Le Scrutateurest une tribuned'expression de citoyens Français,
d'origine créole, de sensibilité chrétienne, qui se veulentlibres à l'égard des modes, notamment idéologiques. Il se propose de commenter l'actualité sous tous ses
aspects, politiques, philosophiques, religieux, etc. Rédigé en Guadeloupe, sous la direction d'Edouard BOULOGNE, professeur de philosophie, il fait sienne, face aux multiples tentatives de
rabaissement de l'homme, la devise du chevalier de Charette : "Battant souvent, battu parfois, abattu jamais".
"J'ai toujours, devant les yeux, l'image de ma première nuit de vol en Argentine, une nuit sombre où scintllaient seules, comme des étoiles, les rares lumières
éparses dans la plaine.
Chacune signalait, dans cet océan de ténèbres, le miracle d'une conscience. Dans ce foyer, on lisait, on réfléchissait, on poursuivait des confidences. Dans cet autre, peut-être, on cherchait
à sonder l'espace, on s'usait en calculs sur la nébuleuse d'Andromède. Là, on aimait. De loin en loin luisaient ces feux dans la campagne qui réclamaient leur nourriture. Jusqu'aux plus
discrets, celui du poète, de l'instituteur, du charpentier. Mais parmi ces étoiles vivantes, combien, combien de fenêtres fermées, combien d'étoiles éteintes, combien d'hommes endormis...
Il faut bien tenter de se rejoindre. Il faut bien essayer de communiquer avec quelques-uns de ces feux qui brûlent de loin en loin dans la campagne".
Antoine de saint-Exupéry.
" Le philosophe est celui qui ayant scruté la profonde détresse de la conscience humaine, s'efforce, de la
panser, d'une main lente et douce".
:
Blog destiné à commenter l'actualité, politique, économique, culturelle, sportive, etc, dans un esprit de critique philosophique, d'esprit chrétien et français.La collaboration des lecteurs est souhaitée, de même que la courtoisie, et l'esprit de tolérance.
Vers la mort de Pointe-à-Pitre?
( Mairie de Pointe-à-Pitre, vue de nuit).
Le conseiller municipal (d'opposition), monsieur Louis Dessout, nous communique ce tableau de...
C'est la Saint Edouard!
Bien que tous les Edouard ne soient pas de petits saints, il y eut pas mal de St-Edouard. Le plus célèbre fut
Edouard le Confesseur,...
Prenons garde à l'hypnose!
( Le développement prodigieux des médias donne l'impression, aujourd'hui, à beaucoup que l'on est bien plus au
courant que jadis des...
Je ne ferai pas d'analyse politique aujourd'hui. Pas celle de l'allocution du Président de la République, qui n'a
pas encore été prononcée d'ailleurs,...
Cette chrestomatie (ou anthologie) s'enrichit progressivement. Ceux qui s'y intéressent peuvent donc périodiquement venir la consulter, pour prendre connaissance des mises à
jour.
J :
Jansénisme :
(1974) Jansénisme:
Pascal.jpg(Ci-contre, portrait de Blaise Pascal, qui prit partie avec passion et génie dans la querelle du Jansénisme, sans en être le représentant typique).
"Le Jansénisme, dans ce XVII' siècle secoué par la renaissance catholique consécutive à la Réforme, n'a rien d'un épiphénomène. Tout au contraire. Et les deux visages qui sont les siens
nous apparaissent comme très significatifs : 1°) Le visage historique du Jansénisme. C'est celui que nous offre la doctrine théologique que Jansénius, évêque d'Ypres (1585-1636) exposa dans l'Augustinus (publié de façon posthume en 1640). Il faut remonter loin dans l'histoire de la religion chrétienne pour en com-prendre le sens. Depuis le Ve siècle, saint Augustin était considéré comme le porte-parole de l'orthodoxie
catholique et l'essentiel de sa doctrine était que, précisant les relations entre la liberté humaine et la grâce, elle rejetait les thèses païennes du pélaganisme qui admettaient que l'homme, par
ses seuls pouvoirs naturels, pou-vait fort bien réaliser son salut. Ainsi l'Augustinisme soulignait-il la petitesse de l'homme devant Dieu et sa totale dépendance à l'égard du Souverain Créateur.
