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Publié par Edouard Boulogne

Serge Goussard, Michèle Rollin, T.Bloncourt, l’outre mer français fut aux avant postes de la résistance.


L'image “file:///C:/Documents%20and%20Settings/BOULOGNE/Mes%20documents/Mes%20images/En%20attente/Yves%20Goussard%20%C3%A0%20l'%C3%A2ge%20de%2012%20ans..jpg” ne peut être affichée car elle contient des erreurs. ( Les articles du Scrutateur, sur Guy Môquet, sur Tony Bloncourt, ont eu un incontestable retentissement. Et pas seulement aux Antilles-Guyane. C’est ainsi que monsieur François Cartigny, actuellement à Pessac, en Gironde, m’a contacté et fourni un important dossier sur d’autres Guadeloupéens ou Martiniquais qui se sont donnés pour la patrie.
Tel le jeune Yves Goussard, ( martiniquais) déporté à 16 ans, et qui mourut en déportation à l’âge de 17 ans ; ou Michèle Rollin (1908-1945, guadeloupéenne) elle aussi déportée en Allemagne.
Bien d’autres personnes de l’outre mer donnèrent ainsi leur vie, pour la défense des valeurs essentielles qui donnent un sens à la vie, « car cela seul pour quoi tu peux mourir, c’est cela seul dont tu peux vivre ».
Pour ces valeurs, mais aussi pour la France, la patrie, qui fut, et demeure il me semble, une promotrice majeure de ces valeurs. Edouard Boulogne).




COMITE POUR UN MEMORIAL MARTINIQUAIS DE LA RESISTANCE DE LA DEPORTATION ET DE L'INTERNEMENT.
Association régie par la loi du 1er juillet 1901 déclarée à la Préfecture de la Martinique sous le n°972 1005206 Journal Officiel du 11 juin 2005

Le 26 octobre 2007 Le Président,

A

Monsieur Edouard BOULOGNE
Professeur honoraire
28, Tour Massabielle 97110 POINTE A PITRE.


Monsieur,

Je viens de prendre lecture de votre Blog (je ne sais pas si c'est le terme qu'il faut utiliser?) au sujet des lettres de Tony Bloncourt et de Guy Môquet.
Moi aussi, j'ai été choqué de « l'instrumentalisation » qui a été faite de la lettre (et de la mémoire) du jeune Môquet.
Au début du mois de septembre, j'avais écrit au Président de la République pour lui expliquer que la lecture de la lettre de Guy Môquet n'aurait que peu d'écho à la Martinique et à la Guadeloupe; qu'il fallait proposer à nos jeunes lycéens des départements français d'Amérique des exemples pris parmi des résistants originaires de ces anciennes colonies.
J'ai cité le cas du Guadeloupéen Tony BLONCOURT, fusillé à l'âge de 21 ans au Mont Valérien et auteur d'une très émouvante lettre à ses parents, écrite quelques heures avant son exécution. Ainsi que le cas du Martiniquais Yves GOUSSARD, résistant à 16 ans, déporté et « mort en déportation » à Bergen-Belsen en mars 1945, à l'âge de 17 ans.
Monsieur Guéant, Secrétaire général de la Présidence de la République, m'a répondu qu'il transmettait mon courrier au Ministre de l'Education pour que ce dernier saisisse de ma « légitime demande » les recteurs des Académies concernées.
Sans attendre la réaction du Ministre, j'ai écrit aux Recteurs de la Guadeloupe et de la Martinique en leur fournissant un « dossier » sur chacun des deux Résistants antillais susnommés. Seul Monsieur MIOSSEC, de la Guadeloupe m'a répondu (par mail) pour me remercier et me dire qu'il demanderait à ses professeurs que la lettre de Tony Bloncourt soit lue. Bien sûr, il n'avait jamais entendu parler de ce jeune homme, issu d'une famille très honorablement connue. Quant à la rectrice de l'Académie de la Martinique, Madame REYNIER, j'attends toujours sa réponse.

