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Publié par Edouard Boulogne

Et si Obama était élu ?
 
( J'ai déjà dit ma perplexité  devant l'obamania qui électrise les médias en France, et ailleurs, à l'approche de l'élection présidentielle en Amérique. Car peu de gens, qui parlent pourtant péremptoirement, connaissent réellement la grande nation américaine, que trop de petits gourous en France, et encore plus en Guadeloupe, considèrent comme un pays de crétins, et de demeurés. L'engouement pour l'un, ou pour l'autre s'explique sûrement, souvent, par des raisons que la raison ignore.
Je ne vais pas tomber moi-même dans le travers que je dénonce, et désigner le surhomme que "tout le monde attend.
Mais il y a un principe auquel je tiens, c'est l'esprit critique et le doute méthodique. Quand "tout le monde" penche d'un côté et d'un seul, il convient de s'arrêter, de peser les mots et les témoignages, de donner la parole, à un partisan de la minorité.
C'est pourquoi je publie, à l'intention des lecteurs du Scrutateur, cet de Guy Millère, à propos du livre qu'il vient de publier "L'amérique et le monde après Bush".
Guy Millière n'est pas le bon Dieu. Son point de vue excite l'esprit critique; en cela, au moins, il mérite d'être médité. E.Boulogne).





Etats-uniselections-presidentielles
Le temps se couvre sur la planète. Rien d’étonnant, hélas, concernant l’Europe. Entre vieillissement des populations, islamisation diffuse, confiscation de la démocratie, asthénie économique découlant du poids des systèmes socialistes et socialisants d’État-Providence, l’Europe est épuisée. On y vit au jour le jour. On y attend la mort qui vient. Il peut s’y dessiner des crispations parfois, mais elles peuvent vite prendre des colorations saumâtres de type fasciste ou national-socialiste, ainsi en Autriche voici peu.

Après avoir dit que la crise financière ne toucherait pas l’Europe, on pratique des réponses dirigistes avec une énergie qui laisse penser que seules des réponses susceptibles de mener vers la sclérose terminale suscitent encore quelques élans.

Il n’y a malheureusement pas que l’Europe qui soit concernée, et ce qui se passe aux États-Unis ne pousse guère à l’enthousiasme. J’ai passé dans le pays plusieurs mois cette année, je l’ai parcouru en de multiples directions, d’Est en Ouest, du Nord au Sud, de villes en villages aux fins d’en faire un livre qui serait un portrait détaillé de l’Amérique à la fin des années Bush, et j’y ai discerné des tensions, des lassitudes, des inquiétudes concernant l’avenir, des volontés de tourner une page ouverte dans les douleurs du onze septembre, mais aussi, dès qu’on sort des grands centres urbains tenus par la gauche bobo, un attachement maintenu aux valeurs fondatrices, celles datant des années George Washington-Thomas Jefferson. Je pensais que cet attachement aux valeurs fondatrices l’emporterait en fin de compte, et permettrait une élection de John McCain. J’évoquais aussi la possibilité inverse, et j’en viens à considérer que c’est cette possibilité inverse qui pourrait se concrétiser avec l’élection de Barack Obama.

Ce qui aura joué ? L’atmosphère de panique qui a résulté de ce qui vient de se passer à Wall Street. L’entretien de la panique par les grands médias et par le parti démocrate. L’inaptitude des républicains à développer une réponse audible et claire. Si Barack Obama est élu, cela ne signifiera pas la fin des valeurs fondatrices, ni celle des institutions ou du capitalisme américain : il est même vraisemblable que l’éventuelle élection d’Obama ne soit qu’un épisode, un intermède au cours duquel celui-ci montrera qu’il n’a pas l’étoffe d’un Président.

Cela signifiera néanmoins la victoire temporaire aux États-Unis d’une narration socialisante concernant l’économie et le monde, et cette victoire aura des conséquences. On peut penser que des mesures protectionnistes et redistributrices seront prises qui retarderont le retour à une croissance robuste et ne seront pas sans effets sur l’économie planétaire : du côté de la Chine et de l’Inde, entre autres, mais aussi de celui de diverses contrées européennes. Quand l’économie américaine est détraquée, c’est le reste du monde qui en souffre.
La politique étrangère américaine prendra les couleurs de l’apaisement et le message sera pleinement reçu par les régimes néo-autoritaires qui, déjà, placent leurs pions sur l’échiquier : Poutine, Ahmadinejad et Chavez ne seront pas les derniers à féliciter chaleureusement le nouvel élu s’il se prénomme Barack Hussein. 
Après le temps des félicitations, viendra celui de l’action. Les victimes déjà désignées d’un éventuel affaiblissement américain se situent dans les pays d’Amérique latine pas encore touchés par le caudillisme chaviste, en Irak et en Afghanistan, mais aussi en Israël où il faudrait, pour résister, des dirigeants de la trempe d’un Menahem Begin. Elles se situent, au-delà de la Géorgie, en Ukraine aussi.

Les démocrates, voici trois décennies, ont réussi à faire élire Jimmy Carter après avoir organisé une débâcle au Vietnam. On pourrait voir survenir, je n’ai pas été le seul à le dire, le second mandat de Jimmy Carter – voire pire encore, car Obama est nettement plus à gauche que Carter : la débâcle que souhaitaient ardemment les démocrates cette année pour parvenir à leurs fins n’a pas eu lieu en Irak, mais au New York Stock Exchange. La brève ère Carter avait apporté la stagflation, les files d’attente devant les stations services, la plus grande avancée soviétique sur la planète depuis 1945, et l’arrivée au pouvoir de Khomeyni. Que réserveraient de nouvelles années Carter ? Je préfère n’y pas songer…

Le livre l'Amérique et le monde après Bush : http://www.amazon.fr/o/ASIN/2844787460/les4verite-21/

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P
Cher Edouard,Si c'est vrai que OBAMA n'a pas encore fait ses preuves, McCAIN montre tout les symptomes d'un grave manque de sagesse et ses bavures orales révèlent qu'il est capable du pire, à commencer par le réveil des tensions ethniques. Quant a Sarah PALIN, elle est bien plus dangereuse qu'une Ségolène ROYAL.Le camp républicain a choisi des candidats effrayants, même pour ses électeurs.
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A
J'espère bien que tout le monde ne pense pas que les Américains sont un peuple de crétins. Mais on a de bonnes raisons de penser que l'actuel premier d'entre eux mérite ce qualificatif. Et si une brume épaisse entoure même la façon dont il a obtenu ses deux mandats, il n'y aucun doute sur sa lourde responsabilité dans le bilan globalement négatif de l'économie US dans la dernière décennie.Quant à avoir ou non l'etoffe d'un président, je crains que Mc Cain n'offre pas plus de garantie que son rival, et j'aurais même tendance à penser le contraire.Enfin, dans le bilan des démocrates il n'est fait aucune allusion aux deux mandats de Bill Clinton dont l'Amérique et le monde gardent un excellent souvenir et dont la seule tâche tient sur quelques centimètres carrés de tissu.Sans suivre le troupeau, sans donner dans la surenchère, en gardant la tête froide, tout en restant républicains, sachons être démocrates et laisser s'exprimer la sagesse collective ... :c)Même (et surtout) si on ne s'en mèle pas.
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