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Publié par Edouard Boulogne

Le-grand-retour-de-l-esclavage.jpg  ( Ces esclaves, en 2013, dont on ne parle pas ). 

 




Ce 27 mai 2013, la Guadeloupe commémorera l'anniversaire de l'abolition de l'esclavage sur son territoire en 1848.

 

Parmi les commémorateurs il y aura les gens sincères, le plus grand nombre, qu'animeront la piété envers des ancêtres depuis longtemps disparus, qui furent les victimes douloureuses des aléas de l'histoire à l'époque d'une autre mondialisation.

Il y aura aussi les politiciens récupérateurs, palabrant et parfois ( souvent ) vociférants. Les premiers se méfient des seconds. Ils savent que du fait de son appartenance à l'humanité, qui n'est pas foncièrement bonne, chacun de nous ( et l'auteur de ces lignes ne s'exclut pas du lot ) est porté quand il rencontre quelqu'un, spontanément, à se demander ( à des degrés de lucidité variables ) : «  à quoi pourra-t-il me servir? ».

Et dans servir (mot ambivalent ) il y a le mot originel ( en latin ) « servus »: l'esclave.

Qu'est-ce qui nous empêche de transformer notre voisin, notre employé, notre « ami » ( terme dont on abuse trop ! ) en « servus », en esclave?

C'est la loi. Mais la loi elle-même parfois cautionne ou réglemente l'esclavage ( le code noir ). Et il y a des société, de droit, ( l'Egypte ancienne, Rome, etc ) comme on aime à dire, qui ont légitimé l'esclavage ( et qui le légitiment encore! ).

Il s'agit, dans mon esprit d'un droit, qui s'enracine dans ce qui dans la chrétienté, est connu sous le nom de droit naturel. Le chrétien n'étant qu'un homme a bien tenté d'infléchir la loi naturelle, pour en faire l'outil de sa domination égoïste. Et s'il n'y a pas eu d'esclavagisme chrétien, il y a eu des chrétiens profiteurs d'esclaves.

Un tel projet n'a duré qu'un temps. De même qu'en Europe le servage fut aboli au nom de l'exigence chrétienne, par une sorte de nécessité naturelle à l'idéal évangélique, l'esclavage, pour les même raisons, fut aboli en Amérique, aux Antilles, et, dès les débuts de la colonisation en Afrique ou cette détestable institution était enracinée, et vivante, depuis la nuit des temps.

C'est à tout cela sans aucun doute, sans doute aucun, que l'on réfléchira demain le 27 mai.

Je crois que, les doloristes et les démagogues mis à part, on réfléchira à la nécessité, à propos de la loi Taubira instituant l'esclavage comme crime contre l'humanité, de passer de la rétrospective ( et pour certain d'une sorte de curieux ressassement proche, parfois, chez une minorité, d'une étrange nostalgie ) à la prospective. Je veux dire à cette pensée : «  le crime contre l'humanité  existe encore dans le monde, à grande échelle, et chose bizarre on n'en parle pas beaucoup dans les « grands » médias. Que pouvons-nous faire pour libérer nos frères, et les amener à partager le sort, enviable, qui est aujourd'hui le nôtre? »

A cette condition la journée du 27 mai, serait positive, utile, et recueillerait une totale unanimité.

 

Edouard Boulogne.

 





Pour réfléchir au combat utile dont nous parlions dans l'article ci-dessus, Le Scrutateur a constitué u petit dossier qui peut être évidemment considérablement complété. Bonne lecture.

 

( I ) Le grand retour de l'esclavage :

 

L’esclavage a été aboli dans quasiment tous les pays du monde. Il est pourtant loin d’avoir disparu. Le phénomène est-il aujourd’hui plus important qu’hier ?
En savoir plus sur http://www.atlantico.fr/decryptage/grand-retour-esclavage-sylvie-o-dy-591883.html#cTi8CFE8iesV4S2g.99 

 

En Inde, alors que la classe moyenne représente 30% des 1,2 milliard d’habitants, de plus en plus d’aides domestiques sont réduites à l’esclavage. Les abus sur les migrants issus d’Afrique, du Moyen-Orient et d’autres régions de l’Asie du Sud sont de plus en plus fréquents.

Tant qu’il n’y aura pas de régulation pour régir les agences de placement de travailleurs domestiques, trafiquants et employeurs pourront continuer à agir en toute impunité. Selon un article de l’agence de presse Reuters, les aides domestiques en Inde sont estimées à 90 millions de personnes.

Si aucun chiffre fiable n’est disponible quant au nombre de travailleurs victimes de trafic, le gouvernement estime que 126 321 enfants ont été sauvés de la servitude en 2011/2012, soit une augmentation de 27% par rapport à l’année précédente. Selon les activistes, si l’on inclue les femmes de plus de 18 ans, les chiffres pourraient atteindre des centaines de milliers.

_____________

 

Incontestablement. Dans son dernier rapport annuel, le département d’Etat américain évalue à 27 millions de nombre d’esclaves dans le monde. Pour l’Organisation internationale du travail, ce sont 21 millions de personnes qui seraient victimes du travail forcé. Et l’Union européenne considère que 5,5 millions d’enfants seraient concernés. Les économies développées compteraient au moins 1,5 millions d’esclaves.

