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Publié par Edouard Boulogne

 Commentaire sur le message de monsieur Yves Jego.




Le communiqué de M. Yges Jégo, secrétaire d’État à l’Outre-mer, dont le Préfet de la Guadeloupe a donné lecture mercredi 28 janvier, a provoqué des réactions pour le moins explosives de la part des Liyannajeurs (en eaux troubles, hélas !) qui occupent le terrain et agitent les esprits les plus fragiles depuis une dizaine de jours.

 

Puisque Le Scrutateur a eu la bonne idée de publier ce communiqué, il nous a donné l’occasion d’en peser les termes et, par là même, d’apprécier sur pièce l’attitude des Liyannajeurs, attitude pour le moins outrancière et, hélas ! grotesque pourrait-on dire si elle n’était, par-dessus tout, dangereuse.

 

Les revendications d’un côté, le communiqué de l’autre, les termes du pesage sont là.

 

Par la lecture de ce communiqué, chacun peut s’apercevoir que l’État, par la voix de M. Jégo et par celle de M. Desforges a donné une chance de sortie honorable à ceux qui sont en train d’enfoncer la Guadeloupe (qu’ils prétendent aimer et représenter, l’un et l’autre étant discutable) dans les sables mouvants du désordre, de la pauvreté et pire encore, si l’on se réfère à leurs procédés dont la brutalité est la forme la plus visible – bien d’autres formes (les petites et grosses combines, par exemple) étant, elles, invisibles. L’État, en passant sous silence les mensonges, la mauvaise foi, le racisme, le macoutisme et le sabotage permanent de tout dialogue social à la Guadeloupe par ceux-là mêmes qui constituent l’armature des Liyannajeurs, a tendu une perche aux agitateurs pour sauver la face, et savourer de réelles avancées dont ils auraient pu s’attribuer la victoire au bénéfice du “peup gwadloupéyen”. Si le bien du “peup gwadloupéyen” entrait un tant soit peu dans leurs vues, du reste, ils auraient sauté sur l’occasion. Ils ne l’ont pas fait. Il faudrait être un peu naïf pour s’en étonner.

 

Compte tenu de l’amabilité et de la bonne éducation (soyons indulgents, chacun fait ce qu’il peut) de M. Élie Domota et de ses comparses, M. le Secrétaire d’État et ses conseillers ont fait preuve de finesse (après les provocations permanentes, Dieu sait s’il leur en a fallu pour ne pas perdre de vue que le bien commun était le seul objectif à considérer). Plus remarquable encore, l’État a montré son souci du bien de la Guadeloupe. Alors, pourquoi “les États généraux” ont-ils pris fin ? Autrement dit, pourquoi les Liyannajeurs ont-ils rejeté les propositions de M. Jégo (de réfléchir sérieusement et avec un état d’esprit studieux aux revendications qu’ils avaient eux-mêmes formulées) ? Les ont-ils seulement écoutées ? Et pourquoi sont-ils devenus si agressifs que M. Desforges, préfet de région de la Guadeloupe, n’a rien pu faire d’autre que de leur proposer de meilleures conditions de travail, certes moins théâtrales ?

 

S’il y a une part de la réponse qui relève de la psychologie, une autre, peut-être, de la psychiatrie, ce ne sont pas les seules pistes.

 

Les Liyannajeurs ne sont pas, comme certains pourraient avoir la tentation de le croire, des demeurés. Ils ont bien d’autres défauts, mais pas celui-là. C’est pourquoi, sachant parfaitement que rien ne peut se régler sur simple incantation ou par intimidation coutumière à M. Domota (qui, à la longue devient plutôt une mouche du coche), ils font seulement semblant. La technique est de simplifier et d’infantiliser les problèmes par la déformation de leur énoncé, afin d’installer toutes sortes de désordres sur des malentendus.

