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Publié par Edouard Boulogne

Une semaine à la loupe.


1.                     Le Premier ministre mobilise son gouvernement contre les déficits publics.

François Fillon veut faire du second semestre 2008 celui "des réformes de structures", avec pour objectif de parvenir à l'équilibre budgétaire en 2012. Par ce message de fermeté, il entend bien évidemment donner des gages à la Commission européenne qui menace d'envoyer une mise en garde à Paris sur les déficits publics. Au-delà de la querelle de chiffres avec Bruxelles, il s'agit de montrer que le gouvernement français va œuvrer avec méthode pour limiter le déficit public à 2% en 2009 et pour équilibrer les comptes en 2012. La démarche rejoint l'inscription dans la Constitution d'un principe général d'équilibre des finances publiques inspiré de la "règle d'or" appliquée au Royaume-Uni ou en Allemagne. Ce dernier a été qualifié de "ruse" par François Bayrou et de "grotesque" par Arnaud Montebourg. Au ministère du Budget, on estime que la mobilisation de tous les ministres pour réduire les déficits publics est d'autant plus nécessaire que les charges d'intérêt de la dette et celles des retraites vont peser lourdement ces 3 prochaines années. Ce qui réduit encore plus la marge de manœuvre du gouvernement. Ne devrait-il pas y avoir unanimité des leaders politique contre les déficits qui sont de plus en plus inquiétants. Car quelque soit la couleur politique de la prochaine majorité de 2012, elle gagnerait à laisser faire le "sale boulot" par le gouvernement actuel.

2.                     Les Irlandais ont dit "non" au Traité européen !

Les Irlandais ont nettement rejeté le traité européen de Lisbonne, avec 53,4% de "non" contre 46,6% de "oui" et un taux de participation qui s'est établi à 53,13%. L'Europe va-t-elle plonger à nouveau dans une crise institutionnelle ? Le rejet du traité par une île qui compte moins de 1% des 495 millions d'Européens, n'est pas sans rappeler le "non" opposé à la Constitution européenne en 2005 par la France et les Pays-Bas ainsi que par les mêmes Irlandais en 2001 contre le traité de Nice et qui avait nécessité l’organisation d’un deuxième vote sur l'île pour faire adopter le texte. Ce rejet étonne car l'Irlande, plus que tout autre pays, a largement profité des opportunités offertes par l'Europe. Le "non" relance les interrogations sur le fossé qui sépare l'élite européenne et les partis politiques qui, à ce jour dans tous les États membres, ont approuvé massivement le traité de Lisbonne. La question se pose donc de savoir comment auraient voté les peuples des pays qui ont déjà adopté le traité par voie parlementaire ! Il est urgent que les technocrates européens cessent de vouloir tout régenter, "de la couleur des petits pois aux dates de chasses en passant par la vitesse du son" !

3.                     Le référendum : la plus mauvaise des procédures !

Les raisons évoquées pour le "non" des Irlandais au traité simplifié sont de peu de poids par rapport à l'incompréhension totale qu’a suscité au sein du peuple un traité soi-disant simplifié qui comporte 300 pages d'une technicité juridique inabordable par un non-professionnel. Chaque personne met alors un bulletin dans l'urne qui tient compte de son opposition ou de son adhésion aux sujets du jour et qui peut concerner la santé, la fiscalité, l'emploi, l'agriculture, l'école, l'écologie ou tout autre sujet comme le rejet du président et du gouvernement ce qui est très loin du sujet référendaire. Le référendum est alors une pure et simple "roulette russe" qui ne fonctionne pas sur des processus rationnels et aboutit à une addition de hasards. Sous une apparence démocratique, il est l’une des procédures les plus antidémocratiques qui soit : Il donne la parole au peuple qui, avec l’aide des politiques et des médias, le transforme en un plébiscite pour ou contre la politique gouvernementale ou pour faire passer des messages subliminaux qui n’ont rien à voir avec le sujet du référendum. C’est ainsi que le résultat du vote irlandais est la preuve supplémentaire qui montre la nocivité de cette procédure. Souhaitons que nos dirigeants nationaux et européens comprennent le risque qu’ils font courir à nos démocraties et passent par les parlements qui ont été élus démocratiquement par les peuples.

