Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Pages

Archives

Publié par Edouard Boulogne

Courte adresse au Président Sarkozy !

undefined



Mon cher président,

    Je suis de ces 22% de Français qui n’ont voté pour vous qu’au deuxième tour de l’élection présidentielle.
Au premier tour j’ai choisi le candidat qui me paraissait le moins mauvais. Au deuxième j’ai éliminé celui (celle en l’occurrence) qui me paraissait le « pire », toutes choses égales, bien entendu.
En d’autres termes je ne suis pas de ceux que l’on appelle « les sarkozistes ».
Mais j’appréciais votre dynamisme, votre incontestable brio, et que dans votre programme vous n’hésitiez pas pour caractériser la France, à ne pas vous référer qu’aux seuls Jaurès, Blum ou Mendès-France,- qui font certes partie de notre histoire et sont des références pour beaucoup d’entre nous- mais aussi à Saint Louis, à Jeanne d’Arc, à Henri IV, à Péguy (vous n’êtes pas allé jusqu’à Maurras).
J’ai aimé, que dans une période où l’anti-catholicisme primaire est devenu une sorte de règle et de sport dans certains milieux influents, vous vous soyiez affirmé chrétien, même de pratique intermittente.
Plus récemment, lors de votre visite au Vatican, j’ai jugé positivement vos piques contre un laïcisme de combat, et que vous ayiez préconisé  au contraire une saine laïcité dont le christianisme est d’ailleurs l’inventeur : « rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu ».
Avec d’autres, et finalement une assez confortable majorité de Français, j’ai estimé qu’il était temps de rompre avec l’idéologie du socialisme rampant qui stérilise la France depuis bientôt trente ans, et pas seulement sur le plan économique.
Dans votre conférence de presse d’avant hier, je n’ai pas été choqué de vous entendre exprimer votre impuissance à résoudre immédiatement le problème du pouvoir d’achat, alors que les caisses de l’Etat sont vides, et que, tout de même, vous n’êtes pas l’auteur, pas le principal en tout cas, de cette quasi faillite.
Certes vos promesses allaient en sens contraire, et vous aviez promis d’aller « chercher la croissance avec les dents ».
Mais la France est une vieille nation, saturée d’histoire comme de Gaulle aimait à dire. Et l’immense majorité des Français savent bien ce que c’est qu’une campagne électorale. Ils ne sont pas totalement ignorants de la vacuité des hommes et des idées qui s’opposaient à vous l’année dernière, et qui malgré les facilités qu’offre l’opposition ne sont même pas capables, aujourd’hui, de s’unir contre vous, j’entends sur des idées, des valeurs, un programme cohérent.
Nous savions bien qu’il faudrait du temps pour mettre au pas les féodalités parasites qui vident la France de sa substance.
Bref, nous étions prêts à l’indulgence. Depuis huit mois d’ailleurs, je n’ai guère parlé de votre action, ni en bien, ni en mal, préférant donner du temps au temps, comme disait l’autre.
Pourtant, mon cher président, je voudrais vous inviter à prendre garde, car je commence à sentir se lever les effluves d’un vent mauvais.
Il faut prendre garde à ne pas dresser contre soi ceux qui vous ont fait roi, en l’espèce ses propres électeurs, son électorat « naturel » .
Or ceux-ci, et moi-même commencent à regimber.
Le recours à des personnalités, dite de gauche, ne me paraît pas, en soi, rédhibitoire. On connaît le propos fameux d’un roi de France, à l’adresse de ceux qui avaient cru le prendre dans les rets de leurs intérêts particuliers quand il était dauphin : «le roi de France ne connaît pas les dettes du duc d’Orléans » ! La cinquième République, telle que l’avait pensée et voulue Charles de Gaulle, prétend faire du chef de l’Etat le président de tous les Français.
Que donc, dans une perspective d’union nationale et de réconciliation, il puisse être fait appel à des personnalités du camp d’en face, pour diriger, dès lors qu’elle ont de la compétence, et que leur idéologie n’est pas incompatible avec les intérêts fondamentaux de la nation, me paraît tout à fait acceptable. (Mais tout de même : Attali ! ! ! hélas ! et dit-on, pour bientôt Jack Lang ! ! ! holà ! ! !).