Au XIIIe siècle, saint Thomas s'était efforcé d'assurer cette doctrine sur des bases rationnelles, ce qui ne la modifiait pas au fond. Mais, en 1588, le Père jésuite espagnol, Molina, entendit
assouplir ces thèses. Obéissant aux préoccupations hu-manistes, sinon mondaines, de son Ordre, il en vint à atténuer considérablement la portée de la grâce pour exalter les possibilités propres
de l'homme puisque, selon lui, la prédestination n'existe qu' « en prévision des mérites ». De surcroît, Molina, par l'idée de la « grâce suffisante », affirmait que, sans doute, l'homme pouvait
accomplir le bien sans le secours de Dieu ; que ce secours, Dieu l'accorde bien à l'homme, mais que l'homme est libre d'en user ou de n'en pas user. Il était donc clair que Molina introduisait
dans la théologie une dimension humaniste contre laquelle l'orthodoxie se rebella. Ce fut l’Augustinus — dans lequel, par une ironie du sort, certains ne manquèrent pas de voir une hérésie
! Jansénius, puis bientôt le Grand Arnauld (1612-1694), puis les solitaires de Port Royal, résumaient leur doctrine en quatre points essentiels : a) La grâce n'est pas accordée à tous les hommes ; b) Depuis le péché originel, la volonté de l'homme, par elle-même, n'est capable que du mal ; seuls, les justes savent respecter les commandements divins ; c) Mais, pour entendre et, surtout pour accomplir ces commandements, la grâce efficace que Dieu accorde aux justes est nécessaire ; dans leurs actions, comme dans leurs prières, c'est
elle qui, irrésistiblement, mais nécessairement, détermine leur vouloir ; d) Enfin, cette grâce efficace, qui fait préférer la joie céleste aux plaisirs terrestres, est tributaire de la miséricorde divine. La querelle, aussitôt, éclata entre les Jésuites, prenant parti pour Molina, et les Jansénistes pour qui, désormais, le Grand Arnauld prend la tête du combat. La Sorbonne et Rome prennent
position en l'affaire, condamnent le Jansénisme et jet-tent l'anathème sur le livre de Jansénius. Alors commence une seconde période du Jansénisme. Arnauld est contraint de s'exiler aux Pays-Bas où, à la fin du siècle, l'Oratorien Quesnel donna une nouvelle impulsion au Jansénisme au
point que l'on a pu parler d'un « second jansénisme » dans lequel les aspects politiques de l'affaire se mêlent aux problèmes religieux. Louis XIV ayant vu dans le Jansénisme l'ennemi de
l'absolutisme, demanda lui-même à la Papauté d'intervenir : ce fut la célèbre Bulle Unigenitus de 1713 dont le Cardinal Fleury, en 1730, fit une loi d'Etat. Officiellement, le Jansénisme
connais-sait une défaite.
2°) Le visage philosophique du Jansénisme. L'on sait que, en cette brûlante querelle, Pascal prit parti pour le Jansénisme. Ses Provinciales — les dix-huit « petites lettres » qui firent tant de bruit —, à elles seules, sont une
profession de foi dirigée contre les Jésuites. Il ne saurait être question, ici, de « résumer » un texte que le génie et la passion de Pascal ont si profondément marqué, un texte aussi qui
déclencha tant de soubresauts parmi le public érudit du temps. Contentons-nous de dire que Pascal entend montrer que, loin de l'hérésie dont on l'accuse avec violence, le Jansénisme se situe au
contraire dans la veine augustinienne la plus pure. Mais, surtout, par-delà la que-relle du dogme, c'est sur le terrain de la morale que Pascal entend se situer. A travers la polémique et
l'ironie sombre dont il a le secret, c'est bien la morale des Jésuites qui est visée et atteinte : leur casuistique ne serait-elle pas l'instru-ment d'un moralité dégénérescente, un pacte signé
tacitement avec les faiblesses de l'humanité ? et la direction d'intention ne serait-elle pas le masque de l'hypo-crisie et du pharisaïsme ? Les « impostures » et les « calomnies » des Jésuites,
finalement, sont légion... Il est donc bien clair que la querelle théologique se double d'une dispute dont le centre est la conception morale de l'homme et, aussi, de l'Eglise : d'un côté, le rigorisme janséniste,
de l'autre, le laxisme jésuite. Même si Pascal — et cela est indiscutable — n'est pas un juge impartial, il a eu raison de situer le débat sur le terrain de la morale bien plus encore que sur le
terrain des dogmes. En fait, le problème est plus profond et plus complexe encore. Aujourd'hui, M.L. Cognet (Le Jansénisme, Paris, 1961) montre les aspects politiques que re-vêtit la querelle : « Ayant pour
objectif, écrit-il, le triomphe du catholicisme en Europe, ce groupe (le jansénisme) devait fatalement s'opposer à l'absolutisme mo-narchique de Richelieu puis de Mazarin et de Louis XIV, ce qui
explique l'anti-jansénisme des milieux officiels français ». De son côté, M.P. Chaunu (Jansénisme et frontière de catholicité, in Revue historique n° 228, 1962) souligne l'importance des rapports
entre la pratique religieuse et la diffusion des thèses théologiques ins-pirées de l'orthodoxie augustinienne. Le problème est donc pour lui bien au-delà d'un simple débat sur les dogmes : il
s'agit d'un problème éthique, d'un problème de civilisation et de culture".
Simone Goyard-Fabre. (In « La philosophie des lumières en France », pp 43-44. Librairie C. Klincksieck).
sebastien fohrer manufacture d orgues de guadeloupe
Texte libre
"Vide est le discours de ce philosophe par qui aucun mal n'est soigné
chez l'homme. En effet, de même que la médecine n'est d'aucune utilité si elle ne chasse les maladies du corps, de même la philosophie n'est pas non plus utile, si elle ne chasse pas le mal de
l'âme".
Commentaires