Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Pages

Archives

Publié par Edouard Boulogne

Forigolé : Du tac au Tac!!!




Vient de paraître dans une collection dont a déjà parlé le Scrutateur, sous la signarure de Jean-Pierre Colignon, sous le titre Du Tac au Tac, aux éditions Albin Michel, un recueil très souvent amusant, piquant pour l'esprit, de ripostes d'esprits fins et distingués à des propos, médiocres et/ou malveillants, destinés à couper le sifflet de l'adversaire, au moins provisoirement.

J'en recommande vivement la lecture, car dans ce monde imprégné d'audio visuel et de politicaillerie, nous avons besoin de nous dilater la rate, et de nous délabyrinther l'esprit.

En attendant je vous livre quelques-uns de ces « traits ».



(I)Une glace sans tain et un propos sans fard

Supérieurement intelligent, cultivé et... sans scrupule, Talleyrand (1754-1838) est un des personnages les plus complexes de l'Histoire, et donc l'un des plus controversés. Il fallait toujours se méfier quand on lui parlait... Même quand il exerça — oh ! de façon bien provisoire ! — ses fonctions ecclésiastiques. Une pénitente qui avait pris le risque de lui confesser :

— Mon père, je m'accuse de m'être regardée avec plaisir dans le miroir,

se vit rétorquer:

  • Ce n'est pas un péché, c'est une erreur !


(II) L'effroi ou le froid ?

Républicain modéré, le maire de Paris Jean-Sylvain Bailly (1736-1793), ne tarda pas à s'attirer les foudres des révolutionnaires les plus radicaux et aggrava très nettement son cas en refusant de témoigner à charge contre Marie-Antoinette. Il signa là son propre arrêt de mort.

Condamné à la guillotine, sur le Champ-de-Mars, à la fin de 1793, il frissonna malgré lui, en raison du froid et de la pluie. Un des bourreaux lui dit alors avec ironie :

— Tu trembles, Bailly ?

Celui-ci, qui avait plus d'une fois, en ces dernières années.démontré son courage, répondit avec calme :

  • Oui, mon ami, mais c'est seulement de froid.



(III) :Un peu exagéré, sans doute...

« Père » du... père Ubu, créateur de la pataphysique, l'humoriste quelque peu surréaliste Alfred Jarry (1873-1907} aurait possédé chez lui, dans sa chambre, exposé sur la cheminée, un imposant phallus de pierre. Passant par-là, une dame ingénue (?) - ou espiègle ? — aurait demandé à Jarry :

— C'est une reproduction ?

— Mais non, madame, c'est une diminution !


(IV) : Une fleur du mâle

Une jeune et jolie actrice passa devant Georges Feydeau et un de ses amis... Ce dernier dit à l'auteur des fameuses comédies :

— Regarde cette fille : elle respire la vertu !

  • Oui, oui, mais je la connais. Elle s'essouffle vite !


(V) : Elle est raide, celle-là !

Le « rossignol » Yvonne Printemps (1894-1977) tut une chanteuse exceptionnelle, une comédienne pétulante, intelligente, pleine de charme et tôt délurée. Avant de vivre avec Pierre Fresnay à partir des années 1930, ce qui ne l'empêcha pas de continuer à collectionner une foultitude d'amants, elle fut l'épouse de Sacha Guitry de 1919 à 1931.

La séparation tumultueuse d'Yvonne et de Sacha fournit du travail aux avocats et de la copie à la presse ! Un échange cinglant marque les esprits :

  • Sur votre tombe, Yvonne, on écrira : « Enfin froide » ! —Vous, Sacha, je ferai écrire sur la vôtre : « Enfin raide ! »

  •  

  1. : De... gaule


Profitant de l'entracte, dans un théâtre, le général de Gaulle et Georges Pompidou se retrouvèrent côte à côte, paraît-il, pour satisfaire un besoin naturel. Voisinage toujours quelque peu gênant, aussi, histoire de parler, Pompidou dit à de Gaulle, faisant allusion au spectacle auquel ils assistaient :

— Belle pièce, mon général !

— Je vous en prie, Pompidou, regardez devant vous !

Souvent rapportée, cette anecdote est-elle avérée ?... De Gaulle n'étant pas dénué d'humour, « sa » réplique est donc possible, plausible.


(VII) : Une remarque empreinte d'ironie

Ministre des Finances sous la présidence du général de Gaulle, Valéry Giscard d'Estaing le fut aussi sous celle de Pompidou.

La famille Giscard, dans les années 1922 et 1923, avait « relevé » le noble patronyme des d'Estaing, éteint faute de descendance. Les Giscard appuyèrent leur requête en invoquant une aïeule, Laure-Madeleine d'Estaing, comtesse de la Tour-Fondue. Le Conseil d'État avalisa la demande.

Vraie ou apocryphe, on rapporte cette saillie pince-sans-rire du Général quand Giscard voulut que son nom (n'y avait-il pas le précédent de l'« emprunt Pinay » ?) soit donné à l'emprunt qu'il allait mettre en œuvre :

« Vous avez raison, Giscard, cela fera un joli nom d'emprunt... ».


Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article

TAILLE-CRAYON 18/01/2009 23:32

Blog trés interessant je reviendrais....LORENT