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Publié par Edouard Boulogne

Henri Bangou sur RFO-Guadeloupe (20/05/08 ).

 





A l’instant, sur RFO-Guadeloupe, Henri Bangou qui après près de 45 ans de règne sur la ville de Pointe-à-Pitre ne s’est pas représenté et a vu lui succéder, d’extrême justesse, son fils Jacques, était reçu par le journaliste Alex Robin.

Pour ses 86 ans le « roi » Henri se porte bien. Négligemment campé sur un confortable canapé de cuir, l’honorable ancien dirigeant communiste, reconverti après la chute du mur de Berlin en membre du PPDG, pose et parle bien. (PPDG : Parti populaire de la Guadeloupe. Henri en effet, l’a dit, devons nous le croire (?) : à propos des crimes du communisme en URSS et ailleurs, il ne savait pas! Comme un vulgaire habitant de Dachau, en Allemagne nazie, qui « ne savait pas » ce qui se passait dans le camp du même nom à trois kilomètres de sa ville! ).

Henri parle de sa jeunesse, de sa relative indifférence, alors, à l’égard de la politique. Il lui faut le service militaire, au Maroc, pendant la guerre, en 1943-44, et surtout la Rencontre d’une jeune étudiante communiste, Marcelle, qui deviendra son épouse, pour qu’il prenne conscience de « l‘oppression coloniale » (sic).

Après la guerre, le jeune Henri s’inscrit au parti communiste français, sur lequel il ne tarit pas d’éloges. C’est son droit le plus strict. Mais il faut alors qu’il ne s’émeuve pas si on lui rappelle que le parti de l’époque est purement stalinien, qu'il couvre les crimes de masse en Union soviétique, et ailleurs, qu’il fait le procès de Victor Kravtchenko qui a osé, ayant fui le « paradis » socialiste, révéler tout cela dans son livre « J’ai choisi la liberté ». Les amis d’alors de M.Bangou traitent Kravtchenko de traître, de vendu à la CIA, et « d’hyène dactylographe » (Sic).

Henri Bangou compte sans doute sur la capacité d’amnésie des peuples (à une époque où un site officiel d’académie, avec la complicité au moins passive d’un Recteur, apprend aux enfants de Guadeloupe que Constant Sorin, ancien Gouverneur de la Guadeloupe (de 1940 à 1943) fut un « officier Allemand, nommé par Hitler » (sic. Voir à ce sujet mes deux lettres au Recteur Alain Miossec).

M.Bangou s’étend ensuite sur son « règne » à Pointe-à-Pitre durant 45 ans. Rien que de très classique dans son discours. Comme n’importe quel édile, de gauche ou de droite, l’ancien maire se défend contre ceux qui l’accusent d’impéritie, et de népotisme.

Notons cependant, au passage, une petite pique à l’encontre d’Aimé Césaire, dont Henri pense qu’il a moins fait pour Fort de France, que lui Bangou pour Pointe-à-Pitre. Glissons sur ce cri du cœur, inspiré par l’amour propre « ce plus grand de tous les flatteurs », auquel nul n’échappe; Le monde « est trop injuste », geint Henri, après ….. Caliméro!

Pourquoi lui reproche-t-on d’avoir bousté son fils sur le trône paternel?

Est-ce sa faute si Jacques est le meilleur? Et pourquoi ne pas constater qu’en Guadeloupe (et ailleurs) les fils succèdent aux pères, par exemple le petit Jalton aux Abymes, Toribio (Josélito), au Lamentin, etc.

Notons au passage sans insister, (car tel n’est pas mon propos du jour), que c’était l’un des arguments de Maurras, pas le principal, en faveur de l’hérédité monarchique du pouvoir.

Il est vrai que, Lénis Blanche dixit, Henri, jeune, avait été séduit par bien des aspects de la pensée du leader de l’Action Française. C’était avant la rencontre de Marcelle!

« Le nez de Cléopatre, s’il eut été plus court…! ».

L’intervieweur, Alex Robin, entraîne alors son interlocuteur vers l’avenir.

Henri Bangou ne compte pas rester inerte. A 86 ans il se donne encore quatre ans de vie active, dont il se refuse à dévoiler les axes.

Mais sans doute continuera-t-il à lire, penser, écrire "au service de la Guadeloupe".

