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Publié par Edouard Boulogne

La tragédie de Vincent Humbert (suite).

( L'article du journal La France Catholique, que je reproduis ci-dessous, éclaire d'un jour très cru les moeurs particulières, et terroristes, d'une part importante des milieux médiatiques en France à l'ère du "politiquement, moralement, religieusement correct". E.Boulogne).

VH.jpeg (Vincent Humbert).
D’où vient cette voix qui ose encore contester les conditions de la mort de Vincent Humbert  ? Portrait d’Hervé Messager qui fut son kinésithérapeute pendant près de deux ans.

"Son kiné parle"  : "Vincent ne voulait pas mourir". C’est à l’écoute de RTL, sa station favorite, que, le jeudi 29 novembre, Hervé Messager apprend le titre choc qui barre la Une du Parisien-Aujourd’hui en France dont il a reçu la journaliste deux jours plus tôt. L’homme n’est pas près d’oublier le premier commentaire qu’il entend. Le kinésithérapeute « reconnaît être catholique pra­tiquant » prétend le chroniqueur. Stupéfaction pour celui dont Le Parisien a pourtant précisé qu’il n’était « pas marié à l’Église » et que ses enfants n’étaient pas baptisés. Samedi, trois jours après l’explosion mé­diatique, Hervé Messager se dit « épuisé, mais soulagé » : « Je m’y attendais, mais pas à ce point ». Entre le standard de l’hôpital et son téléphone fixe, dont le numéro avait été laissé à la journaliste du Parisien, ce fut une déferlante d’appels. Com­ment se concentrer sur ses patients  ?

Pendant que sa messagerie sature mettant son téléphone « en carafe », Hervé Messager a subi, jeudi à midi sur Sud Radio, son premier lynchage télépho­nique. L’interviewer est expert en guet-apens. De son côté, le journaliste de La Voix du Nord exige une réponse « sinon on met une page blanche sous votre nom ». Hervé s’exécute. Un peu partout, les limiers sont en campagne. « Certains veulent prouver que je suis fou et manipulé. » Le maire de Berck-sur-Mer été appelé. « Heureusement qu’on se connaît  : il a dit que j’avais toute ma raison ». Même réponse d’une infirmière générale. Le kiné fait face à une tempête qui n’a rien à envier avec celles qui balaient épisodiquement l’im­mense plage de Berck jusqu’à ensabler le seuil des maisons. La sienne est cachée dans la verdure du bocage. Il s’y réfugie pour souf­fler, tenter un Sudoku ou s’a­donner à son loisir favori, le billard anglais. Se sont succédé là « après le boulot », les caméras de Canal+ puis de France 3 pendant qu’à Paris, sur le plateau de LCI, le journaliste pouvait prendre à témoin son public contre « le petit kiné qui n’a pas daigné venir » se confronter à Marie Humbert.

Au 20 heures de TF1, jeudi soir, la mère de Vincent avait déjà la part belle. L’icône médiatique est toutes griffes dehors contre le kiné taxé de « mensonge » et de « méchanceté gratuite ». Pour minimiser son témoignage, elle affirme, sans lui répondre sur le fond, qu’Hervé n’aurait été kiné de Vincent que 5 mois (Le Parisien), 6 mois (France soir) ou 8 (RTL), avec des durées qui s’échelonnent de « 5 minutes une fois par semaine » (La Voix du Nord) à « une à deux heures maximum par semaine » (France soir). Face à ces contradictions, Hervé Messager, lui, ne varie pas  : « J’ai les preuves administratives ». Pourquoi ressortir ça après quatre années  ? « J’ai écrit dans Le Réveil de Berck dès la mort de Vincent, puis un an plus tard, dans La Croix… Mais je n’intéressais pas. Un journaliste m’a avoué  : ‘c’est pas vendable’ ! » À l’époque des faits plusieurs médecins et l’ergothérapeute de Vincent s’exprimaient dans le même sens que le kiné. L’Agence France Presse n’en avait pas fait une seule dé­pêche. Trop d’émotion en jeu pour contredire la mère avouera, incognito, un chef de service de l’AFP. Cette fois encore l’Agence a censuré Hervé.

Au Centre Héliomarin de Berck « c’est l’omerta » confie une soignante désirant garder l’anonymat, une peur qu’elle a du mal à expliquer. Seul le docteur Danzé, chef de service, ose publiquement appuyer le témoignage d’Hervé. « Les autres me soutiennent en privé », se console le kiné. Plusieurs « pontes » l’ont toutefois appelé de divers hôpitaux pour le féliciter, et le « bravo » reçu par texto de son ex-femme lui a fait chaud au cœur. « Tous me disent que ma sincérité ne fait pas de doute ».

« Qu’il laisse Vincent tranquille », persiste sa mère. « Mais pourquoi Marie va dans tous les médias pour promouvoir la fiction qui présente sa version des faits  ? » répond le kiné. C’est ce téléfilm qui l’a poussé à redire, « une dernière fois avant qu’il ne soit trop tard », que la mort de Vincent n’était pas une fatalité. France Soir de vendredi a beau prétendre Marie « terrassée », elle défend bec et ongles « son » téléfilm. Même si ses dénégations lui « font mal aux tripes », le kiné soupire  : « Au moins, ceux qui veulent savoir sauront ». De Montpellier où il dirige le ser­vice de réanimation du CHU, le professeur Olivier Jonquet commente  : « Celui-là, il en a  ! »

Après 34 années de service à l’hôpital Héliomarin de Berck, Hervé Messager dit n’avoir « rien à gagner ». Pourquoi alors brave-t-il la dictature de l’émotion qui force les Français à ratifier la mort de Vincent Humbert  ? « Par amour de la vérité ». Réponse lumineuse de celui qui se définit comme « mé­créant ». Leçon de courage pour les croyants.

Tugdual DERVILLE

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