C’est sur un autre plan que je renâcle, et point seul, de moins en moins seul.  
Je vous reproche de ne pas incarner la fonction présidentielle comme il convient à un vieux et grand pays comme la France.
Trop d’agitation, d’interventions au sommet qui pouvaient être  menées, avec efficacité, par les échelons subalternes, par les ministres et le premier d’entre eux, dont c’est d’ailleurs la fonction.
Trop de fébrilité dans l’action, digne d’un de Funès, survolté, effervescent, mais qui jouait, lui, son rôle d’histrion, sans conséquences d’aucune sorte, pour la France, après la prise de vue.
Trop de légèreté aussi sur des questions graves, comme celles de votre divorce récent, ou de votre remariage prochain.
Ne me dites pas qu’il s’agit de votre vie privée. Ou alors, il ne fallait pas aspirer à la fonction suprême, car la vie privée des « rois » est par sa nature, depuis toujours, des plus restreintes.
Votre conférence de presse d’avant hier m’inquiète. Certes la forme est toujours excellente, le brio au rendez-vous.
Mais le contenu !

C-Bruni.jpeg (Carla Bruni).

Vous interroge-t-on sur votre nouvelle amie Carla Bruni ? Que répondez vous ? Qu’amour il y a, que c’est du « sérieux » ? Que mariage, il y aura, et que lorsqu’il sera fait  nul n’en aura rien su. Vous reprochez à ceux qui vous questionnent à ce sujet de s’opposer au bonheur de ceux qui gouvernent. Vous contre-attaquez en évoquant l’hypocrisie de ceux qui s’intéressent à la question ?
Est-ce bien sérieux ? Et oubliez-vous que « l’hypocrisie est un hommage que le vice rend à la vertu » ?
Au fait monsieur le président pourquoi ne feriez-vous pas une petite cure de célibat ? Peut-être la place de première « dame » de France pourrait-elle être utilement vacante pour la France pendant quelques temps plutôt que d’être mal occupée.
La France, tout de même, n’est pas la principauté de Monaco !
On ne vous demanderait d’ailleurs pas l’impossible, le jeûne et l’abstinence qui ne semblent pas être, pour vous, la voie la plus facile.
Après tout, ni nos récents présidents, ni les rois plus anciens, Henri IV ou Louis XIV, pour nous en tenir aux figures les plus emblématiques, ne furent de petits saints. Et chacun d’entre nous ...n’est-ce pas !
« Le juste lui-même péchera soixante dix-sept fois sept fois, par jour ».
Nous pouvons faire la part du feu.
Madame Carla Bruni pourrait être votre maîtresse, votre compagne d’une pénombre plus ou moins préservée. Les Français feraient la part des choses.

Mais Carla, « reine » de France ?  Fi !

C’est bien cette dame que vous ne connaissiez pas encore il y a cinq mois qui déclarait à la même époque au journal Figaro-Madame : « Je suis une amadoueuse, une chatte, une Italienne. J’aime projeter la féminité la plus classique : la douceur, le “charmage”, la “charmitude”, comme pourrait dire Ségolène (elle rit). Mais je ne suis pas née comme ça : ce sont des vides que j’ai remplis. Je crois qu’il y a deux discours dans la séduction : d’une part, le charme de la parole, reliée à la pensée, l’intelligence, la culture. D’autre part, un discours en dessous, relié aux phéromones. C’est celui-ci qui m’intéresse. C’est aussi le discours de la musique. J’y suis extrêmement sensible. ».
« Reliée aux phéromones », vraiment ! quelle élégance !
 Dans le même journal, à la même date, questionnée sur la monogamie, voici la réponse de Carla :  « Je suis fidèle… à moi-même ! (Elle rit.) Je m’ennuie follement dans la monogamie, même si mon désir et mon temps peuvent être reliés à quelqu’un et que je ne nie pas le caractère merveilleux du développement d’une intimité. Je suis monogame de temps en temps mais je préfère la polygamie et la polyandrie. L’amour dure longtemps, mais le désir brûlant, deux à trois semaines. Après ça, il peut toujours renaître de ses cendres mais quand même : une fois que le désir est appliqué, satisfait, comblé, il se transforme. Le pauvre, qu’est-ce que vous voulez qu’il fasse ? Moi, je ne cherche pas particulièrement l’établissement des choses : l’amour et le couple ne me rassurent pas ».
Curieuse première dame, vraiment (si la chose devait se faire) !
Au moment où la famille éclate, (un mariage sur trois de ceux qui ont été conclus, aujourd’hui, à Paris, sera dissous dans trois ans, selon une enquête du Figaro), où les enfants subissent les effets de ces dissolutions, et partent à la dérive, quel discours pourrait tenir un chef de l’Etat qui s’abandonnerait, comme vous, à la dérive dont je parle ?
En veut-on à votre bonheur ? Que non ! Et d’ailleurs qu’est-ce que le bonheur ? Tout le monde en parle, mais les esprits les plus aigus peinent à répondre.
L’argent y contribue dit-on, mais chacun sait qu’il n’en est pas la cause, et tant de gens de la « jet set » se shootent à l’héroïne en mourant d’ennui dans des palaces de luxe.
La santé ? Certes ! Mais condition non suffisante.
La culture ? Ce serait trop beau, Et Schopenhauer, ou Sartre, pour ne parler que des célébrités sont des contre-exemples de poids.
Le vieil Anchise père d’Enée avait plus de bon sens en disant à son fils : « Fils, je te lègue l’endurance, le courage vertu qui ne ment pas. D’autres t’enseigneront le bonheur ».

