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Publié par Edouard Boulogne

Le Journal d’Aramis. Aramis.jpg

         Nicolas Sarkozy continue d’agacer. Ce qui n’est pas pour me déplaire, même quand je figure moi-même parmi les agacés. Comme par exemple sur la décision qu’il semble avoir prise de faire voter le « traité simplifié » sur l’Europe, par la voie parlementaire (c’est-à-dire par un milieu très porté aux compromis, et ce qui est plus grave aux compromissions ; mon ancien adversaire le cardinal Julio Mazarini, le savait bien et sut, à merveille, en son temps, mettre ses messieurs les parlementaires dans sa grande poche !), plutôt que par la voie référendaire. On peut se demander ce que devient la démocratie dans tout cela, et le socialiste Henri Emmanuelli n’a pas tout à fait tort de parler de « déni de démocratie », même si pour ma part j’eusse préféré utiliser un mot plus noble et moins connoté. Sarkozy cependant, il faut le reconnaître, n’a pas vraiment trompé son monde en la matière, puisque, pendant la campagne électorale qui devait le conduire au pouvoir, il avait clairement dit ce qu’il ferait, et s’il avait été plus respectueux du suffrage électoral sur la question européenne ( rejet du projet de constitution européenne en 2005, par 55% des votants ) ce n’est pas 53, mais 59 ou 60% de l’électorat qui se fussent portés sur son nom en juin dernier contre milady Ségolène !

Mais Nicolas agace aussi pour de bonnes raisons ( et donc particulièrement à gauche ). Par exemple pour son excellent discours africain de Brazzaville il y a trois mois, qui a plongé les adeptes du politiquement correct et de la langue de bois dans un état tout à fait réjouissant de colère paroxystique.
Ou encore pour son action en vue de rétablir la justice en France sur la question des retraites entre le secteur public, et le secteur privé.
Je le trouve, en revanche, assez imprudent dans ses démarches directes et sans intermédiaires avec les fiers à bras de la CGT, ou des patrons pécheurs comme on l’a vu hier, le 6 novembre. Non que je le désapprouve sur le fond. Mais est-ce vraiment le rôle du président de la République de se commettre avec des militants troskystes, ou des machos, les bras gros comme ça, et dont on devine que chez eux, où les principes de la civilisation n’ont pas tous encore pénétrés, les enfants ne peuvent encore pas parler à table sans permission, et que les épouses filer doux !
En France, vieux pays de tradition monarchique, que  deux siècles assez chaotiques de velléités démocratiques n’ont pas encore réussi à tout à fait réduire, il faut, comme disait Jean de La Bruyère, « du sérieux dans le Souverain ».
De la même façon, dans l’affaire qui est la pitance actuelle, et très momentanée, des journalistes de la « grande » presse, je veux parler de l’affaire dite de l’Arche de Zoé, au Tchad, dont nous savons d’ailleurs peu de choses en réalité, le cher Nicolas, (et suivant du moins les apparences) s’est peut-être un peu trop avancé. Il ne faut pas promettre ce que l’on n’est pas en état de tenir. (« J’irai les chercher », etc).
Non qu’il faille, a priori, être contre l’usage de la force en politique. Prétendre cela est d’une absolue sottise, et, surtout si on le croit, totalement disqualifiant pour l’exercice de responsabilités importantes. Qu’on le regrette ou non, le vieux Machiavel a tenu sur la question des propos d’une permanente actualité.
Mais la France est-elle en mesure de mettre en œuvre une opération militaire au Tchad ? Sur le plan matériel, certes, cela ne fait pas de doute. Et d’ailleurs, il y a au Tchad, et depuis des années une présence militaire française voulue par ce pays, (sans laquelle depuis trente ans, il eut été annexé par l'inquiétant  voisin Lybien, monsieur Khadafi) en elle-même déjà suffisante pour agir, et libérer nos compatriotes de "zoë, assez légers, et inexpérimentés pour s’être fourrés dans le guêpier où il se trouvent présentement.
Mais le matériel est insuffisant, s’il n’est pas supporté par le moral d’une nation.Or en France  la « Star Act » semble être devenue un idéal culturel, ainsi que le jouir sans efforts, et sans entraves chers aux soixante-huitarts qui gardent encore tant de pouvoirs dans les allées du pouvoir, et dans les rédactions des journaux qui chloroforment l’opinion publique ?
Donc, il faut éviter les  propos qui, faute de pouvoir être suivis d'actions,  pourraient passer pour des rotomontades.
C’est ce que semble dire, sur RCI, le matin, et même si ses motivations sont, peut-être, différentes des miennes, Thierry Fundéré,  le distingué jeune chroniqueur, au verbe précis, précieux, choisis, soumis (presque) à sa volonté supposée de contrôler ses humeurs pour ne laisser parler que la stricte objectivité, à l’égard du président de la République, dont le succès des intentions ne pourrait dans l’ensemble que servir l’intérêt de notre commune patrie.

ARAMIS


PS : Je voudrais communiquer aux lecteurs du Scrutateur l’adresse d’un site qui n’est pas exactement de notre sensibilité, mais qui vaut le détour malgré tout. Il s’agit de Pyepiman la, dont voici l’adresse électronique : http://www.pyepimanla.com
A l’occasion des fêtes de la Toussaint, il publie notamment un intéressant, et fort bien illustré, document sur le Cimetière des riches, à Fort de France.
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W
Mon cher Aramis,Dans ton papier où tu dis que Sarkozy t'agace, tu parles de rotomontades...Je pense que tu voulais écrire "rodomontades!Sans rancunes
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E
Dont acte!