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Publié par Edouard Boulogne

Gouverneur. Gouverneuse? Gouvernante? Gouverneuse? Qu'en pensez-vous?



Sur le problème de la féminisation systématique des mots, une mode que je trouve fort agaçante, et préjudiciable à une saine vie et évolution de la langue française, j'ai exprimé mon point de vue à plusieurs reprises dans Le Scrutateur. Ce débat se tenait, aujourd'hui, dans un blogue des correcteurs du journal Le Monde.

Un lecteur exprime un point de vue que je reproduis ci-dessous, et qui me convient.
Et vous? Qu'en pensez-vous? (Le Scrutateur).


"C’est vraiment dommage cette vague de féminisation des noms de fonctions ou de métier. Je suis pour un genre UNIQUE pour tout nom, comme “un gouverneur” ou “une personne” et ce, quelque soit le sexe de celui (ou celle !) qui incarne le concept. Donc, oui, je dirais que Sarah Palin est LE gouverneur intransigeant (sans ‘e’) de l’Alaska, comme je dirais que John McCain est UNE personne éminente (avec ‘e’) du paysage politique US. Et s’il faut nous forcer à de nouvelles habitudes, je suis plus favorable à “l’émasculation” qu’à la féminisation. Ainsi, si l’on dit que le métier de sage-femme est un nom féminin, alors je suis pour dire que Jean-Jacques est une sage-femme compétente, même si Jean-Jacques est un homme. Et alors ? Le nom qui désigne son métier, lui, est masculin, puisque le français exige que tous les noms aient un genre.
Autre inconvénient majeur de la “sexisation” des nom: quel genre doit-on adopter lorsqu’on parle de la fonction ou du métier en général, sans spécifier quelle personne l’incarne ? Dans les textes de loi, par exemple, on va dire: LE président de la République nomme LE premier ministre…".

Aliwi.
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Laurent 05/12/2008 09:04

Ce sont les adjectifs (et les adjectifs substantifiés) en “eur” qu’on féminise en “eure”: majeure, mineure (rien à voir avec le charbon), supérieure, inférieure, prieure (du latin prior, qui signifie premier). Les substantifs prennent “euse” : coiffeuse, vendeuse, blanchisseuse. La mode du -eure est justifiée par ses promoteurs en expliquant que la règle “eur/euse” ne s’appliquerait qu’aux noms dérivés de verbes. Pourtant, gouverneur vient bien de gouverner, professeure de professer, sapeur de saper, procureur de procurer (avec un sens différent du verbe actuel), etc… En fait, la “règle” est que la féminisation ne doit avoir aucune incidence phonétique. En quelque sorte, on ne “féminise que d’une fesse!” D’où des horreurs comme “substitue”, ou le t final du masculin disparaît contre tout usage grammatical.Quant à l’emploi du masculin (madame le gouverneur), il ne me paraît pas relever de la phallocratie. Après tout, on a toujours dit une sentinelle, une estafette, une ordonnance, emplois traditionnelement tenus par des hommes, qui plus est dans l’armée, milieu peu suspect de féminisme.