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Publié par Edouard Boulogne

Obamania!




Barrack Obama va être, d'un instant à l'autre, officiellement, désigné, par la Convention de son parti, candidat officiel des Démocrates, à la Présidence des Etats-Unis d'Amérique.

Sera-t-il élu?

Il pourrait l'être, et le seul fait de cette possibilité prouve la capacité de la société américaine à évoluer, à se réformer, à secouer ses habitudes et ses routines.

S'il ne l'était pas, faudrait-il vouer la même société aux gémonies, l'incriminer d'un "racisme" persistant et exacerbé?

Tel semble être, déjà, la nature du débat médiatique, du moins en France, où sévit, moins une curiosité louable à l'égard de la nation américaine, et de la meilleure (ou moins mauvaise) politique pour elle, qu'un procès anticipé aux forces conservatrices (nécessairement "réactionnaires" et nostalgiques du Ku Klux Klan).

Cette fois encore, comme lors des précédentes élections, le débat en France est mené par des groupes de pression tout acquis au Parti démocrate. On se souvient de leur déception lors des élections de R.Reagan, et des Bush, père et fils, pourtant annoncés, par toutes les trompettes de la renommée, comme battus, écrasés par le "St-Michel" démocrate.

Les observateurs judicieux resteront donc prudents, car, en Amérique, ce sont les Américains qui votent, pas les Français. (Que dirions-nous si les Américains, lors de nos élections s'organisaient en comités de soutien à tel de nos candidats, celui qui conviendrait à leurs intérêts, ou à leurs passions?).


Aussi, convient-il, face aux épisodes de la campagne électorale en cours, de rester calmes, prudents, et ...humbles!

Humbles! Car, au fond, que savent la plupart d'entre nous de cette nation américaine, que l'on vilipende volontiers, et d'autant plus que l'on jalouse sa puissance, et le statut de grande puissance qu'elle nous a ravit.

Que savons-nous, nous qui tranchons, chaque jour, à la place de ses citoyens de ce qui leur convient.

L'un des derniers livres de Jean-François Revel : L'obsession anti-américaine (Plon) fut consacré à notre d'autant plus grande américanophobie, qu'elle se fonde sur une plus grande ignorance.



Mon appel à la modestie, je suis sans illusion, ne modififiera en rien la superbe des millions de "polical scientists" français, qui poursuivront dans les prochains mois leur petite, ou géante Obamania.

Mais au fait, pourquoi ce délire, après tout sans gravité puisqu'il n'affectera en rien la décision du peuple américain, et qu'il enseigne surtout sur l'état des mentalités en France, et en Europe?

Pourquoi cet engouement pour Barrack?

Est-ce parce qu'il est jeune? Après tout pourquoi pas! Mais la jeunesse qui peut être un atout, n'est pas un absolu. Il faudrait relire La Fontaine, et notamment sa fable du Vieillard et des trois jeunes hommes!

Est-ce parce qu'il est beau? Et sans doute l'est-il, même si en cette matière les jugements relèvent de la contingence!

Est-ce parce qu'il est noir? Mais le pasteur Jessy Jackson lui aussi est noir. Et, demandons aux Africains si c'est la couleur qui fait les bons chefs. Ils auraient certainement, à cet égard, bien davantage à dire que la plupart des européens, qui, si souvent, parlent en leur nom!

Et puis Barrack Obama est-il noir? Ne serait-il pas métis? Pourquoi l'oubli, quand on en parle dans les étranges lucarnes (la TV), de cette moitié de son être? Et peut-être d'un peu plus de sa moitié, si l'on tient compte du fait que son père, un Africain du Kenya, l'a abandonné, dès l'âge de trois ans, entre les mains de ces deux femmes blanches, sa mère et sa grand mère.

Pourquoi d'ailleurs ses conseillers en communication laissent-ils ladite mère, jusqu'à ce jour en tout cas, dans une pénombre assez épaisse? Craindraient-ils de rebuter une partie de l'électorat "black", en évoquant la part blanche du métis? Cet électorat auquel s'adressait, il y a peu,  le pasteur Jessie Jackson, en des termes qu'un Le Pen, en France n'oserait pas utiliser, en sens contraire, sous peine d'être grillé, rôti, ratiboisé? 

Ces "détails" sont-ils sans importance? Quelles en sont  le prolongements,  les connotations? Il faut y réfléchir.

Lecteur ami, que peut-être j'agace en ce moment, pensez que je ne fais qu'exercer ma verve de chroniqueur politique "mal pensant" (c'est-à-dire non conformiste), mon rôle de poil à gratter, si utile pour empêcher le débat de tomber dans le ronron de l'unanimisme bien pensant, si dangereux pour ce que l'on appelle, à tort ou à raison la démocratie, en tout cas pour la liberté.

Edouard Boulogne.
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