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Publié par Edouard Boulogne

Hommage de Ronsard à Alexandre Soljenitsyne.

 

( Ronsard était) connu, par des générations de lycéens, au temps où il existait un enseignement littéraire en France, surtout pour ses poèmes de la veine épicurienne, où se lisait pourtant, en filigrane, une tristesse, un pessimisme foncier. « Quand vous serez bien vieille, au soir, à la chandelle,….. » ; ou bien «  Puisqu’une telle fleur, ne dure Que du matin jusques au soir ». Je n’ai pu m’empêcher, devant le corps d’Alexandre Soljenitsyne d’évoquer l’un de ses derniers poèmes, et de le dédier à l’âme du grand Russe. E.Boulogne).

 

 

Je n'ai plus que les os, un Squelette je semble,

Décharné, dénervé, démusclé, dépoulpé,

Que le trait de la mort sans pardon a frappé,

Je n'ose voir mes bras que de peur je ne tremble.

 

Apollon et son fils deux grands maîtres ensemble,

Ne me sauraient guérir, leur métier m'a trompé,

Adieu plaisant soleil, mon oeil est étoupé,

Mon corps s'en va descendre où tout se désassemble.

 

Quel ami me voyant en ce point dépouillé

Ne remporte au logis un oeil triste et mouillé,

Me consolant au lit et me baisant la face,

 

En essuyant mes yeux par la mort endormis ?

Adieu chers compagnons, adieu mes chers amis,

Je m'en vais le premier vous préparer la place.

 

RONSARD.

 

 

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morsli 07/08/2008 22:18

Je suis d'accord pour l'immense talent de Ronsard et pour lapureté des intentions de Soljénitsine, quelqu'un "d'inachetable"