L’esclavage constitue selon l’ONU le 3ème trafic mondial le plus lucratif. Il génèrerait ainsi entre 25 et 30 milliards d’euros de bénéfices par an dont il est extrêmement difficile de dire à qui, outre qu’il s’agit de réseaux mafieux, et quoi ils profitent concrètement.

Quelles formes l’esclavage prend-il aujourd’hui ?

On distingue :

  • l’esclavage à des fins sexuelles qui concerne des femmes et des enfants, enlevés ou/et trompés par des réseaux mafieux en vue de les prostituer. Il s’agit de la forme la plus visible.

  • le travail forcé qui concerne des personnes contraintes sous la menace d’effectuer des travaux difficiles dans des conditions dangereuses sans rétribution et étant soumises à des menaces et des violences. Les enfants réduits à la mendicité rentrent dans cette catégorie. Ainsi que l’esclavage domestique qui s’organise soit par le biais d’agences qui recrutent des domestiques aux Philippines, au Sri Lanka, en Inde ou en Afrique de l’Est  pour les pays du Proche et du Moyen Orient, soit directement, par exemple en Afrique de l’Ouest ou du Nord où de très jeunes filles, presque des enfants, sont mises en servitude. Un phénomène auquel les pays développés n’échappent pas. Ni aucune classe sociale. En France, par exemple, seuls 20% des cas de traite d’êtres humains sont le fait de personnels diplomatiques ou de richissimes nababs ;

  • l’esclavage pour dettes qui concerne les personnes qui s’endettent pour payer leur logement, des soins ou des médicaments pour leurs enfants, leur passeur etc. et qui, ne parvenant jamais à rembourser leur créancier, tombent en situation d’esclavage – situation dont leurs enfants héritent par la suite ;

  • l’esclavage traditionnel qui existe encore dans quelques pays comme la Mauritanie qui ne l’a aboli que partiellement qu’en 1981 ;

  • les enfants soldats ;

  • le trafic d’organes ;

  • les mariages serviles qui concernent les jeunes filles mariées  qui ne servent que de domestiques à la famille.

 

Comment expliquer cette recrudescence ?

Les candidats à une vie meilleure sont de plus en plus nombreux et de plus en plus vulnérables. Prêts à croire toutes les promesses et à tout pour trouver un travail qui les sortira de la misère, ils constituent des cibles faciles et abondantes pour le trafic d’êtres humains. D’autant que la prévention dans les pays d’origine est largement insuffisante. Difficile en effet de faire entendre à des personnes désespérées que leur sort pourrait être pire ailleurs.

Comment dans ces conditions lutter efficacement ?

Si le volet prévention est fondamental, il ne suffit pas. Il faut également assurer la protection des victimes et punir les responsables. Or le défaut de prise de conscience de l’ampleur du phénomène constitue un frein à la mise en place de politiques réellement efficaces. La France s’est dotée en 2007 d’une législation contre la traite des êtres humains qui prévoit notamment des dispositifs de protection des victimes mais elle n’est pas appliquée. Pourtant les cas ne manquent pas – on estime à plusieurs milliers le nombre de cas d’esclavage domestique sur le territoire. Le Comité contre l’esclavage moderne a aujourd’hui la charge de 123 personnes. Depuis 1999, nous avons accompagné plus de 160 procès devant toutes les juridictions. Mais les tribunaux ont tendance à considérer ces cas sous le prisme de l’emploi d’une personne en situation irrégulière et évitent de les faire entrer dans le cadre de la traite des êtres humains. Et quand ils le font, les peines sont très faibles – il y a deux ans, un couple reconnu coupable à Lyon n’a été condamné qu’à un an de prison avec sursis. Insuffisamment formés, policiers et les magistrats butent sur la difficulté pour les victimes d’apporter des preuves de faits qui se produisent bien souvent à huis clos. Et le droit français ne définit ni la servitude, ni le travail forcé. Ce qui pose problème et a valu à la France une condamnation de la Cour européenne des droits de l’Homme en octobre dernier.Peut-être la transposition en droit français de la directive européenne contre la traite des êtres humains et les formes d’esclavage fera évoluer les pratiques notamment en termes de protection des victimes. Force est néanmoins de constater, qu’à l’heure actuelle, nos actions sont souvent plus reconnues à l’étranger qu’elles ne le sont en France.


 




( II ) Davantage d'esclaves en 2013 qu'en 1960 : http://www.lespemien.fr/actualit%C3%A9/plus-d-esclaves-en-2013-qu-en-1860/

 

 

J’ai récemment lu un article de The New York Times sur l’esclavage à travers le monde. Cet article, basé sur les chiffres d’une association humanitaire est sidérant. SumAll Foundation, financée par une entreprise New-Yorkaise, a dévoilé quelques chiffres effrayants concernant l’esclavage et le trafic d’humains de nos jours. L’information mise en relief est le fait qu’il y a plus d’esclave aujourd’hui, en 2013, qu’il y en avait en 1860 : 27 millions en 2013, contre 25 millions… il y a 250 ans.

 

 

Plus d’esclaves aujourd’hui qu’en 1860 ? 

