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Publié par Edouard Boulogne

Municipales à Pointe-à-Pitre.


Jabbour-et-Lucette.jpg (Tony Jabbour et L M-C)


Je n'ai guère parlé jusqu'à ce jour des élections municipales, dont la préparation va son train. C'est que la médiocrité y déborde  à gros bouillons.

Ici, les candidats se traitent allégrement  de voleurs , sans reculer devent l'illégalité des moyens au point de provoquer, sur RCI une réaction courroucée, et semble-t-il justifiée, de la grande conscience du grand chroniqueur de cette station dynamique.

Là, un candidat traite son adversaire  principal de "poule", sans redouter - sûrement à tort - l'effet boomerang, pourtant inévitable.

Décourageant!


Je m'attarderai un peu plus longuement sur  la bataille pour Pointe-à-Pitre, à partir de la controverse qui a opposé les concurrents, l'autre soir, sur les antennes de RFO-Guadeloupe.

Elle mettait aux prises  Jacques Bangou, fils du maire sortant, Henri, qui ne se représente pas après un "règne de 45 ans; son très proche  Georges Brédent, gendre du maire, et qui tout comme le beau frère Jacques occupe d'importantes responsabilités à la mairie depuis 12 ans;  l'ancien président du conseil régional Félix Proto; Marlène Mélisse, représentant le parti socialiste, et qui a vécu sans doute plus longtemps sur les bords de la Seine qu'à Pointe-à-Pitre; l'avocat Harry Durimel, représentant le parti des "verts" et qui tente sa chance à P-à-P, après plusieurs échecs cuisants à Morne à l'eau; et un autre avocat , Tony Jabbour, directeur du journal Match, et fils de Camille Jabbour, inégalement regretté . 

Le plateau était prometteur, et un public curieux à défaut d'être passionné attendait le duel.

De l'aveu de beaucoup ce fut une grosse déception.

Au sujet de monsieur Proto, personnalité plutôt sympathique, on juge qu'il  eut été bien inspiré de ne pas mener ce combat de trop . Fatigué, le cher Félix ne l'a pas été seulement sur le plan physique. Il s'est perdu en vaines polémiques, et en distinctions futiles sur la nécessité de ne pas confondre "les transports" et la "circulation" dans notre bonne ville.  Mais d'idées pour résoudre les problèmes de cette circulation, fort embouteillée il est vrai, point! Et puis quelle étrange idée de se faire entourer par une flopée de séparatistes, dont le peuple guadeloupéen a plus d'une fois exprimé, très clairement, qu'il n'en voulait pas. Faute de mieux, sans doute.

Ardente polémiste elle aussi, Marlène Mélisse n'a pas brossé la plus petite esquise d'une esquisse de programme.
Elle fera de la présence. Elle a apporté, tout de même une touche d'élégance et de féminité à cette soirée. Que pour cela, à défaut d'autre chose, elle soit remerciée.

Jacques Bangou et Georges Brédent avaient la tâche difficile après avoir été au pouvoir municipal depuis douze ans, de devoir constater que la ville va mal (délinquance croissante, saleté se généralisant, habitat de plus en plus précaire, circulation (et/ou !) transports cacochymes,etc, etc), et de faire admettre qu'il ne sont pour rien dans ce désastre, sans pour autant se désolidariser de papa (ou de bon papa!), et de se retrouver, en plus, (par quel artifice tactique?)  adversaires.

Il est arrivé qu'on les plaigne sous les piques, les hallebardes de leurs concurrents qui s'en sont donnés à coeur joie.

Reconnaissons qu'ils ont su faire face avec une certaine dignité (Georges, toutefois, plus embarrassé que Jacques. Mais gageons que cela ne suffira pas à convaincre les nombreux mécontents de la gestion municipale finissante).

Harry (Jawad) Durimel s'est montré combatif en diable. Mais il ne suffit pas, par Allah! d'invoquer à tout instant l'écologie pour convaincre les électeurs que vous serez apte à résoudre les carences de gestion dont il souffre.
Sa prestation cependant fut parmi les moins mauvaises.

Tonny Jabbour enfin, qui se prépare depuis des années à une relève nécessaire dans la ville qui fut le phare de la Guadeloupe, parut à la fois combatif (avec mesure) et très habile à analyser les causes du marasme pointois. Les avis que j'ai pu recueillir sur sa prestation ont été assez largement positifs, même si le projet manquait encore mardi, de corps, et de précision sur les remèdes. Mais il est vrai qu'en une heure trente de débat, une fois défalqué le temps inévitablement perdu en polémiques, il n'est pas facile d'être très explicite ( et cela vaut pour les autres autant que pour lui).

De l'avis d'une majorité de mes consultants, il est celui qui a le mieux tiré son épingle du jeu, avec aussi, mais à un degré moindre, Harry Durimel. Pourquoi ces deux confrères ne feraient-ils pas alliance au second tour de l'élection pour faire souffler, enfin, un vent de renouveau sur Pointe-à-Pitre?

Edouard Boulogne.
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