 

En s’assurant du monopole de la parole, on peut aller plus loin, et plus vite dans la désinformation. C’est ce que font les Liyannajeurs : ils couvrent la voix de l’État, lui substituant les vociférations de la rue ; ils abreuvent l’espace public de demandes redondantes et même farfelues, ne laissant pas à l’État le temps de la réponse et encore moins celui de l’analyse et de la réflexion ; ils se plaignent du silence des autorités, et font porter leur courroux sur la forme ou sur le ton lorsque les autorités se font entendre ; ils manifestent leur impatience pour faire monter la pression, et, une fois la pression montée, quand arrive le texte, tout est prétexte : c’est trop tard, c’est trop tôt, c’est trop ou pas assez, c’est tout ce qu’on voudra, y compris des considérations affectives : la France n’aime pas la Guadeloupe, les Guadeloupéens, les nègres... Les rugissements sont d’usage, en pareil cas. Ils sont censés exprimer la douleur du “peup gwadloupéyen” après des siècles d’oppression kolonyal.

 

Tout le temps que l’État n’avait pas fait connaître ses propositions, les Liyannajeurs jouaient sur du velours. Et, naturellement, aussitôt que le Préfet de région a lu le communiqué de M. Jégo, la partie s’est compliquée. Le monologue vociférant perdait de son adhérence :

 

Dès lors que l’État faisait une réponse sage dans un contexte qui ne l’était pas, il reprenait en quelque sorte la main. Ce ne pouvait être du goût des Liyannajeurs, puisque ces derniers, maîtres absolus de la Guadeloupe dans les circonstances présentes (ce qui est leur rêve) ne s’attendaient pas à devoir rendre la main aussi tôt.

 

Dès lors que l’État “kolonyal”, “répressif”, “raciste” et naturellement odieux se montrait publiquement plus soucieux de dialogue et du bien de la Guadeloupe que ceux qui veulent se poser en adversaires et même en concurrents de l’État honni (kolonyal francé) sur lequel ils passent leur temps à projeter leurs propres turpitudes, les Liyannjeurs perdaient une partie de leur crédibilité puisque celle-ci repose sur la haine qu’ils ne cessent d’attiser.

 

L’État, qui ne peut tout de même pas tout cautionner, en particulier l’arrogance et la grossièreté – précisons au-delà de la marge de mauvaise éducation admise chez ceux qui entendent justifier leurs outrances par 400 ans d’aliénation (1635 – 2009, faites le calcul) et donc dans le cadre du package “repentance-réparation” –, a en quelque sorte sonné la fin de la récréation par la voix de M. Jégo, et demandé de passer aux choses sérieuses. Et ce, d’une manière très constructive. En signifiant que le temps du défoulement était échu, et que celui des choses sérieuses était enfin venu, le Préfet a fait ce qu’il devait faire : après avoir montré une patience certaine, il a mis fin à la longue séance d’humiliation en “technicolor télévisé” dont les Liyannajeurs entendaient faire de lui la cible. Forcément, l’interruption de ce spectacle télévisé ne pouvait être du goût des Liyannajeurs en question, puisqu’ils étaient en même temps les producteurs, les metteurs en scène, les diffuseurs et les seuls critiques accrédités de cette palabrerie qui se voulait États généraux, Assemblée constituante, Assemblée nationale et Convention à la fois. 

 

Sonner la fin de la récréation, c’était mettre fin à cette interminable palabrerie de bas étage qui ne pouvait déboucher sur rien d’autre que sur le chaos, ce que savent parfaitement les Liyannajeurs. Ceux-ci sont certainement des brutes, mais en aucun cas des abrutis, et il ne faut pas perdre de vue que la ruse, chez eux, réside même dans la feinte d’une stupidité qui contraint (par cet artifice) le “dialogue” à s’adapter aux règles qu’ils ont décidé de fixer.

 

Le WTC était devenu pour quelques jours le WC – le World Center (rien d’autre que le centre du monde). Cette tribune donnait aux Liyannajeurs le moyen d’impressionner une opinion publique fragilisée et de montrer, en situation, à quel point ils tenaient les choses en main. L’extinction des projecteurs, forcément, devait provoquer l’hydre des Liyannajeurs qui avaient pu, jusque-là, cultiver une attitude pouvant, en étant complaisant, s’apparenter aux apparences d’une conversion de la brutalité macoute habituelle en théologie de la démocratie (certes grossière, mais nos macoutes savent, quand il le faut, convertir en romantisme absolutoire chacune de leurs exactions), du dialogue, voire de l’écoute (ils sont prêts à le jurer devant l’histoire).