 

Les matheux diront « Plus d’esclaves aujourd’hui qu’avant – mais une population mondiale également importante – et donc le ratio d’esclavage est globalement plus petit aujourd’hui ». Cependant, l’époque a changé, et le ratio d’esclavage devrait, au XXIème siècle, être de 0%. De quoi bouleverser le mythe du progrès.

 

SumAll Foundation a réalisé un graphique accrocheur destiné à choquer, que vous trouverez ci-dessous. Ce graphique est le squelette de cet article, le document à consulter pour en savoir plus et vous forger votre propre opinion à partir de faits.

 

L'esclavage dans le monde (Cliquez sur l'image pour l'agrandir)

 

L'esclavage dans le monde (Cliquez sur l'image pour l'agrandir)

L’esclavage n’est pas nouveau mais il persiste alors qu’il est illégal à travers le monde. La servitude se créé particulièrement quand quelqu’un ne peut plus rembourser un prêt. Le coût moyen d’un esclave est de $140.Moins que le prix du Smartphone que vous avez entre vos mains.

 

 

L’esclavage dure en moyenne 6 ans, à l’issu duquel la personne s’échappe, termine de rembourser ses dettes… ou meurt. La plupart des esclaves se situent en Asie du Sud, mais il y en a également en Europe, et en France.

 

« Le choc le plus important pour nous était la valeur implicite de la vie humaine par rapport à des produits différents », a déclaré Dane Atkinson, directeur général de SumAll (l’entreprise qui a financé la fondation, avec 10% de son capital, $500000. « La vie humaine peut être moins cher que certains bouteilles de vin. »

 

« Un autre choc important pour nous était de voir le peu de données disponibles », a déclaré M. Atkinson. « Nous venons du monde de l'entreprise, où la fiabilité est à environ 2%. Il y a beaucoup de dons pour lutter contre l'esclavage, mais très peu d’efforts sont faits pour rendre ce coût clair aux gens. »

 

 

L’esclavage d’enfants existe également, mais vous le savez déjà. L’activité la plus courante est la pêche, au Cambodge, Ghana, Uganda, Indonésie, Pérou, et Philippines. A Madagascar certains enfants esclaves sont réduits à ramasser et collecter des pierres.

 

Pour information : La fondation a obtenu ces données à partir d'un certain nombre de sources, y compris les Nations Unies et les rapports de la Banque mondiale, mais aussi grâce à des sources criminelles (leurs rapports), ainsi que des organisations des droits de l'Homme, et descomptes de tiers.

 

Et toi, est-ce que ces chiffres te choque ?

Par Aurélien Prat, publié le 23/04/2013


 





Et maintenant quelques textes classiques du Scrutateur sur des héros de la première abolitio de l'esclavage en 1794.

 

 

( III ) Deux personnalités guadeloupéennes engagées contre l'esclavage : Delgrès et Ignace.

 

I :  Delgrès :

 

1) http://www.lescrutateur.com/article-19454062.html 

 

2) http://www.lescrutateur.com/article-19479876.html 

 

3) http://www.lescrutateur.com/article-19479973.html 

 

4) http://www.lescrutateur.com/article-19499200.html 

 

II) Ignace :

 

1) http://www.lescrutateur.com/article-31916185.html 

 

2) http://www.lescrutateur.com/article-31955339.html 

 





 

( IV ) Une mise au point de M. Louis Dessout sur le problème des réparation :

 

http://www.lescrutateur.com/article-une-mise-au-point-de-louis-dessout-sur-les-reparations-117798316.html

 

( V ) La paille et la poutre ( extrait d'un article récent du Scrutateur :

 

 Esclavage : Mise à plat du phénomène.

 

Dans cette deuxième partie, on trouvera la conclusion de la petite plaquette que j'ai publiée en 1998, à l'occasion de l'anniversaire du cent cinquantenaire de l'abolition de l'esclavage aux Antilles, sous le titre Esclavage, Eléments pour une mise à plat du phénomène. ( Cette plaquette avait été tirée à 5000 exemplaires. Il en reste une centaine de disponible, que je peux adresser, gratuitement à ceux qui en feront la demande, en m'écrivant, et en joignant à la demande un simple timbre poste au tarif d'une lettre ).

 

Esclavage-Mise-a-plat-du-phenomene-.jpg

 

Voici cette conclusion :

 

"Notre prochain, ce n'est pas notre voisin, c'est le voisin du voisin",ainsi pensent toutes les nations.

Nietzsche

 

Qui veut excuser les excès des uns au nom des excès des autres ? Certainement pas l'auteur de ces lignes, qui s'efforce conformément à une ligne constante, de parler vrai. Il s'agit pour les Antillais que nous sommes d'assumer ce qu'il y a de difficile à admettre pour des consciences éprises d'honneur, marquées par le christianisme. Une commémoration n'a de valeur que si elle permet une mise à plat complète d'un contentieux ancien dont il reste des plaies qui suppurent.

