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Publié par Edouard Boulogne

 

La Chrestomathie du Scrutateur (L).

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L    :

(1995) : Lanterne : "Avant de chercher l'homme, il faut avoir trouvé la lanterne".

Nietzsche.

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(Lecture)  : (voir Livre, Lecteur, Lire, etc) :

(1962) : Lecteur  : Le-lecteur.JPG(Le lecteur. Gravure anonyme).  "Je ne cesse de répondre qu'il faut bénir les auteurs difficiles de notre temps. S'ils se forment quelques lecteurs, ce n'est pas seulement pour leur usage. Ils les rendent du même coup à Montaigne, à Descartes, à Bossuet, et à quelques autres qui valent peut-être encore d'être lus. Tous ces grands hommes parlent abstraitement; ils raisonnent; ils approfondissent; ils déssinent d'une seule phrase tout le corps d'une pensée achevée. Ils ne craignent pas le lecteur, ils ne mesurent pas leur peine, ni la sienne. Encore un peu de temps, et nous ne les comprendrons plus".

Paul Valéry.

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(1964) : Lecture :  "Pour élever la lecture à la hauteur d'un art, il faut posséder avant tout une faculté qu'on a précisément le mieux oubliée aujourd'hui - et c'est pourquoi il s'écoulera encore du temps avant que mes écrits soient "lisibles" - une faculté qui exigerait presque que l'on ait la nature d'une vache et non point, en tous les cas celle d'un "homme moderne"; j'entends la faculté de ruminer".

Frédéric Nietzsche.

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( 2015 ) : Libéralisme et droit :

 

"[...] La plupart des libéraux s'accordent avec la tradition occidentale issue de la philosophie grecque pour dire qu'il existe une rationalité morale et que le bien et le mal ne sont pas des notions arbitraires, relatives à l'opinion ou à l'époque. Ainsi le vol détruit le principe de la propriété, fondée sur le travail c'est-à-dire sur le libre exercice de nos facultés.
Pour les libéraux, à la différence des socialistes, il existe donc un droit antérieur à la formation de l'État, un ensemble de principes généraux que la raison peut énoncer en étudiant la nature de l'homme. Ce droit s'impose au pouvoir, qui doit dès lors le respecter. Les lois édictées par l'autorité politique n'ont force obligatoire que selon leur conformité au droit naturel. Et si les citoyens possèdent par nature certains droits fondamentaux, ces droits ne peuvent être ni octroyés, ni supprimés par la loi.
Mais le libéralisme, contrairement au socialisme, n'a jamais eu la prétention d'être une théorie morale complète, ni une philosophie de la vie ou du bonheur. Guillaume Bernard se trompe en affirmant que « le libéralisme est un tout », c'est-à-dire une sagesse globale. Il est seulement une théorie politique, incluant une morale politique, qui traite du rôle de la violence et des limites du pouvoir. Puisque les hommes ont des penchants criminels (ce qui rejoint l'idée chrétienne de péché), il faut les empêcher de nuire. Mais il est également nécessaire de limiter le pouvoir et d'empêcher la tyrannie. Si tous les hommes étaient bons, l'État serait superflu. Mais si, à l'inverse, comme le reconnaissent les libéraux et les conservateurs, les hommes sont souvent malveillants, alors on doit supposer que les agents de l'État eux-mêmes, qui détiennent le monopole de la violence, constituent une menace potentielle. C'est Locke contre Hobbes, Constant contre Rousseau.
Par conséquent, ce qu'un individu n'a pas le droit de faire : voler, menacer, tuer, un État n'a pas le droit non plus de le faire. Si le fait de spolier autrui est immoral pour un individu, cela vaut également pour ceux qui exercent l'autorité politique. Les libéraux pensent que le commandement biblique « Tu ne voleras pas » s'applique à tous sans exception. Il s'agit d'une éthique universelle qui s'applique également aux institutions sociales. Un vol reste un vol, même s'il est légal.
Il faut également entendre la défense libérale de l'individu en ce sens que celui-ci est le seul agent moral. Les notions de bien et de mal moral, de droits et de devoirs n'ont de sens que pour des personnes singulières, non pour des collectivités abstraites. Seul l'individu humain agit, pense, choisit, seul il est sujet de droit. Ainsi parler de « droits des homosexuels » n'a pas de sens, pas plus que de parler de « droits des catholiques ». L'égalité des droits ne peut être fondée que sur l'appartenance à l'espèce humaine et non sur l'appartenance à une communauté ou à un groupe collectif.
Enfin et surtout, il n'est pas possible de comprendre l'essence de la philosophie politique libérale, si on ne comprend pas qu'elle a toujours été historiquement définie par une rébellion authentique contre l'immoralité de la violence étatique, contre l'injustice de la spoliation légale et du monopole éducatif ou culturel.
Mais ce qui différencie les libéraux des utopistes c'est qu'ils n'ont pas pour but de remodeler la nature humaine. Le libéralisme est une philosophie politique qui affirme que, en vertu de la nature humaine, un système politique à la fois moral et efficace ne peut être fondé que sur la liberté et la responsabilité. Une société libre, ne mettant pas de moyens légaux à disposition des hommes pour commettre des exactions, décourage les tendances criminelles de la nature humaine et encourage les échanges pacifiques et volontaires. La liberté et l'économie de marché découragent le racket et encourage les bénéfices mutuels des échanges volontaires, qu'ils soient économiques, sociaux ou culturels.
Quiconque a lu un peu les libéraux, anciens ou modernes, Turgot, Say, Bastiat, Mises ou Hayek, sait en effet, que pour eux 1° l'intérêt personnel ne peut se déployer librement que dans les limites de la justice naturelle et 2° le droit ne se décide pas en vertu d'un contrat, mais se découvre dans la nature même de l'homme, animal social, doué de raison et de volonté. On est alors très loin de la caricature donnée par l'article de Guillaume Bernard. [...]
En conclusion, l'égoïsme n'est pas dans le libéralisme, comme semble le croire Guillaume Bernard, il est dans la nature humaine. Le libéralisme explique seulement que l'intérêt personnel, canalisé par le droit, peut servir le bien commun de façon plus efficace et plus juste que la contrainte de la loi. En effet, le principe qui a été découvert progressivement au cours de l'histoire occidentale et qui a été mis en lumière par les penseurs libéraux classiques, c'est que la liberté individuelle est créatrice d'ordre, mieux que n'importe quelle solution bureaucratique imposée d'en haut par la coercition. Et cela est vrai, non seulement sur le plan politique mais aussi sur le plan économique. L'allocation des ressources par le libre jeu de l'offre et la demande est la réponse la plus productive et la plus efficace aux besoins humains. Mais c'est aussi le seul système économique compatible avec une vision morale et religieuse de l'homme, fondée sur le droit naturel, c'est-à-dire sur l'idée que les gens ont, par définition, du fait même de leur présence sur terre, des droits qu'il est immoral et injuste pour quiconque de violer. [...]"

