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Publié par Edouard Boulogne

 Barrack Obama a-t-il lu Voltaire?




A l'approche de l'investiture de Barrack Obama, le 20 janvier, l'obamania grandit, enfle, prend des proportions pharaoniques, fort inquiétantes pour...le futur président des USA ( qui devrait lire, ou relire Boileau « aimez qu'on vous conseille, et non pas qu'on vous loue », et Jean de La Fontaine « Tout flatteur vit de celui qui l'écoute »).

C'est ainsi que l'on peut lire, dans le journal Le point, du 15 janvier, un article assez étrange, et grotesquement dithyrambique, sur...l'ouvrage L'intraitable Beauté du monde, écrit conjointement par les deux martiniquais Patrick Chamoiseau et Edouard Glissant, ces « immenses écrivains » nous dit Le point. Dithyrambe que répugneront sûrement à accepter lesdits auteurs dont la modestie est connue.

Mais lisez plutôt :


"Dans L'Intraitable Beauté du monde , qui paraît le 8 janvier en librairie, deux immenses écrivains martiniquais s'adressent à Barack Obama à l'aube de son investiture. Édouard Glissant, philosophe, poète et romancier, fondateur de l'Institut du Tout-monde et le romancier Patrick Chamoiseau, prix Goncourt pour Texaco, n'ont fait qu'une plume pour montrer, en 57 pages, comment le nouveau président des États-Unis vient donner sa chance à la réalisation d'un monde que Glissant appelle depuis longtemps de ses voeux : un "tout-monde" métissé et ouvert, où "les murs tombent" (titre d'un précédent opus cosigné avec Chamoiseau), en un mot un monde "en relation". "M. Barack Obama est le résultat à peu près miraculeux, mais si vivant, d'un processus dont les diverses opinions publiques et les consciences du monde ont jusqu'ici refusé de tenir compte : la créolisation des sociétés modernes."

Les auteurs alternent des passages politiques (vibrant hommage à la campagne électorale d'Obama comme "défense et illustration de la pensée de la diversité") et des passages poétiques d'une grande beauté, dont certains sont directement adressés au nouveau président. "Et vous voilà, vous, fils du gouffre, qui levez maintenant un espoir entier, pour tant d'Américains et pour tant d'habitants du tout-monde." Jusqu'au final : "Vous êtes un éclair tranquille d'imprévisibilité", suivi d'une "bonne chance en Relation, monsieur".

L'Intraitable Beauté du monde , adresse à Barack Obama
Éditions Galaade, 8 euros.



Jamais, Louis XIV n'a reçu d'aussi outrageuses louanges. Notre siècle « démocratique », est, paradoxalement (?) celui des outrances, de la flagornerie, de la lèche la plus éhontée.

Du cynisme aussi. Les plus âgés de nos lecteurs se souviendront peut-être des apostrophes à Staline, l'un des plus grands criminels de tous les temps. Les courtisans s'appelaient alors Aragon qui à la mort du dictateur communiste lui dédia une Ode incroyable; Roger Garaudy, membre du comité central du parti communiste français, vit dans le Géorgien « le plus grand philosophe de tous les temps » (sic); Un autre hyperbolique qualifia un autre tyran, Nicolas Ceauçescu, de « Danube de la pensée »!!!

Et quand Mao Tsé Toung mourut, Valéry Giscard d'Estaing salua en lui « le phare la pensée mondiale ».


Le papier supporte tout.


Alors, nous n'allons pas nous indigner que Barrack Obama soit qualifié « d'éclair tranquille d'imprévisibilité », par deux folliculaires.

Ces deux « immenses écrivains » ont cependant l'éloge ambigü. Car je ne suis pas certain que l'imprévisibilité puisse être considérée comme une qualité rassurante pour un chef d'Etat, surtout quand il est à la tête la première puissance mondiale.

Mais qu'importe, Edouard, et Patrick, ont joui d'eux mêmes, et de leurs mots. Pour eux n'est-ce pas l'essentiel? Avec peut-être l'espoir d'un prix Nobel au bout du chemin. Comment vivre sans espérance?


Je suis, résolument de ceux, qui refusent de confondre monsieur Obama avec ses zélateurs. Il faut, pour le juger attendre de le voir à l'oeuvre.

Peut-être est-il à mille coudées au-dessus de la mer...de ses courtisans. Rappelez-vous ce roi de France et sa fière déclaration, après qu'il fut bien calé sur le trône : « Le roi de France ne connait pas les dettes du duc d'Orléans »!


La politique est chose sérieuse, et souvent tragique. Je doute que Barrack s'entoure de conseillers tels que nos deux « immenses écrivains ».


Il se trouve que le même numéro du Point publie un autre article sur le président américain, sous le titre « Une photo qui en dit long ».

Lisez plutôt :




« C'est sûrement l'un des clubs les plus chics de la planète qui s'est réuni mardi 7 janvier à la Maison-Blanche. Des cinq hommes qui étaient présents, quatre ont exercé la fonction de président des États-Unis : Jimmy Carter, Bill Clinton, les deux George Bush, senior et junior, l'actuel chef de l'État. Quant au cinquième, Barack Obama, il s'apprête à leur succéder dans le bureau ovale, le 20 janvier. C'était la première fois depuis 1981 que tous les présidents vivants se réunissaient ainsi. Étrangement, le dernier meeting de ce genre - il y a vingt-huit ans - s'était déjà déroulé sur fond de grave crise au Proche-Orient, puisqu'il avait eu lieu après l'assassinat du président Sadate.