undefined  (Le général de Gaulle en visite officielle en Guadeloupe, en 1963, en compagnie, me semble-t-il, du général Dardet).


Ecoutez, méditez cet héritage venu du fond de notre civilisation. Puisque ce sujet vous intéresse, autant chercher des assises solides.
Un jour, à la télévision, en attendant que les techniciens qui s’affairaient avant que ne commence une émission de télévision, un journaliste, pour faire patienter de Gaulle qui devait prendre la parole lui demanda : « mon général, êtes-vous heureux ? ». –« Me prenez-vous pour un con? », cingla le général.
Cette historiette suffit à faire entrevoir la pente abyssale descendue dans la vie publique depuis  de Gaulle jusqu’ aujourd’hui !
Le bonheur, état intermittent par excellence, n’a de sens, qu’en terme de finalité.
C’est par la fin, le but, que l’on poursuit, personne privée ou publique, et le degré de réalisation de l’idéal, que la notion de bonheur peut prendre quelque sens.
Si l’on s’est donnée pour fin de soulager la souffrance des hommes, une mère Thérésa peut être plus heureuse, à de certains moments, que les étoiles de la jet set. Et nous savons, pourtant, que son bonheur, sans cesse remis en question, fut bien intermittent. Du moins sa vie eut-elle du sens. Rappelez-vous le Moïse de Vigny : « Seigneur, vous m’avez fait puissant et solitaire, laissez-moi m’endormir du sommeil de la terre ».

Plus haut, moi, simple citoyen, qui n’a pas le tutoiement facile, qui n’apprécie que la familiarité qui se justifie, je vous ai donné du « mon cher président ».
Trop ! C’est trop, j’en conviens ! Mais le respect se mérite.
La Bruyère disait que « le caractère des Français demande du sérieux dans le souverain ».
Puissiez-vous entendre la leçon, venant d’un électeur qui n’est pas votre ennemi.
Sinon, les catholiques français, pour ne parler que d’eux, pourraient prendre conscience qu’il y a quelque hiatus entre votre discours au Vatican, de chanoine du Latran, et votre comportement quotidien.
Il suffirait que 10% de ces gens là s’abstiennent aux prochaines élections. Et alors ! ! !

Que le pouvoir ne vous enivre pas ! Lors du couronnement des empereurs romains au milieu des acclamations et des vapeurs d’encens, un prêtre, à chaque étape du rituel, répétait « Souviens toi que tu n’es qu’un homme » !
Tel est le sens de ma lettre, monsieur le président.
Et, pour la France, bonne année !


Edouard Boulogne.




Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

FX 16/01/2008 16:31

Voilà un papier qui crée du débat ! Et toujours en verve, Ed ! (pour parler comme à l'Elysée)

joyeux raymond 13/01/2008 18:13

Analyse et réflexion pertinentes et courageuses face à une situation inédite et abracadabrantesque (comme diraient Rimbaud et Chirac réunis). Ma belle-mère, ultra catho, regrette déjà son vote et pense sérieusement à tourner son corsage... Je n'ose imaginer ce qu'aurait pensé et écrit notre ami scrutateur si en lieu et place de Sarko à l'Èlysée il y avait un président socialiste...de même acabit.

Edouard Boulogne 13/01/2008 18:42

Je n'ose y penser. Waie aie aie!!!!Interim!!

renaud 12/01/2008 07:20

vous évoquez louis de funès pour parler de l'hyperactivité de ce monsieur pour ma part, je pense plus au regretté président deschanel qui dut quitter ses fonctions en raisons de graves problèmes psychologiques qui semblent affecter monsieur S : grimaces, tics divers, contradictions en tous genres   quant à mlle Bruni, ses nombreuses photos dénudées sur internet peuvent-elles permettre de la faire première dame de France  n'oublions pas que la France est à caude de Mr S brocardée dans la presse internationale sans que les journaux français n'en parlent ou très rarement