Osons le dire, s'il faut récuser ceux qui voudraient escamoter l'événement historique, il faut rejeter tout autant les profiteurs de malaise, les faux humanistes, et démagogues detout poil, sourciers infatigables de fétidités enfouies, et racleurs de grattelles oubliées. Ces faux humanistes pullulent, à la recherche des bonnes poires qui auront la naïveté de gober leurs propos enfarinés. Que l'on me permette de citer encore à ce sujet le professeur Gusdorf, qui les connaît très bien :"Aujourd'hui encore débarquent sur les bords de Seine ou de l'Hudson (et en Guadeloupe ou Martinique, ajouterons-nous), des Persans(14)de tout acabit en complet veston qui se livrent dans les organisations internationales à une critique radicale de la civilisation occidentale, dénonçant ses excès et ses abus, les injustices en tout genre dont elle accable le tiers monde au nom des droits de l'homme. Rentrés chez eux, les mêmes individus, ayant dépouillé leur déguisement à l'Européenne, revêtent le costume local et reprennent la mentalité et la rhétorique en vigueur dans leurs espaces mentaux respectifs, où la valeur de la vie n'est pas la même, et où l'on n'a jamais accordé beaucoup d'importance aux droits de l'homme, ni à ceux de la femme, même si les représentants diplomatiques de ces pays ont contresigné de belles déclarations universelles garantissant les droits en question dans un langage occidental, intraduisible dans les idiomes locaux."

Il y a un autre auteur que j'aimerais citer pour conclure. Je le cite d'autant plus volontiers que philosophiquement il se situe très loin de moi puisqu'il est marxiste. Cet auteur c'est l'écrivain (point.. .vaine, malgré son marxisme !) Jacqueline Lamartinière, dont j'aime à évoquer la brochure intitulée : "Le noirisme, essai sur la négritude et son utilisation dans le contexte haïtien".Haïtiest cette"première République noire" où l'esclavage n'a jamais disparu, même s'il n'en porte pas le nom, ce qui est peut-être pire.

Dans une perspective marxiste qui n'est pas la mienne, mais qui dans ce cas précis n'en saisit pas moins un aspect impor­tant de la réalité de ce malheureux pays, elle note que les Duvalier par exemple ont assis et perpétué leur pouvoir des­potique sur une idéologie noiriste : "Ne votez jamais pour qui est plus clair de peau que vous"

Madame Lamartinière écrit (page 11) : "Toutes ces fadaises noiristes n'ont qu'un but : démontrer aux masses, leur faire admettre que le blanc est l'ennemi, que le noir est l'ami, qu'elles doivent se laisser diriger de préférence par les noirs, portant ainsi un coup fatal aux revendications populaires et à la lutte des classes. Plusloin, l'auteur évoque le rejet radical de la civilisation occidentale européenne. Elle écrit (page 29) -."L'idée que la civilisation européenne est responsable du racisme colonial rejoint le rejet de l'assimilation culturelle de l'occident chré­tien, et se rapproche de l'exaltation du nègre, du vaudou, du créole, dont le but visé est bien clair : remplacer le fouet blanc par le fouet noir''!

Lecteur ami qui avez eu la patience de suivre jusqu'ici mon effort de vérité, croyez-vous que les Persans de Gusdorf, les macoutes haïtiens ont leurs correspondants, ici, en Guadeloupe, et en Martinique, en la personne de certains de nos distingués commémorateurs ?...Moi aussi !

 

Edouard Boulogne

 




 

( VI ) Pourquoi l'Afrique est (depuis longtemps) si mal partie, par TitianN'Diaye.

Titiane-N-Diaye.jpg

 

http://www.evene.fr/livres/actualite/interview-tidiane-n-diaye-afrique-genocide-voile-1328.php?p=2

(Nulle nation, nulle race, nul continent n'a, dans l'histoire, le monopole des horreurs, des crimes, des génocides. En France la révolution de 1789 a perpétré des massacres sans noms, dont le plus connu, depuis à peine 25 ans, grâce aux travaux de l'historien Ronald Secher, est celui de la Vendée : plus de 200 000 morts. En Europe, au XXè siècle le nazisme et le communisme ont exterminé dans des conditions affreuses plus de 120 millions de morts (100 millions Pour l'URSSet ses satellites. Le palmarès de la Chine communiste, ou du Camboge, ne le cède en  rien à ces grossistes du crime politique

L'Afrique n'est pas en reste, de façon continue, depuis 13 siècles. C'est un historien africain Titiane N'Diaye qui le révèle dans un livre récent : Le génocide voilé. Ce qui contribue à expliquer, peut-être, en partie, les difficultés de ce continent à tenir un rôle décent dans l'histoire contemporaine. Et ce qui contribuera peut-être (mais n'ayons pas trop d'illusions) à rabattre le caquet des lobbies afrocentristes, et des disciples du mirobolant professeur Cheik Anta Diop, obsédés par le "monstre" trop commode du fameux colonialisme, lequel eut au moins le mérite de tenter d'abolir l'esclavage en Afrique à partir du milieu du 19è siècle. L'article qui suit, et l'interview du professeur N'Diaye ont été publiés sur le site Les manants du roi. E.Boulogne).

( Le professeur N'Diaye ) .










Le génocide voilé : une enquête historique de Tidiane N’Diaye

Anthropologue, spécialiste des civilisations négro-africaines, le Sénégalais N'Diaye publie une étude sur la traite négrière arabo-musulmane, qui dure depuis 13 siècles et aurait touché des millions d'Africains. Cette traite aurait commencé en 652, lorsque le général Abdallah ben Saïd a imposé aux Soudanais du Darfour la livraison annuelle de centaines d'esclaves nubiens. Elle s'est poursuivie à travers le Sahara et l'Océan Indien, avec la complicité de potentats africains et arabes. En 1883-84, el Mahdi s'est distingué dans la chasse à l'homme.