Qu'à cela ne tienne, Tony BLONCOURT aura quand même été honoré tant à la Guadeloupe qu'à la Martinique et le jeune Yves GOUSSARD a été aussi honoré à la Martinique et en Métropole. Vous pensez bien que je ne rate pas une occasion pour rendre hommage à notre héros de la Résistance et martyr de la déportation.
Pour en revenir à Guy Môquet, pauvre jeune victime du communisme, qu'on cesse, de grâce, de nous le présenter comme un martyr de la Résistance. Distribuer à Paris, en octobre 1940, des tracts du Parti Communiste contre le gouvernement Français, n'a jamais été un acte de « résistance » à l'ennemi. Surtout lorsque l'ennemi d'alors était l'allié de l'Union Soviétique. En agissant ainsi c'était se tromper de camp. Et en assassinant aveuglément un soldat allemand un jour à Paris, un autre jour à Nantes, un autre jour à Bordeaux, c'était provoquer la mort de centaines d'innocents, otages qui croupissaient dans les prisons tant françaises qu'allemandes.
Guy Môquet fut l'un d'entre eux et rien d'autre. Paix à ses cendres. Il ne mérite pas, non, vraiment pas d'être ainsi « manipulé », d'être ainsi « disputé », d'être ainsi « revendiqué ». Qu'on le laisse reposer dans sa tombe avec ses parents et son frère et si on lui a volé sa vie, qu'on ne lui vole pas sa mort.
A nos jeunes de Martinique et de Guadeloupe, nous préférons offrir comme exemples les sacrifices d'un Tony Bloncourt ou d'un Yves Goussard, vrais patriotes et vrais résistants.
Tony Bloncourt qui déclarait à ses camarades, au cours d'un entraînement fin août 1941 pourquoi il n'avait pas pu abattre un officier allemand dans la station de métro Bastille, quelques jours plus tôt. « A cette minute précise je n'ai pas vu un nazi, dit-il, je n'ai vu qu'un homme. » Tuer un homme est difficile pour un humaniste.
Yves Goussard qui, dans le camp de concentration de Bergen-Belsen, en février 1945, trouvait la force de sourire à ses co-détenus et acceptait de se faire inoculer un vaccin anti-typhique (pouvant être mortel) à la place d'un déporté en meilleure santé, (témoignage de Raymond Valenet et de Michel Fliecx, anciens déportés).
Honorons nos morts, honorons nos martyrs. Mais pas sur commande, pas sur injonction.
Le 18 novembre prochain, à Paris, c'est ce que nous ferons sous l'Arc de Triomphe avec nos compatriotes des Antilles et de la Guyane qui auront bien voulu se joindre à nous.
Heureusement, il fut des voix qui, dans « l'Hexagone », ne tombèrent pas dans le piège. Celle de l'hebdomadaire Témoignage chrétien (n° 3271 du 18 octobre 2007) dont la première de couverture est à l'honneur de Tony Bloncourt. L'honneur de la presse est sauvé, a-t-on envie de dire.
Quant à moi, je vous remercie d'avoir alerté les « internautes » sur ce « faux historique » fabriqué par d'autres médias et véhiculé à des fins de politique politicienne.

 Cher Professeur et bon scrutateur, recevez ici l'expression de mes sentiments d’estime.

P. S. Je vous autorise à publier tout ou partie des documents ci-joints.
François CARTIGNY Siège du Comité: chez son président, Habitation Desfourneaux - 97212 SAINT JOSEPH
Tél. 06.76.78.22.97. - 08.77.74.68.90. E.mail: f.cartiznv@caramail.com


(I) Yves Goussard :

Yves GOUSSARD
(1928-1945)
le lycéen résistant, martyr de la déportation
râperie à betteraves d'Oissery (Seine et Marne), ce dimanche 9 septembre 2007.

