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Publié par Edouard Boulogne

 

Errol Nuissier : des paroles de bon sens.



Dans le numéro du France-Antilles de ce 6 novembre, au milieu d'une déclaration concernant l'élection de Barack Obama à la présidence des USA, le psychologue Errol Nuissier écrit notamment : « Nous devons considérer l'esclavage comme une épreuve qui a développé nos forces et nos capacités de résistance et non pas nous cantonner encore à la plainte, et à considérer que les Blancs ont une dette à nous rembourser. Il (Obama) a démontré que seul l'effort est payant et que désormais on n'aura plus le droit de pleurer pour être reconnu. C'est le travail qui paie. Rien n'est n'est dû, tout est à gagner ».


M.Nuissier n'est pas du même bord politique que moi, mais j'ai plaisir à dire, que sur ce point nous sommes tout à fait d'accord.

Il a énoncé une vérité que je proclame depuis des années sans être entendu, sans que mon propos soit répercuté.

Peut-être, dirais-je, par une formule un peu sophistiquée, (ce que l'on appelle un euphémisme),   parce que venant de moi le message est brouillé, souffrant de son enchâssure. Errol Nuissier est sans doute mieux placé que votre serviteur pour l'énoncer.


Sa voix risque cependant d'être trop grêle pour percer le tumulte en sens contraire.


Car, il est plus facile, quand on aspire à un poste électif de tenir des propos démagogiques de type raciste : « votez pour moi parce que je suis noir, ou plus foncé que mon rival », plutôt que de se rendre digne (comme Obama) de la fonction, en travaillant pour acquérir les capacités requises à l'obtention de responsabilités hautes ou modestes.


On sait que jadis le mot d'ordre d'une célèbre personnalité politique guadeloupéenne, Hégésippe Légitimus, fut : « votez la peau ». Ce slogan, criticable en soi, pouvait trouver cependant, à la jointure du XIX et du XXème siècle, dans la conjoncture où se trouvait, alors, la Guadeloupe, une justification d'ordre tactique. Mais aujourd'hui, en 2008, une telle mentalité est inadmissible, scandaleuse, et empreinte, à l'égard des jeunes Guadeloupéens qu'ils faut éduquer et former à devenir des adultes, d'un phénoménal mépris.


Cette politique est raciste. C'est ce « noirisme » qui paralyse le progrès. Il a engendré le marasme lamentable dans lequel git, par exemple Haiti où l'espoir ne brille plus que d'une très faible et vacillante lueur.

Une intellectuelle Haitienne, madame Jacqueline Lamartinière dénonçant la supercherie négriste du régime duvaliériste, et des « élites » de ce malheureux pays a écrit dans un suggestif petit libelle : « toutes ces fadaises noiristes n'ont qu'un seul but : démontrer aux masses, leur faire admettre que le Blanc est l'ennemi, que le Noir est l'ami, qu'elles doivent se laisser diriger de préférence par les Noirs portant ainsi un coup fatal aux revendications populaires ».

Et Lamartinière poursuit, dans le langage de femme socialiste qu'elle est : ce noirisme n'a pour but que «  de remplacer le fouet blanc, par le fouet noir ».


En Guadeloupe et en Martinique, où le fouet a disparu depuis 1848, il n'est pas sûr que les électeurs soient totalement aveugles sur les intentions des néo esclavagistes évoqués plus haut? Mais la tentation est grande, chez certains, de pratiquer une sorte de chantage affectif, dont les idéologies compassionnelles ou/et de repentance servent de piliers, au plus grand détriment du volontarisme et de l'esprit de responsabilité (non les mots, mais les choses).


Mon propos, celui d'Errol Nuissier dans leur vérité abrupte seront-ils entendus?


Edouard Boulogne.

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