4.                     Le référendum, suite...

La France a connu un certain nombre de référendums depuis l’installation de cette procédure. En 1958, lors de l'adoption de la Constitution de la Vème République, le référendum a été considéré comme un modèle. Il reste clair que les Français ont voté par confiance au général de Gaulle, qui proposait de nouvelles institutions, plus que sur le texte très technique que personne n’avait lu. La décision du Général de mettre en balance son maintien au pouvoir à l’adoption du référendum de 1970 a été une catastrophe pour ce mode de scrutin. En effet de nombreux autres référendums, surtout européens, ont été détournés par le peuple en des plébiscites pour ou contre le pouvoir en place, avec très souvent, l’aide de l’opposition de l’époque. Souhaitons que la voie référendaire soit utilisée pour des sujets moins importants pour l’avenir de nos démocraties et qui puissent être compris par les citoyens que nous sommes.  ( Henri Pauvert a raison de critiquer les élites européennes qui veulent tout régenter, de « la taille des petits pois…, etc ». A sa place j’aurais cependant écrit « élite » entre guillemets. Curieuse élite vraiment que cette classe de politiciens, anonymes et irresponsables, du moins devant le peuple, qui ne croient plus en rien, et qui, refusant, par exemple dans le préambule de le feue Constitution européenne, refusaient d’inclure, contre toute évidence, les origines chrétiennes de l’Europe réduisant celle-ci à une simple zone d’intérêt économique.

Henri Pauvert a encore raison de relativiser l’institution du referendum. Mais il n’y a pas d’institutions parfaites, et la politique n’est pas une science exacte. Il faut y faire une part à, disons « l’instinct ». C’est peut-être « l’instinct » des Français et Néerlandais, hier, des Irlandais aujourd’hui, qui, en deçà et par delà les « justifications » rationnelles apparentes, poussent les peuples a dire « non » à ces messieurs les technocrates, planificateurs au service de « forces occultes » qui dédaigneuses de toutes autres valeurs que celles du Cac 40 poussent au nivellement général, et à l’institution d’un « Meilleur des mondes », pour parler comme Aldous Huxley, dans son livre que tous devraient avoir lu, c’est-à-dire par antiphrase. NDLR).

5.                     Syndicats et PS furieux après l’annonce du projet de loi d’un service minimum à l’école.

"Je respecte le droit de grève. C'est une liberté fondamentale qui est garantie par la Constitution. J'ai bien l'intention de la respecter", a affirmé le président de la République. Mais "la grève pose des difficultés insurmontables à beaucoup de familles, en particulier aux familles les plus modestes. Elle pose des problèmes d'égalité", a-t-il poursuivi. "Mon devoir, c'est de les entendre aussi". Nicolas Sarkozy veut imposer le service minimum dans les écoles. Le dépôt avant l'été d'un projet de loi sur un "droit à l'accueil des enfants inscrits dans nos écoles" lors des mouvements de grèves avec une obligation pour les enseignants de se déclarer 48 heures avant l'arrêt de travail. Les réactions des syndicats et de l'opposition sont vives. Cependant peut-on accepter que des enfants et leurs parents soient pris en otages par des enseignants qui sont censés donner l’exemple à ceux qu’ils doivent former ?

6.                     Quelle place les profils littéraires peuvent-ils avoir dans les entreprises ?

Pour la deuxième année consécutive, l’opération Phénix permet à des étudiants en sciences sociales de sept universités d’Île-de-France de se voir proposer des postes en CDI dans dix prestigieuses entreprises du CAC 40. Il y a une grande réticence des entreprises à embaucher des profils littéraires, moins bien notés que les diplômés des écoles de commerce ou d’ingénieurs et qui sont sensés être opérationnels plus vite sur le marché du travail. 40% des étudiants en sciences humaines qui ont obtenu leur diplôme en 2006 considèrent que leur emploi est en-dessous de leur qualification. De même, ils ne sont que 50% à accéder au statut de cadre, contre 70% pour les élèves issus des écoles de commerce et 91% pour ceux venant d’écoles d’ingénieurs. De même, les jeunes littéraires semblent très réticents vis-à-vis du monde de l’entreprise, bien que la situation soit en train de changer. De plus en plus d’entreprises ont besoin de jeunes sachant écrire, qui ont un bon relationnel ou sont dotés d’un grand sens de l’analyse et de capacités à appréhender des situations complexes. Le risque de pénurie de cadres devrait permettre l’ouverture des entreprises aux profils littéraires si les employeurs investissent dans leur formation.

Henri Pauvert.

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