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Publié par Edouard Boulogne

Une semaine à la loupe.

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1. Rupture du contrat de travail : ce qui va changer !


Pour échapper aux licenciements et aux contentieux prudhommaux, le patronat a convaincu la majorité des syndicats d'adopter une nouvelle trouvaille baptisée : "la rupture conventionnelle". L’employeur et le salarié pourront signer une convention de "divorce à l'amiable". Le salarié disposera de quinze jours pour se rétracter, puis le directeur départemental du travail disposera de quinze jours pour homologuer l'accord, son silence vaudra homologation à défaut de réponse dans le délai imparti. Le salarié volontaire au départ pourra lui aussi bénéficier d'une indemnité de rupture et percevoir l'assurance chômage. C’est la fin d'une hypocrisie car le plus souvent on conseillait de construire un licenciement de toute pièce, puis de signer une transaction pour obtenir des indemnités. Les autres grands points de l'accord sont : 1. Un CDD à objet défini pour les cadres et ingénieurs d'une durée de dix huit à trente six mois, conclu pour la réalisation d'une mission précise. 2.  Une période d'essai interprofessionnelle renouvelable une fois : de un à deux mois au maximum pour les ouvriers et les employés, de deux à trois mois pour les agents de maîtrise et les techniciens et de trois à quatre mois pour les cadres. 3.  La portabilité de certains droits, comme le DIF (droit Individuel à la Formation) pendant la période de chômage, puis, si le nouvel employeur l'accepte, pendant les deux ans qui suivent le recrutement. 4. Le salarié gardera le bénéfice de sa complémentaire santé et de prévoyance pendant au moins trois mois et au plus un tiers de la durée de son droit à l'indemnisation chômage. Le chômeur et son ancien employeur continueront à financer ces garanties dans les mêmes conditions. On parle d'un accord de "flex-sécurité" à la française mais, en réalité, c'est du "flex-flex" avec une pincée de sécurité et des difficultés de financement pour les Assedic !

2. Que de rejets d’énergie !

L’Europe de l’énergie doit réduire de 20% ses rejets de gaz carbonique d’ici à 2020. Elle doit se diversifier très rapidement, dans la biomasse, l’éolien et les carburants verts. Les états européens doivent séparer la production et la distribution d’énergie, pour y développer la concurrence. L’Europe doit aussi améliorer son efficacité énergétique en favorisant des appareils électriques moins gourmands, des transports collectifs ou la voiture propre. La Commission Européenne a aussi brisé le tabou du nucléaire, ce qui est très nouveau. Jusqu’à maintenant, le mot "nucléaire" était un mot imprononçable à Bruxelles, à proscrire du vocabulaire. C’est un changement important car pour la première fois, Bruxelles accepte de plaider, auprès des pays membres, en faveur d’un développement raisonné de l’énergie nucléaire. Pas de doute, l’énergie, on en reparlera certainement encore beaucoup dans les prochains mois !

3. Haro sur le Yo-yo !

En 2006, le déficit budgétaire de la France a été autour de quarante milliards d’euros, soit moins que la gauche lorsqu’elle a quitté le gouvernement en 2002, c’est-à-dire plus de quarante neuf milliards d'euros de déficit budgétaire ! Au dire de la gauche, en 6 ans, la droite n’a rien fait. Mais la politique d’un pays ne se joue pas avec un Yo-Yo. Il faut une certaine continuité pour arriver à obtenir des résultats positifs, notamment dans le domaine de la réduction du déficit abyssal de notre pays. Certes la conjoncture internationale n’est pas bonne, moins bonne que du temps de Jospin. On aimerait que la gauche soit un peu moins sectaire !

4. La particularité du socialisme français.

Le Parti socialiste a pu gouverner pendant des années grâce à la constitution de la Ve République. Ce régime, aujourd'hui tant décrié, a la particularité de servir de puissant levier de changement à qui sait s'en servir. Le premier à l'avoir compris a été François Mitterrand qui, en 1971, était parvenu à transformer la SFIO moribonde en un parti de conquête en s'appuyant sur la présidentialisation du régime. Ce "non-socialiste" d'origine s'était appuyé sur la complicité interne d'un certain nombre de responsables SFIO, comme Pierre Mauroy, pour obliger le vieux parti à élargir son assise, à s'ouvrir à de nouveaux thèmes et à de nouveaux courants et à préparer la conquête du pouvoir. Il l’a fait sans pour autant abandonner sa posture révolutionnaire, ce qui a été par la suite source de très graves difficultés que ses "enfants" qui n’arrivent pas à réitérer son exploit.

5. Le mythe de Sisyphe !


"Etre socialiste, c'est apporter la garantie permanente du refus des inégalités", avait lancé Ségolène Royal lors de sa campagne aux présidentielles. "On nous dit que ce n'est plus l'Etat providence mais l'Etat minimal qui serait dans le sens de l'histoire, je crois, moi, tout le contraire" avait-elle ajouté. Elle aimerait conquérir le parti pour "unir toute la gauche dans sa diversité" et ainsi gravir la montagne du pouvoir. Gageons que ses "amis" et la majorité UMP ne lui feront pas de cadeaux. Au contraire de Sisyphe, sera-t-elle capable de monter le rocher socialiste en haut de la montagne jusqu'à la victoire, sans avoir à s’y prendre plusieurs fois ?

6. L’extrême centre de Bayrou.

François Bayrou est en train d'inventer l'extrême centre, un objet politique mal identifié. Le trublion de la dernière présidentielle, président du MoDem est "extrémiste" par la pugnacité et l'agressivité de ses interventions. Il bouscule les présentateurs vedettes des journaux télévisés d’un verbe passionné et embrase les meetings. Son extrémisme se manifeste dans les thèmes qu'il enfourche en utilisant, avec un aplomb qu'il faut saluer, le schéma toujours efficace des "petits" contre les "grands", des "puissances d'argent" associées aux "puissances médiatiques". Par un habile glissement de sens, il transpose dans le registre social son image de troisième homme du combat électoral, en déclarant incarner le "tiers état". Accessoirement, ses charges contre les médias lui valent d'y être très présent, les rédactions ne voulant pas être soupçonnées du parti-pris dont il les accuse. Extrême dans ses propos, mais centriste tout de même, François Bayrou ne se déchaîne que sur des thèmes consensuels : L'écologie, la dette publique, une "République honnête" contre l'"Etat dévoyé", etc. Enfin il se garde bien d'attaquer "les riches", comme l’avait le premier secrétaire du parti socialiste. Avec ce positionnement volontairement flou, à qui prend-il des voix ? A part un petit fond d'électeurs centristes que son nouveau look n'effarouche pas, il mord vraisemblablement un petit peu sur la droite mais surtout sur la gauche qui a déjà fort à faire ses problèmes internes et l’ouverture de Nicolas Sarkozy !

Henri Pauvert.
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