Les 5 hommes ont déjeuné et échangé les paroles convenues que l'on peut imaginer en semblable occasion. Le président en exercice, pour quelques jours encore, a même eu un mot aimable pour son successeur : "Le message que nous partageons tous, a dit George W. Bush, c'est que nous souhaitons que vous réussissiez." Mais ce qui est le plus piquant dans cette rencontre, c'est leur attitude sur le cliché pour lequel ils ont posé tous les cinq dans le bureau ovale. On y voit un Jimmy Carter déjà un peu retiré du jeu, un Bill Clinton rayonnant, George W. le sourire un peu figé,
mais surtout on y devine tout de suite, à leur rire complice, la connivence inattendue entre George Bush senior et Barack Obama.

Or, cette association - en apparence - contre-nature de l'ancien président républicain de la fin des années 1980 et du jeune président démocrate du 21e siècle n'est pas aussi incongrue que cela. Parce que l'un et l'autre partagent - au moins en politique étrangère - le goût d'une politique pragmatique, souple et sans drame. Celle qu'a incarné pendant les années de Maison-Blanche de Bush père, son conseiller pour les affaires de sécurité nationale, Brent Scowcroft. Ce n'est pas un hasard si Obama s'est entretenu plusieurs fois, depuis son élection, avec celui qu'on surnommait "Yoda". Et ce n'est pas non plus une coïncidence si deux des responsables choisis par le nouveau président pour son administration, Robert Gates, le secrétaire à la Défense, et le général James Jones, responsable du Conseil de sécurité, sont deux anciens de l'équipe de Brent Scowcroft. Finie la croisade, on vous dit, vive le réalisme ».
(souligné par le scrutateur).  

 

 

Barrack Obama, dit-on est un homme cultivé. Il me semble intelligent. Il a certainement lu et médité le mot de Voltaire : « Mon Dieu! Protégez-moi de mes amis. De mes ennemis je me me charge ».


Nous saurons bientôt ce qu'il en est.


Le Scrutateur.

PS : Sur Edouard Glissant ( cet "immense écrivain", et son "Tout Monde", on peut lire l'article que je lui ai consacré en se reportant, à gauche de l'écran, à la "catégorie" littérature.

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Cyril 27/01/2009 22:38

Un comentaire m'interpelle, et mérite une précision. Si 40 organisations syndicales s'unissent ensemble, c'est qu'il y a un réel problème en Guadeloupe. Sur le plan économique, dans de nombreuse entreprises, les dirigeants agissent de façon souvent médiocre avec leurs employés. De bas salaire, pas de reconnaissance, des abus et la liste est longue. Tout cela est réel et vécu par une grande partie de la population (attention, une grande partie n'est pas forcément la majorité). J'ai personnellement vécu ce genre d'emploi, avec certains abus dont on ne sait pas comment faire pour s'en sortir, ma femme aussi, dans une autre entreprise, comme quoi, ce n'est pas rare. J'ai aussi eu le cas inverse, avec un employeur attaché à son personnel. Il ne faut pas tomber dans le piège de la généralisation. Il y a un type de "patron", qui agit comme des aventuriers, et un autre type de "patron", qui a compris que les employés sont sa richesse. Là ou je ne rejoint absolument pas les différents protagonistes que nous avons vu à l'oeuvre hier soir, c'est lorsqu'ils expliquent que les entreprises sont "publiques" car ayant bénéficié de fonds publiques.  - un petit cours d'économie rapide, la richesse d'une entreprise est divisé en 3 groupes, les salariés pour 1/3, les dirigeants pour 1/3 et les actionnaires pour le dernier tiers.- Dans une île de la taille de la notre, l'actionnaire unique est bien souvent le dirigeant, celui qui a vendue sa maison, renoncé à son confort, pris un risque, parfois tout perdu pour créer quelque chose. Que lui soit récompensé c'est normal et dire le contraire est parfaitement irresponsable.Il est vrais que nous manquons cruellement de dirigeants vertueux, masi les choses changent. Des syndicats comme l'UGTG ont réellement fait bougé les choses, en faisant peur à ceux qui exagéraient. Malheureusement tout n'est pas réglé. Par contre dire que tous les entrepreuneurs sont véreux, que tous les blancs sont riches, que tous les noirs sont dans la rue, que tous les points sont soutenus par la grande majorité, c'est aller un peu vite dans les raccourcis. Il y a des entrepreuneurs véreux, d'autres honnêtes, des employés honnêtes et travailleurs, et d'autres non, des blancs bêtes et des noirs bêtes, des blancs intelligents et des noirs intelligents. En fait, ce sont simplement des hommes qui essaient de vivre, comme tout un chacun.Que des syndicats fassent leur travail est une bonne chose, cela va mettre les choses en ordre. Que ces syndicats agissent en oblieant la totalitédes employé à avoir leur point de vue, cela ne fonctionne pas (voir l'URSS, la Chine, la Corée du Nord...) Quand ils parlent de pouvoir d'achat, ils appuient encore sur un point qui fait mal, car il est vrai. Le fait d'énoncer les vrais problèmes ne signfie pas pour autant que les solutions proposées soient justes. Il faut reconnaitre le mérite du collectif, trouver les problèmes. Reste maintenant à ceux qui ont les compétences de tenter de les résoudres. (Je ne suis pas sur qu'en mettant un couteau sous la gorge d'un médecin on soit mieux soigné)