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Publié par Edouard Boulogne

Olivier Besancenot, le gentil petit facteur.


( Le magazine Valeurs Actuelles brosse dans son dernier numéro un intéressant portrait dont voiçi quelques extraits).




Ultradirigisme d’un côté.Ultralaxisme de l’autre. En matière d’immigration, ses électeurs, et les autres, savent-ils en effet que Besancenot et son parti réclament la régularisation immédiate de tous les sans-papiers, avec l’octroi d’une carte de résident de dix ans, automatiquement renouvelable ? Savent-ils encore que la LCR revendique le droit de vote et l’éligibilité pour tous les étrangers (y compris hors Union européenne) à toutes les élections (dont la présidentielle) ? Afin de sortir de la « criminalisation des jeunes et des pauvres », le parti trotskiste préconise rien moins que l’abrogation des lois de sécurité et même… la suppression des fichiers informatiques de police ! Les « contrôles » étant, en revanche, renforcés dans le domaine social.


 
Photo: Sipa

« Irréaliste et dangereux » : c’est ainsi que le ministre d’ouverture Jean-Marie Bockel, interrogé par Valeurs actuelles, juge le programme de la LCR. « Si ses recettes étaient appliquées, ajoute-t-il, on assisterait, en quelques semaines, à l’effondrement de notre économie et, assez rapidement, à la remise en cause de nos libertés. » L’adhésion de Jean-Marc Rouillan, l’ancien terroriste d’Action directe, au parti de Besancenot n’est, de ce point de vue, pas aussi anodine que ce dernier l’a laissé croire. Elle rappelle, en effet, les liens “historiques” entre l’extrême gauche et l’action violente. Liens jamais entièrement rompus : interrogé par le Monde, Pierre-François Grond, dirigeant de la LCR et proche de Besancenot, ose ainsi qualifier de simple « connerie faite il y a vingt ans » le double assassinat de Georges Besse et du général Audran ! Complice de Rouillan au moment des faits, il se murmure d’ailleurs que Nathalie Ménigon s’apprêterait,elle aussi, à rejoindre le Nouveau Parti anticapitaliste (NPA) de Besancenot…

À plusieurs reprises, au cours de son histoire, la Ligue communiste, devenue LCR en 1974, a allègrement franchi la ligne jaune : candidat à la présidentielle de 1969, Alain Krivine, le mentor du postier, appelle ses électeurs à sortir de la légalité en s’organisant en « comités rouges » ; en 1979, le parti refuse de condamner l’invasion de l’Afghanistan par l’URSS… Dissoute une première fois en 1973, suite à l’attaque sanglante (des dizaines de policiers blessés) d’un meeting d’extrême droite, l’organisation manquera à plusieurs reprises de l’être à nouveau, tant son « redoutable service d’ordre paramilitaire » fait parler de lui. « Cette tentation militariste ira très loin », écrit Christophe Bourseiller dans les Ennemis du système (Robert Laffont), citant notamment le film Mourir à trente ans de Romain Goupil. Lequel « décrit la trajectoire de Michel Recanati, principal responsable du service d’ordre, que tenaille l’envie de passer à l’acte. Au terrorisme. Après la dissolution de la Ligue en 1973, Recanati prendra du champ et se suicidera quelques années plus tard ».

La LCR a-t-elle vraiment changé ? Et si oui – au moins sur la forme –, sur quelle ligne se situe exactement Besancenot ? De lui,on sait finalement peu de choses.Mais son profil est loin d’être aussi lisse qu’on le dit :“facteur volontaire”, puisqu’il dispose d’une licence d’histoire qui lui aurait permis de briguer un autre emploi, Besancenot ne s’est jamais contenté pour vivre de ses 1 200 euros mensuels : ancien assistant parlementaire de Krivine au Parlement européen,le leader trotskiste, qui perçoit un second salaire de son parti,est aussi le compagnon de Stéphanie Chevrier, l’une des plus importantes éditrices de Paris.C’est dans le très bourgeois appartement de cette ex-compagne du chanteur Yves Simon que vit Besancenot, plus que dans l’appartement du XVIIIe dont il est propriétaire – et qu’il a mis en location.

Plus cynique qu’on le dit, est-il aussi moins “modéré”qu’on croit ? Daniel Vaillant s’interroge : «On sait que Christian Picquet, qui incarnait une ligne d’ouverture à la LCR, a été débarqué il y a quelques semaines, relève-t-il. Il est donc important de connaître les conséquences de ce limogeage : la Ligue va-t-elle effectuer un tournant plus radical, ou au contraire va-t-elle reprendre la ligne de Picquet en se l’appropriant ? »

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B
Je voudrai savoir CLAIREMENT la différence entre Mr Olivier BESANCENOT, et, Mme Arlette LAGUILLER.
Merci,
Mr BRUNIAUX
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E


Les extrèmes, aussi bien à droite qu'à gauche, se divisent d'autant plus qu'ils sont éloignés du pouvoir. Entre Besancenot et Laguillier, outre les différences de génération, il y  a les
querelles interminables sur les virgules. Mais cela permet de ratisser plus large, et de conserver à l'intérieur du parti de l'extrême BIEN (c'est-ç-dire de l'extrême gauche), ceux qui pourraient
être tentés de s'abstenir, ou de voter communiste, ou socialiste. Tout ce beau monde se retrouve pourtant sur l'essentiel, un monde d'"AMOUR, sans doute symbolisé dans leur imaginaire par le
poing dressé, sous la conduite de big Brother. Mais, attention! Tout "pur" trouve toujours un plus pur qui....l'épure!



T
qui sait que le facteur besancenot a reçu le parrainage du maire de terre de haut pour les présidentielles de 2007... pour qui connait le penchant autoritariste de l'élu de la "petite" ile de terre de haut,devrait  pouvoir ce dire  qu'il y a des affinités psychologiques  entre  droite et gauche....bref les deux faces d'une meme piece en quelque sorte!
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E

Je me demande qui, mais vraiment QUI, a pu envoyer de commentaire au Scrutateur!!
Quoiqu'il en soit Bonnes vacances! et attention au petit vin du Maconnais§
Ed