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Publié par Edouard Boulogne

Une semaine à la loupe.





1. La crise des "subprimes" n’est pas encore à son apogée !

Le total des dépréciations d'actifs liées à la crise hypothécaire américaine des "subprimes" pourrait s'établir à 650 milliards de dollars, soit environ 410 milliards d'euros pour l'ensemble du secteur bancaire, selon une étude de Crédit Suisse. Une vingtaine de banques à travers le monde seraient touchées par d'importantes dépréciations d'actifs liées à la crise des "subprimes". Les établissements de crédits ont déjà levé près de 160 milliards et pourraient potentiellement procéder à de nouvelles augmentations de capitaux de 140 milliards de dollars, 90 milliards d’euros. Le développement de nouveaux systèmes financiers performants sont souvent à très haut risques. De son coté, le FMI chiffre le coût de la crise financière à près de 1.000 milliards de dollars, environ 630 milliards d’euros, la moitié de la dette française, une paille !!

2. Le gouvernement prévoit une croissance & un déficit autour de 2% pour 2009

La Commission des Finances de l'Assemblée nationale a reçu les ministres, Christine Lagarde et Eric Woerth, qui leur ont livré leur premier pronostic pour l'économie française en 2009. La croissance devrait être comprise entre 1,75 et 2,25% l'année prochaine, soit en moyenne un chiffre de 2%. Pour 2008, Christine Lagarde a de nouveau affiché une certaine confiance dans l'économie française et a souligné que les données fondamentales de la France restaient toujours favorables pour le premier trimestre, avec des "clignotants au vert". A suivre...

3. Le gouvernement veut économiser 5 milliards d'euros supplémentaires !

Peu de jours après le discours de Nicolas Sarkozy détaillant les 166 mesures de réforme de l'État pour économiser 17 milliards d'euros, Eric Woerth, le ministre du Budget, a annoncé le 7 avril qu'il partait en quête, d'ici à l'été, de 5 milliards d'euros d'économies supplémentaires. Le Parti socialiste par la voix de son premier secrétaire François Hollande a donné le ton en dénonçant un plan d'économies "douloureux" mais inefficace sur les déficits publics. Du côté syndical, Force ouvrière critique "une lecture à la serpe, budgétaire et comptable" de la réforme de l'État tandis que la CGT dénonce une "véritable régression des politiques publiques". Du côté patronal, la CGPME est la seule à avoir réagi en saluant le second train de mesures issues de la RGPP (Revue générale des politiques publiques) qui "vont dans le bon sens", mais elle a aussi "souligné la nécessité impérative de parvenir a minima à l'équilibre budgétaire". Qu’en pense les Français et sont-ils prêts à accepter des sacrifices ?

4. Sous les pavés des soixante-huitards !

Comme tous les ans, la nostalgie de mai 68 resurgie. Cette année pourrions fêter cet anniversaire comme il y a 40 ans avec  le même bazar ? Je ne crois pas que l’on puisse revoir ces événements. Certes les écoliers et les étudiants, poussés par des professeurs nostalgiques, rêveraient d’un nouveau mai 68. Mais la conjoncture n’est pas la même. En 1968 nous étions encore dans les 30 glorieuses. La France n’avait pas de déficit, les caisses étaient pleines, il n’y avait pas de chômage, ou si peu, et les gens étaient heureux. Aujourd’hui, les Français sont inquiets et l’avenir est incertain. Certes, les jeunes peuvent mettre un "big bazar", mais je ne pense pas que les salariés suivraient. Cependant si un tel évènement se produisait, ce serait alors la fin d’une France européenne. Nous pourrions alors prendre la tête de l’alliance méditerranéenne en devenant le premier pays en voie de paupérisation !

5. Pourquoi en sommes nous arrivés là !

Quelques exemples vécus durant ma carrière professionnelle. 1. En 1976 lors de mon retour des États-Unis, je me suis inscrit à l’APEC pour rechercher un emploi. Lors d’une visite à ce centre je suis tombé sur deux cadres qui discutaient. L’un expliquait à l’autre qu’il s’était fait licencié avec un package fort confortable : grâce à ses indemnités de chômage, il "s’offrait une année sabbatique", bien évidemment aux frais du contribuable que nous sommes ! A l’époque il y avait moins d’un million de chômeurs et les Assedic avaient beaucoup d’argent. 2. En 1980, étant amené à faire un stage dans une des usines du groupe pour lequel je travaillais, je suis tombé sur une discussion entre un ouvrier et son chef d’équipe : Quand cela t’arrange-t-il que je prenne mon mois de congés maladie, demandait l’ouvrier à son chef. Souvenez-vous, les absences pour maladie étaient remboursées par la sécurité sociale mais la rémunération correspondante n’était pas intégrée dans la base des revenus imposables. Par la suite, oh scandale, le gouvernement modifia la loi pour que cela soit le cas. 3. Un peu après, un collègue de bureau m’expliquait que tous les ans il faisait son calcul avant la fin de l’année pour vérifier si les remboursements de la sécu et de la mutuelle complémentaire étaient supérieurs aux prélèvements qu’il avait eu. Dans le cas ou ils étaient inférieurs, il allait voir un copain médecin pour qu’il lui prescrive des médicaments ! 4. Quel patron n’a pas vécu des maladies fictives de collaborateurs, des absences pour grossesses soit disant difficiles, des congés parentaux non justifiés, etc… Le résultat de tout cela, c’est que quelques personnes indélicates se sont servies du système et que ce sont les premières à crier au scandale lorsque les gouvernements se sont vus obligés d’augmenter les cotisations pour renflouer les caisses archi-vide !! J’appelle cela l’égoïsme individuel et la solidarité inversée. Voila comment nous en sommes arrivés là : CSG, CRDS, augmentation des taux de cotisation, un euro par acte médical, 50 centimes d’euro par boite de médicaments, déremboursement de médicaments, pourquoi pas non remboursement des lunettes, augmentation des impôts, etc., etc., etc., et j’en passe. Chacun d’entre nous est capable de faire l’inventaire de tous ces changements. Sans compter toutes les mesures démagogiques prises par la gauche et qui font le bonheur de tous ceux qui viennent se faire soigner gratuitement en France à NOS frais. Voilà aussi pourquoi la France a ce déficit abyssal de plus 1.200 milliards d’euros. Le gouvernement essaye de renverser la vapeur. Plutôt que de crier au loup et au scandale, pourrions-nous, pour une fois, être responsable et l’aider dans ce travail indispensable mais pas très gratifiant. Mesdames et messieurs de l’opposition, soyez aussi responsables et rangez votre démagogie dans votre poche. Voilà un sujet qui devrait être consensuel pour la droite, le centre et la gauche.

Henri Pauvert.
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