 

 

Considérés comme des sous-hommes, proches du stade animal, par des historiens comme Ibn Khaldun, les Africains captifs ont contribué à l'économie des pays d'accueil, dans la culture du sucre, des palmiers, l'exploitation minière, et complété les effectifs des troupes ottomanes. Les Zendjs déportés en Mésopotamie se sont révoltés dans les années 690 et 870, ainsi que les tribus Nyassa en 1868. Le roi du Bornou (Nigeria) se plaint des enlèvements ordonnés par le sultan d'Egypte en 1391. Les Mourinides se sont prononcés contre l'esclavage et des femmes du Sénégal se sont sacrifiées en 1819. A l'inverse de la traite atlantique, qui a duré trois siècles et a généré en Amérique une diaspora de plus de 70 millions d'hommes, la traite orientale est génocidaire parce qu'elle n'a pas eu de descendance, la plupart des hommes ayant été castrés (un eunuque valait deux fois plus cher) et les enfants des concubines noires éliminés. 20 % seulement des enfants survivaient à la castration, pratiquée en Ethiopie ou en Tanzanie, souvent de façon totale.

Tout en condamnant l'exploitation coloniale, les tueries de Madagascar et du Cameroun et la connivence de certains coloniaux britanniques et français, l'auteur reconnaît que la colonisation a mis fin à la traite orientale, en 1846 en Tunisie et Algérie, en 1894 au Congo, (bien avant le séjour dans cette région du journaliste Tintin. Note du Scrutateur) en 1920 au Maroc. Le colonel Archinard recueillait les captifs dans les Villages de la Liberté. La Turquie a aboli l'esclavage en 1918, l'Arabie en 1962, la Mauritanie en 1980. Il reste cependant un servage domestique en Mauritanie, des travailleurs forcés dans les Emirats, tandis que le Soudan poursuit l'élimination ethnique au Darfour.

S'appuyant sur les observations des géographes arabes, des marchands d'esclaves et des explorateurs (Livingstone, Stanley, etc...), Tidiane N'Diaye déplore la dissimulation des archives et l'amnésie pratiquée par solidarité religieuse à la conférence de Durban, où seule la traite occidentale appelait repentance. Selon Bernard Lewis, faire référence à l'autre traite est interprété comme un signe d'intention hostile.

MAURICE FAIVRE

Le génocide voilé, enquête historique par Tidiane N'Diaye - Editions Gallimard, 253 pages.

Entretien avec Tidiane N'Diaye :

Spécialiste de l'histoire africaine, Tidiane N'Diaye crée la polémique avec son livre sur la traite négrière arabo-musulmane 'Le Génocide voilé'. Interview en deux temps d'un anthropologue subversif et téméraire.

"Le Génocide voilé" décortique un sujet brûlant : la traite négrière arabo-musulmane. S'il semble, aujourd'hui, aisé de parler de l'esclavage transatlantique, ce n'est pas le cas pour celle concernant la partie subsaharienne. Il existerait comme un silence, un mutisme autour d'une ponction en hommes, en matières et surtout en vies de l'Afrique noire, par les Arabes à partir de 652. L'occasion audacieuse mais légitime en ces temps de controverses de revenir sur une histoire sombre et voilée coupable, selon l'intellectuel sénégalais, d'un véritable 'génocide'. Ou quand la mémoire se substitue à une cécité persévérante.


Le 'Génocide voilé' est une enquête sur la traite arabo-musulmane. Pourquoi s'intéresser à ce sujet aujourd'hui ?

Parce que les misères, la pauvreté, la longue stagnation démographique et les retards de développement actuels du continent noir, ne sont pas le seul fait des conséquences du commerce triangulaire, comme bien des personnes se l'imaginent. La ponction transatlantique nous est bien connue et est largement débattue depuis des décennies. Les études et synthèses sur cette traite sont légion. Pourtant, 
bien qu'il n'existe pas de degrés dans l'horreur ni de monopole de la cruauté, on peut soutenir que le commerce négrier et les expéditions guerrières provoquées par les Arabo-musulmans furent pour l'Afrique noire et tout au long des siècles, bien plus dévastateurs que la traite transatlantique. De même que l'islamisation de nombreux peuples négro-africains et tout ce que cela a engendré, comme le djihad (1), n'en fut pas moins à la source d'innombrables implosions. Mais à ce jour, seul le génocide des peuples noirs par les nations arabo-musulmanes, n'a toujours pas fait l'objet de reconnaissance nette de la part des chercheurs des peuples responsables. Alors que ce crime est historiquement, juridiquement et moralement imprescriptible.

Quand a-t-elle commencé et dans quelle(s) région(s) ?

