et l’autre pour une pratique qui ressemble fort à nos « coups de mains » actuels

Les « engagés », après leur trois années d’esclavage – appelons les choses par leur nom -, devenus libres et ayant obtenu une concession, étant donc dans l’impossibilité de la cultiver seuls et payer les taxes « introduisirent des esclaves nègres aux Antilles, mais ne se donnaient pas la peine, tout au moins au début, d’aller les chercher sur la côte de Guinée…Les premiers africains amenés aux colonies françaises furent conduit à Saint Christophe et provenaient d’un navire espagnol capturé par un nommé PITRE…rappelle Auguste LACOUR.


Mais, au fil de l’histoire, il se passe quelque chose d’étrange : « les esclaves noirs travaillaient à côté des « engagés » qui n’étaient guère mieux traités ni mieux nourris qu’eux…et, c’est dans ce milieu où se mélangeaient les vielles croyances de France et les traditions africaines, que naît le meilleur de la culture antillaise et vraisemblablement le créole…dit le Père Dutertre


Cà c’est l’histoire vraie de notre Guadeloupe et on est loin de tout ce qui est raconté aujourd’hui.


Les blancs créoles, s’ils n’ont pas découvert la Guadeloupe, l’ont pratiquement créée telle que nous la connaissons, avec l’aide des esclaves. La Guadeloupe est née de toutes nos entrailles.


Il ne nous appartient pas ici de juger nos contemporains ; par contre un travail reste à faire et un effort qu’il faut absolument faire si nous voulons cohabiter en paix. Cet effort doit partir de deux constats :

Premièrement, on ne peut pas, de toutes façons, se venger, car, aucun de nous, blanc ou noir ne peut être responsable des erreurs et des fautes du passé,

Deuxièmement, pour sortir de notre traumatisme, il faut l’assumer et pardonner ; c’est là notre seul recours.


Il s’agit d’abandonner l’horreur du passé et de s’ouvrir à l’avenir. Le pardon consenti crée une relation pacifiée qui diffuse son bénéfice sur celui qui pardonne et sur celui qui est pardonné.




Que vive la Guadeloupe !!!


Michel FFRENCH ( novembre 2008)



































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Lff 15/03/2014 22:31

Cher Michel,

Je connais mal l'histoire des Ffrench de Guadeloupe meme s'il s'agit de ma propre famille. Je me dois neanmoins de vous rappeler que, comme vous l'ecrivez si bien, le passé reste le passé et votre article ne traite volontairement QUE du passé. C'est dommage.
Sincèrement, je trouve presque maladroit sinon provocant qu'un ascendant de "coupables" pretende necessaire de faire ce qui n'est un travail que pour un ascendant de victime. Ces derniers se mettent à la place de leur ancetre avec les moyens qu'ils ont et ils ne se mettront jamais dans la peau d'un blanc qui ne semble pas respecter pas cette douleur. Vous ne reparerez pas une fracture sociale à coup de bons sentiments entre amis.

Il est des circonstances ou la verité n'a vraiment aucune importance. J'espere que vous avez encore la possibilité de fréquenter certains individus belliqueux sans que votre propre securite ne sois mise en cause.Ca serait bien.

Je vous embrasse.

Laure Ffrench

al-kamil 17/02/2009 04:05

aaa si tout le monde pouvais pensez comme vous , on serait vite devenue une société unie V_V , bonen continuation , j'aime bien vos écrits

paul 03/02/2009 20:53

merci de remettre les choses à leur place !Bien cordialement

toto de bahia 03/02/2009 16:06

RECTO VERSOLa gwadloup cé ta yoLa gwadloup cé pa tan nouLaissé yo fai çà yo vléAdan payi a yo Clémancia ! ban valise làvalise là cé tan moin valise là cé pa ta yoyo péké empéché moinpati é valise en moincqfd: valise c'est un mot valise, on peu y mettre ce qu'on veut  : doudou, liberté, cocotte ,quiqui etc etc !!

Jean-Claude HALLEY 03/02/2009 15:14

Merci Monsieur FFRENCH pour ce rappel. Vos paroles sont tellement vraies.Je crois que celà s'appelle l'Amour :L'Amour de la GuadeloupeL'amour des GuadeloupéensAmitiésJean-Claude HALLEY