 



Liberté  :


Licence  (mère de tyrannie)

Lorsqu'un Etat démocratique dévoré d'une soif ardente de liberté,est gouverné par de mauvais échansons qui la lui versent toute pure et la lui font boire jusqu'à l'ivresse,alors,si les gouvernants ne portent pas la complaisance jusqu'à lui donner de la liberté tant qu'il veut, il les accuse et les châtie sous prétexte que ce sont des traîtres qui aspirent à l'oligarchie. Il traite avec le dernier mépris ceux qui ont encore du respect et de la soumission pour les magistrats; il leur reproche qu'ils sont des gens de rien,des esclaves volontaires(.....). Se peut-il que dans un pareil Etat la liberté ne s'étende pas à tout? L'esprit de liberté pénètre dans l'intérieur des familles,les pères s'accoutumant à traiter leurs enfants comme leurs égaux,et même à les craindre,les enfants s'égalant à leurs pères et n'ayant pour eux ni crainte ni respect. Il pénètre dans l'éducation, les maîtres craignant et ménageant leurs disciples, et ceux-ci se moquant de leurs maîtres et de leurs gouverneurs. Il s'étend aux relations de mari à femme et de femme à époux. Il s'étend en vérité jusqu'aux animaux : les chevaux et les ânes accoutumés à marcher tête levée et sans se gêner heurtent tous ceux qu'ils rencontrent si on ne leur cède le passage.

 

PLATON.

 

 





(1997) : Lire :  " Bien lire, c'est répondre au texte, être comptable envers le texte - attitude dont la réponse et la responsabilité sont des éléments cruciaux. Bien lire, c'est s'engager dans une relation de réciprocitécomptable avec le livre lu, c'est s'embarquer dans un échange total ("mûr pour le commerce", comme dit Geoffrey Hill)."

Georges Steiner.

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Lucidité : (1970) : "Un homme était d'un parti. Mais par une étrangeté malicieuse de sa nature, il lui venait sans cesse à l'esprit les traits les plus perçants et les plus justes contre ce parti qui était le sien".

Paul Valéry.

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Lucidité : (1970) : "Rien ne rend un homme plus redoutable, plus implacable, plus ..... que la faculté de voir les choses...telles qu'elles sont".

Paul Valéry.

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(1966) : Lucidité : "Je vois d'autant moins un être que j'en suis plus obsédé, car mon obsession tend à se substituer à lui. Il faut ajouter que cette obsession elle-même est d'autant plus tyrannique que je prétends davantage le posséder, le monopoliser, que je m'attache plus obstinément à rompre tous les liens qui l'unissent aux autres êtres, dans l'espoir de le rendre totalement mien. C'est l'illusion d'Arnophe, (lire L'école des femmes, de Molière. Note du Scrutateur) et on peut se demander si Molière n'a pas ici devancé et dépassé Proust. de deux choses l'une : mis en présence de cette volonté d'accaparement, l'autre, ou bien échappe par la fuite ou le mensonge, ou bien  se dénature et s'anéantit; dans l'un et l'autre cas, par une dialectique inexorable, l'amour parce qu'il a manqué à sa mission, parce qu'il s'est perverti, consomme sa propre perte".

Gabriel Marcel.

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