Dès le VIIe siècle de notre ère, les Arabes ayant conquis l'Egypte, allaient y asservir de nombreux peuples venant de la Nubie, de Somalie et du Mozambique ou d'ailleurs, au cours de la première expansion islamique. Les Nubiens avaient été durement secoués par les foudroyantes attaques des forces arabes. Ils se défendirent courageusement, mais, devant une supériorité numérique et la détermination des soldats du djihad et les assauts répétés des "djihadistes" arabes, les Nubiens préférèrent négocier la paix en concluant en 652 un traité connu sous le nom de 
Bakht. Ce traité engageait le monarque africain vaincu à livrer annuellement un lot de 360 captifs destinés à être asservis dans le monde arabo-musulman. C'est ainsi qu'une traite négrière en grand, fut pour la première fois inventée par les Arabo-musulmans. J'emploie le terme d'arabo-musulman car après le Bakht, ce trafic deviendra transsaharien et oriental en impliquant de plus en plus de peuples et de régions qui débordaient largement l'univers arabe. Les négriers qui y ont trempé étaient aussi Berbères du Maghreb, Turcs sous l'Empire ottoman ou iraniens donc des Perses. De nombreux captifs africains seront même vendus par les Arabes jusqu'en Inde puisque le roi du Bengale en possédait près de 8.000 au milieu du XVe siècle. La majorité des hommes déportés aux débuts de ce trafic, était prélevée sur les populations du Darfour. Tout avait commencé là et cela n'a apparemment jamais cessé.


Quelles sont la forme spécifique et les motivations de cette traite comparée à la traite transatlantique ?

Dans le monde arabe - le système wahhabite (Arabie Saoudite) par exemple -, ne favorisait pas un développement économique et social par le travail de ses habitants. Il les condamnait à un appel incessant de main-d'œuvre servile fournie par la traite négrière. En outre, pour un Arabe de cette époque-là, l'homme n'est jamais pauvre, tant que son voisin possède quelque chose. La guerre sainte tombait à pic, pour s'enrichir. Puisqu' obligation est faite à tout croyant de mener le djihad, se disaient-ils, il fallait soumettre et asservir les non convertis. Ils prenaient abusivement le Coran comme prétexte, pour razzier les voisins infidèles, en les dépouillant de tout ce qu'ils possédaient.

 

C'est ainsi qu'en toute bonne conscience et par des moyens aussi commodes que bénis, la plupart de ces tribus arabes converties, finissaient par ne plus vivre par elles-mêmes. Ainsi la constante du fléau de la traite négrière et de l'esclavage arabo-musulman en Afrique, était due aux traditions de ces peuples, au cours d'une époque où ils ne pouvaient, pour des raisons de débauche et de paresse, se passer d'hommes serviles, pour leur infuser des forces et du sang neuf. Par exemple, au milieu du XIXe siècle, un tiers de la population d'Oman était africaine ou d'origines africaines. Dans ces sociétés arabes, les Africains jouaient un rôle presque central. Sans fonctions précises, ils prenaient une grande part aux activités communes.

 

Vous évoquez la pratique de la castration massive...

Avant les terribles opérations de castration il y eut d'abord razzias et massacres. Par exemple, la seule guerre sainte menée par ce chef arabe soudanais, mystique, illuminé et qui se prenait pour un Mahdi (descendant du Prophète), tout le Soudan depuis l'océan jusqu'en Egypte englobant tous les plateaux de l'Afrique - du Nil jusqu'au Zambèze -, était livré aux chasses à l'homme et à la vente de captifs. Cet espace grand comme deux fois l'Europe, certains explorateurs évaluaient sa population au XIXe siècle, à environ cent millions d'âmes. Pour avoir une idée du mal, il faut savoir que ces mêmes observateurs, avaient constaté que pour chasser et enlever de force cinq cent mille individus, il fallait en faire périr près de deux millions d'autres (résistants ou fuyards). Ainsi, si les naissances avaient cessé à l'époque, en moins d'un demi-siècle, les régions de l'intérieur de l'Afrique ne seraient plus de nos jours, qu'une solitude désolée.


Vous parlez également d'un génocide. Pensez-vous qu'il y a eu une volonté d'anéantir les populations négro-africaines ?

Je trouve en effet le terme de "génocide" adapté à cette entreprise sans précédents. Il faut dire que le mépris des Arabes envers les Africains fut aussi un catalyseur. Le célèbre historien arabe du XIVe siècle, Ibn-Khaldum, écrivait :

 

"Les seuls peuples à accepter l'esclavage sont les nègres, en raison d'un degré inférieur d'humanité, leur place étant plus proche du stade animal." La question qui se posait donc, était de savoir, comment faire pour que ces "animaux", ne se reproduisent pas en terres arabo-musulmanes. Car dès les débuts de cette traite, les négriers voulaient empêcher qu'ils ne fassent souche. Comme cela n'avait rien de métaphysique, la castration apparaissait comme une solution bien pratique. Ainsi, dans cette entreprise d'avilissement d'êtres humains, si les Arabes destinaient la plupart des femmes noires aux harems, ils mutilaient les hommes, par des procédés très rudimentaires et qui causaient une effroyable mortalité. Les chiffres de cette traite sont tout simplement effrayants.