Dans quel esprit?
M. Bangou constate que le communisme est mort.

Mais "la pensée marxiste demeure féconde"! C’est en penseur marxiste qu’il agira, encore. Et l’ancien maire de P-à-P, de citer aussi Lénine parmi ses modèles. Hélas!

Hélas! Car faut-il le rappeler, la tactique qui consiste à dissocier Marx de ce qu’il a enfanté, et qui aurait été une trahison (le vrai marxisme resterait à découvrir!!), est une supercherie.

Que Marx soit un des penseurs de l’économie, parmi d’autres et dont les analyses soient à prendre en compte, parmi d’autres, pour la compréhension du réel, soit!

Mais le Marx prophète de la Révolution, source d’une libération du genre humain de l’aliénation. Nenni Mr "Henri!

Marx ne fut en rien le doux utopiste qu’on voudrait nous faire croire.

Dès les années 1860, alors que les mouvements ouvriers luttent contre les effets parfois néfastes de la révolution industrielle, Marx leader d’une tendance (un courant comme diraient nos socialistes), s’affronte à d’autres tendances dont celles des Français majoritairement alliés à Proudhon.

Marx, sûr de lui-même (et dominateur) parle de ses « camarades » français en ces termes (en 1867) : « Ouvriers de luxe qui se trouvent sans s’en douter appartenir à la vieille ordure. Ignorants, vaniteux, prétentieux, bavards, gonflés d’emphase ».

Evidemment, serait-on tenté de commenter, puiqu’ils ne pensent pas comme lui.

Pire! en 1867, après que des dirigeants ouvriers Français, de la tendance proudhonienne aient été arrêtés et emprisonnés par la police de l’empire (Napoléon III), Marx, tant aimé du « roi Henri », ose écrire : « Heureusement que nos vieilles connaissances à Paris sont sous les verrous. Le Comité parisien n’enverra qu’un seul délégué à Bruxelles ».

Vraie pensée de flic, de gestapiste, de kagébiste!!

Et ainsi, la tendance marxiste disposera du champ libre pour imposer sa ligne!

Faut-il rappeler aussi à monsieur Henri Bangou que Lénine, fut un dictateur effroyable, un tueur de première grandeur, s’appuyant pour justifier son goût du pouvoir sans partage sur la doctrine de Marx?

Faut-il rappeler que c’est Lénine qui, avant Staline, fut l’inventeur de la famine organisée, « du monopole du pain » comme il disait avec un incroyable cynisme,pour venir à bout de la résistance opposée aux soviets par le peuple russe.

Et que cette famine tua des millions de personnes. ( Je ne peux insister sur ces points dans cet article. On pourra, pour davantage d’informations, se référer à mon livre Libres paroles, principalement aux chapitres sur le communisme, le totalitarisme, Lénine, Staline, Trotski; et encore plus à l’ouvrage fondamental du grand sociologue Martiniquais Jules Monnerot : Sociologie du communisme. Une bonne recherche à mener sur Google!). 

Mais M. Bangou sait cela, et je serais tenté de ne pas trop lui en vouloir de ses propos malencontreux. Car j’imagine qu’il n’est pas facile, au soir de sa vie, et même si l’on est encore vert, de reconnaître certaines fâcheuses erreurs.

Sans compter que l’ex jeune étudiante est encore là; et que… Bon, vous comprenez!

Je crois qu’on peut féliciter Alex Robin pour sa part dans cette émission. Il a su rester sobre, et se montrer parfois incisif, sans insolence, face à son monument de vis-à-vis.

Sobre? Oui, sauf peut-être quand Bangou, vieux roué, lui « avoua » qu’il n’avait accepté l’émission que « parce que c’est vous! ».

L’Alex, se reprit assez vite. Mais il eut grand mal à ne pas se désunir; on le vit rougir, et se crisper pour résister à la dangereuse déclaration d'estime, plus douce que le lait et le miel.

Je lui souhaite de réussir d’autres émissions de ce niveau.

Mais sans vouloir le décourager, je crois que ce ne sera pas toujours facile.

Homme libre, et pas politicien pour deux sous, adversaire, résolu et constant, du clan Bangou et de son idéologie, j’ose dire, pourtant, que ce n’est pas chaque fois qu’il pourra rencontrer un interlocuteur de cette dimension.

Edouard Boulogne.

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