 

Ils sont malins, nos Liyannajeurs. Dès lors que la récréation ne pouvait plus se poursuivre, il leur fallait crier haro sur l’État, fauteur de ce trouble… de jouissance. Désigner l’ennemi, c’était remettre de la bagasse dans la chaudière ; c’était reprendre la main ; c’était polluer toute tentative constructive de mettre fin aux désordres dont les Liyannjeurs sont des experts en organisation. Nos Liyannajeurs sont donc malins. Tellement malins, qu’ils savent que nos politiques ne le sont pas. Et, surtout, que ces derniers sont d’un opportunisme “à-plas-ventresque” (ils chercheraient à s’en cacher, du reste, qu’ils n’y arriveraient pas, c’est plus fort qu’eux) : les connaissant bien, les Liyannajeurs savaient parfaitement qu’aussitôt l’ennemi désigné, en l’occurrence l’État (ce pelé, ce galeux d’où venait tout leur mal), ce serait le trop plein en termes de ralliements. Et cela n’a pas manqué, nos politiques ont montré ce qu’ils étaient. Le menton haut, ils ont suivi. Ils en ont même rajouté, pour pouvoir relever encore davantage le menton. Ils ont ainsi collaboré avec d’autant plus d’ardeur qu’ils étaient devenus trop visibles à force d’être invisibles, là, au premier plan, tout près des Liyannajeurs, et filmés comme les autres par les caméras de RFO. Ils ont donc apporté leur pierre à l’édifice du désordre, désordre qu’ils auraient pourtant dû condamner (s’ils représentaient bien le peuple et surtout l’intérêt du peuple). Mais, soyons indulgents : tout le monde ne peut pas être honnête ou courageux. L’esprit est plus ardent que la chair, c’est bien connu, et tout le monde sait que nos politiques sont, très souvent, en représentation, dans des situations où ils ne représentent qu’eux-mêmes.

 

En outre, dès lors que M. Jégo remettait les pendules à l’heure, celui-ci, fidèle à son habitude, entendait préciser ses intentions : en premier, substituer le respect au sans-gêne, en deuxième le dialogue au monologue et, en troisième, le travail à la palabre. Il est évident que ce rappel tant au savoir-vivre qu’à l’efficacité ne pouvait être agréé par messieurs les Liyannajeurs, dignité du peup gwadloupéyen oblige (et susceptibilité bien connue explique), sans compter qu’ils se doutaient bien qu’ils seraient confortés par le soutien de nos politiques (de gauche, on l’avait noté), qui, comme des mouches, se sont formés en escadrilles enthousiastes, prétextant là exercer leur rôle d’opposants, à l’image de la gauche française qui puise ses vitamines dans les désordres de la rue qu’elle ne fait qu’alimenter. Le 28 janvier était, pour ceux qui l’auraient oublié, la veille du 29 et de ses grèves… nationales en France.

 

La Guadeloupe, dans tout cela ?

 

Tous les observateurs disposant d’un peu de jugeote, ont pu constater le 28 janvier que l’État (kolonyal, répressif, et raciste en premier) s’est beaucoup plus mobilisé pour faire avancer la Guadeloupe sur le chemin du progrès qu’un seul des Liyannajeurs (cela, on pouvait s’y attendre), mais aussi qu’un seul des élus, censés représenter la population de la Guadeloupe. Merci au Scrutateur de nous l’avoir rappelé. Puissent les Guadeloupéens s’en apercevoir dans un moment de lucidité, et s’en souvenir au cas où ce Brigandaj Kont Intélygenss qu’est le Liyennaj consacrerait d’une manière ou d’une autre la défaite de… l’intelligence.

 

Quand on pense que l’État avait, ce n’est pas toujours le cas, agi avec adresse, et fait en sorte que les Liynnajeurs (qui ne sont que des loups-nageurs) ne perdent pas la face…

 

Pauvre Guadeloupe ! après tout ça, pourvu que les loups-nageurs sachent se contenter des cabris et ne prennent pas définitivement goût aux moutons de Panurge.


Thomas Diafoirus. 

 

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