 

(1) Guerre sainte contre les incroyants.
http://www.evene.fr/livres/actualite/interview-tidiane-n-diaye-afrique-genocide-voile-1328.php

Comprendre le passé, c'est interpréter singulièrement le présent et entreprendre l'avenir avec plus de clairvoyance. Or, les fondements et les conséquences de la traite transsaharienne entachent encore certaines régions du monde et entretiennent les querelles d'historiens et d'idéologues. Comme un processus qui se perpétue à travers le temps et les hommes : le Darfour, aujourd'hui ensanglanté, ancien gisement d'esclaves ; le silence des gouvernements arabo-musulmans à Durban au sujet de leurs responsabilités dans la traite d'hier et d'aujourd'hui ; l'impossibilité d'évoquer l'ensemble des acteurs de l'esclavage, etc. C'est à toutes ces problématiques que Tidiane N'Diaye a accepté de réagir avec sincérité et engagement.


Comment avez-vous vécu la polémique autour du livre d'Olivier Pétré-Grenouilleau ?

 

Olivier Pétré-Grenouilleau est un confrère pour qui j'ai beaucoup de respect et qui comme tout chercheur objectif, a fait son travail sans haine ni passion. J'ai tout simplement regretté qu'il n'ait pas diversifié ses sources. Aussi, les griots historiens oraux et véritables mémoires vivantes des peuples noirs, nous apprennent, qu'avant l'arrivée des Arabes, le système d'asservissement préexistant en Afrique subsaharienne, qualifié à tort de "traite ou d'esclavage interne", était plutôt du servage, sous formes agricole, domestique ou militaire. Ce système était donc une institution de domesticité aussi diversifiée qu’accentuée. Celle-ci se différenciait de l'esclavage de plantation américain. En fait, beaucoup d'administrateurs civils ou de militaires coloniaux refusaient au système africain le terme d'esclavage. Ils insistaient sur l'aspect personnel des rapports entre le maître et le captif. Depuis des temps immémoriaux, un système de servage était pratiqué en Afrique, c'est un fait. Mais il n'avait rien de commun, en but et en proportion, avec celui des "visiteurs" arabo-musulmans. Sur le sujet, Pétré-Grenouilleau aurait dû intégrer aussi ces sources africaines. Son travail a abusivement mis sur un même plan le servage interne africain, la traite transatlantique ainsi que celle, tout simplement génocidaire, arabo-musulmane.


Pour vous le conflit au Darfour s'inscrit-il dans la continuité de l'esclavage et du génocide ?

Sur ce sujet, les faits parlent d'eux-mêmes. En avril 1996, l'envoyé spécial des Nations unies pour le Soudan, faisait état d'une 
"augmentation effrayante de l'esclavagisme, du commerce des esclaves et du travail forcé au Soudan." En juin de la même année, deux journalistes du Baltimore Sun qui s'étaient également introduits au Soudan, écrivaient dans un article intitulé 'Deux témoins de l'esclavage' qu'ils avaient réussi à acheter deux jeunes filles esclaves, pour les affranchir. Je serais donc tenté de dire : du Darfour au Darfour, l'horreur continue avec cette fois le nettoyage ethnique en plus.


C'est ce qui justifie ce silence autour de la traite négrière transsaharienne - à Durban, par exemple ? Est-ce une conséquence de ce que vous appelez le syndrome de Stockholm à l'africaine ?

Très nombreux sont ceux qui souhaiteraient voir la traite arabo-musulmane recouverte à jamais du voile de l'oubli, souvent au nom d'une certaine solidarité religieuse, voire idéologique. C'est en fait un pacte virtuel scellé entre les descendants des victimes et ceux des bourreaux, qui aboutit à ce déni. Parce que dans cette sorte de "syndrome de Stockholm à l'africaine", tout ce beau monde s'arrange sur le dos de l'Occident. 
Ce silence sélectif entourant le crime arabo-musulman envers les peuples noirs et sa sous-estimation, pour mieux braquer les projecteurs uniquement sur la traite transatlantique, est un ciment devant réaliser la fusion des Arabes et des populations négro-africaines - longtemps "victimes solidaires" du colonialisme occidental. Que des lettrés et autres intellectuels arabo-musulmans tentent de faire disparaître jusqu'au simple souvenir de cette infamie, comme si elle n'avait jamais existé, peut être aisément compréhensible.
En revanche, il est difficile de comprendre l'attitude de nombreux chercheurs - et même d'Africains américains qui se convertissent de plus en plus à l'Islam -, qui n'est pas toujours très saine et fortement animée par une sorte d'autocensure. Comme si évoquer le passé négrier des Arabo-musulmans, revenait à essayer de minimiser la traite transatlantique.


La spécificité de votre démarche ne réside-t-elle pas dans la volonté paradoxale de ne jamais figer l'histoire du peuple noir dans l'image de victime des traites négrières au profit d'une glorification des résistances et des anciens royaumes (Ghana, Mali, etc.) ?

