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Publié par Edouard Boulogne

Remarques sur un blocage.



Les organisateurs des blocages routiers en Guadeloupe ne pouvaient pas trouver prétexte plus consensuel à leur initiative : la baisse substantielle du prix de l'essence et du gazole.

Qui, en effet, des entreprises de transport, des marins pécheurs, voire du simple particulier (comme le rédacteur de ces lignes), etc, pourraient se révolter contre une baisse, de 50 centimes, au moins, du prix du litre de carburant? Personne, sauf les masochistes!

D'autant plus que l'entreprise SARA, de raffinage, basée en Martinique, est la cible principale, et que la levée en masse des petits contre les gros, a quelque chose de séduisant, du moins à une époque où  la morale de l'action sans conséquences, répression ni sanction, semble devenue la règle, et où comme aujourd'hui en Martinique où les professeurs d'un collège sont pénalisés par le rectorat pour s'être solidarisés avec un collègue menacé avec la pointe d'un compat, en pleine classe par un adolescent de 15 ans. Tout cela bien  entendu sous le couvert de la démocratie.

Il est vrai que le prix de l'essence est excessivement élevé, que les comptes de la SARA pourraient être légitimement rendus moins opaques pour diminuer les abus éventuels et les risques de bénéfices abusifs, au détriment du public.

Mais n'est-ce pas le rôle des élus de régler ces problèmes, avec le concours de l'Etat? Peu de responsables en dehors du président Willy Angèle, (du Mefef-Guadeloupe) et du maire de St-François ont eu le courage de le dire.

Des trublions ont préféré la manière forte qui n'aurait eu de sens qu'en dernier recours, une fois prouvés les éventuels abus de la compagnie pétrolière, et à un autre moment qu'à celui des fêtes de Noël, occasion pour le commerce local de regonfler son chiffre d'affaire mis à mal par la crise en cours.

Hélas! pour jouer aux redresseurx de tort, faire les gros bras, étaler sur les barrages routiers une faconde, et une irresponsabilité d'autant plus faciles qu'elle spnt assurées de l'impunité (voir ci-dessus), les agitateurs prennent la Guadeloupe en otage depuis plusieurs jours.

La distribution du courrier n'est plus assurée, les écoles sont fermées, l'accès aux hôpitaux et cliniques est rendu impossible, ou difficile. Sur certains barrages le racket s'organise. Une association de planteurs de bananes, dont les fruits cependant, pourrissent sur pied, menace de se joindre aux manifestants si satisfaction n'est pas accordée aujourd'hui aux "justes revendications" des trublions. Sans doute espèrent-ils une prime de dédommagement des pertes subies par leurs entreprises! C'est qu'ils s'y connaissent en matière de racket sous prétexte de calamités publiques. Encore ne faut-il pas mettre la main auxdites calamités.

On s'étonne de la montée de la violence et de l'irresponsabilité dans une partie de la jeunesse. Pas moi.

Gérard Vergé-Lauriat.

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