J'ai toujours l'habitude de rappeler que mon travail ne cherche à 
communautariser ni l'histoire ni les mémoires. Ce qui serait la porte ouverte à une hiérarchisation victimaire, donc dénuée de tout caractère scientifique. Voilà pourquoi au risque de déplaire, je ne cherche jamais à travestir ou à embellir tel ou tel fait historique. J'ai été critiqué pour n'avoir pas seulement montré le côté héroïque et révolutionnaire social de Chaka Zoulou. Ces détracteurs me reprochaient d'avoir démoli le mythe du surhomme. En fait ce n'est pas spécifique aux Africains mais une des mystifications de l'histoire humaine est que les peuples ont toujours perçu leurs meneurs comme des êtres d'une supériorité culturelle et intellectuelle qui les placent au-dessus de tout concept moral préétabli. Alors que le concept de surhomme développé par Nietzsche et récupéré par la plupart des dictateurs, relève plus de la fiction grammaticale que d'une quelconque réalité. Tous les héros africains, grecs ou romains n'en demeurent pas moins l'image ou le reflet de l'homme ordinaire. Mais d'un homme ordinaire poussé à ses extrêmes, qui révèle toute sa bestialité et sa démesure. A la tête de leurs armées, ces meneurs n'ont eu recours qu'à la force.


C'est le cas de Chaka Zoulou ?

http://www.histoiredumonde.net/article.php3?id_article=1391

« Chaka Zoulou »
Il a écrasé des peuples qui refusaient d'avancer avec lui. Sa route est jalonnée de morts et de destructions. Car le souverain zoulou n'était pas que ce héros, bâtisseur de nation et réformateur social, il a aussi accompli un détestable nettoyage ethnique. Certains auteurs ont volontairement choisi de ne jamais évoquer cet aspect de l'épopée du conquérant zoulou. De même que pour ce qui est de la traite arabo-musulmane, la plupart des chercheurs africains ont du mal à passer d'une vision mémorielle affective de ce génocide, à tout simplement une approche distanciée et scientifique de l'histoire qui elle, ne traite que de faits avérés sans militantisme, haine ou passion. J'ai personnellement choisi cette dernière voie pour tous les sujets que j'ai traités jusqu'ici.
Propos recueillis par Thomas Yadan pour Evene.fr - Mars 2008

http://www.evene.fr/livres/actualite/interview-tidiane-n-diaye-afrique-genocide-voile-1328.php?p=2




 



 

 

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Castets 28/02/2014 17:25

Bonjour Mr Boulogne,
Bien que j'ai parcouru vos articles et vos références concernant l'esclavage sous toutes ces formes, ce récapitulatif à l'adresse de nombreuses personnes insuffisamment formées ou sciemment désinformées par de nobles pensées perverses ou bien pensantes me procure une émotion importante face aux nombreuses voies sans issues empruntées par l'homme, qui persiste pourtan à ne point tenir compte des leçons du passé.
Parallèlement à ces tragédies historiques, j'ai toujours une colère rentrée en imaginant toutes les populations déplacées ou remplacées, soit par génocide ou par extinction de la culture et des coutumes et pour lesquelles les nouvelles populations remplaçantes ne ressentent apparemment aucune culpabilité, c'est un oubli incompréhensible et au moins aussi coupable que l'esclavage et pour lequel plus personne ne peut demander réparation ! Sans être exhaustif, je pense tout particulièrement aux Indiens Caraïbes, d'Amérique du nord, sans oublier un génocide en cours qui n'émeut personne à l'Onu, celui des aborigènes d'Australie et aux indiens des différentes ethnies présentes et bafouées en Amérique du Sud... Nous aurons, nous les acteurs féroces ou spectateurs silencieux beaucoup à nous faire pardonner par un Dieu qui je l'espère sera plus miséricordieux que nos petites personnes en recherche de qualité de vie personnelle, sans se préoccuper pour autant des dégâts irréparables d'une modernité sans raison ni limite !
Bonne soirée
Cjj

Claude HOUËL 27/05/2013 16:00


27 mè , les Caraïbes ou les mawons à la barre :


L'association martiniquaise Karisco bientôt suivie en Guadeloupe de K'nawa ont été fondées sur la mise en valeur de la culture amérindienne, part incontournable de la culture antillaise.


Cette idée trés interessante soutenue par la construction, en Guyane, de 2 pirogues traditionelles telles celles qui avaient permis aux Kalinas et autres Taïnos de "coloniser" les grandes et
petites antilles,souvent par la force.


En ces jours de commémoration de l'abolition de l'esclavage, ces deux associations et leurs Kanowas sont mises à contribution pout commémorer le maronage.


Cela prouve que l'on peut faire feu de tout bois : Si le maronage fait partie intégrante de l'histoire de nos îles en étant lié à la pratique de l'esclavage, historiquement parlant les marons
n'ont pratiquement jamais été les valeureux rameurs que l'on nous présente aujourd'hui.


Cela n'enléve rien à la bravoure de ceux qui rompaient leur chaînes pour fuir l'asservissement mais pour se faire ils  sont allés dans les mornes escarpés, là où ils avaient le moins de
risques d'être repris.


La distortion historique ne fait pas peur aux appropriateurs de mémoire avec la complicité de notre conseil général qui finance ce "raid sea maroons" dans le cadre du "memorial act(e)",avec
l'argent du contribuable.


On pourra s'étonner de l'emploi de l'anglais pour nommer ces manifestations,comme si les langues Française,Créoles et même Kalina n'étaient pas assez riches .


Cela étant Woulo pour les valeureux pagayeurs qui, eux, savent les efforts déployés pour faire avancer ces magnifiques Youmoulicou et Akayouman dans une mer pas toujours facile.