 Mesdames et Messieurs les membres des Assemblées, Mesdames et messieurs les conseillers généraux, Mesdames et messieurs les maires et conseilleurs municipaux,

Mesdames et messieurs les présidents d'associations d'anciens combattants et de groupements patriotiques,

Mesdames et messieurs les présidents et représentants des déportés résistants et des familles de déportés,

Mesdames, messieurs,

 Chère Jeannine Pernette,

Nous sommes réunis ce matin pour commémorer la journée terrible du 26 août 1944 où cours de laquelle le Bataillon ANY, du Raincy, commandé par Charles HILDEVERT s'oppose avec fureur à la 49ème SS Panzerbrigade.
Et c'est la mémoire de ces combats sans merci qui nous rassemble ici, devant cette ancienne râperie à betteraves d'Oissery qui fut le témoin de tant de faits d'armes et de tant de cruauté.
Elle nous rassemble pour nous souvenir de la souffrance des hommes et des femmes de France qui luttèrent jusqu'à la mort pour la délivrance de notre pays.
Elle nous rassemble pour rendre hommage à un jeune garçon de 16 ans, lycéen au pensionnat Notre-Dame du Raincy, un jeune garçon qui venait de loin et qui devait mourir loin, très loin de son pays natal.
Cet adolescent se nommait Yves GOUSSARD et était né à la Martinique, à Fort de France, en 1928.
La guerre le surprit à son entrée au collège. Plus question de repartir à la Martinique. En janvier 1944, il est intégré dans le réseau Buckmaster, sous-réseau « Armand spiritualist » dirigé par le Commandant Hildevert. Le jeune homme y apprend le maniement des armes et le 26 août 1944, Paris à peine libéré, c'est pour lui le baptême du feu.
« A Oissery, le commandant Hildevert nous a demandé de nous installer dans la râperie à betteraves pour soigner les blessés », se souvient Jeannine Pernette.
Yves Goussard, ayant été atteint à la jambe, est au nombre des blessés auxquels elle prodiguera ses soins.
En fin de journée les morts se compteront par centaines, dans les deux camps.
Les prisonniers seront peu nombreux, beaucoup ayant été achevés par les Allemands au lance flamme.
Parmi les captifs, il y a, entre autre: Georges Foulon, Robert Tarral, Louis Trouvé qui mourront en déportation et Raymond Valenet qui, à son retour des camps, sera maire de Gagny et député de Seine Saint Denis.
Il y aura aussi Jeannine Pernette, déportée en Moselle, au Fort Queuleu, à Metz avec une autre infirmière miraculeusement épargnée.
Et il y aura Yves Goussard, notre jeune Martiniquais de 16 ans.
Ce dernier connaîtra le petit camp de transit de Neue Bremm, dans les faubourgs de Sarrebruck, à la frontière Sarroise, puis Oranienbourg-Sachsenhausen, dans le Brandebourg, au nord de Berlin, et enfin, début février 1945, Bergen Belsen, en Basse Saxe où depuis le mois de janvier une seconde épidémie de typhus fait des centaines de morts par jour.
Yves Goussard sera l'une des 18.168 victimes de l'épidémie au cours du mois de mars 1945. A la même date, dans le camp des femmes, mourait Anne Frank, elle aussi, du typhus.
20 ans plus tard, la mention « mort pour la France » sera attribuée au jeune héros.
Et par arrêté du Secrétaire d'Etat à la défense, chargé des anciens combattants, en date du 12 juillet 2007, la mention « mort en déportation » est désormais apposée sur ses acte et jugement déclaratif de décès.
Je terminerai ici par ces deux mots, adressés à mes compatriotes de la Martinique:
Zot ki coûté mwenpalê, mwen ka di : sonjé Yves Goussard', pa oblyié Yves Goussard.

François CARTIGNY,
président du Comité pour un Mémorial Martiniquais de la Résistance, de la Déportation et de l'Internement.



(II) Michèle Rollin.


Michelle ROLLIN (1908-1989)Mich--le-Rollin.jpg (Ci contre photographie de Michelle Rollin, aux côtés de son époux en 1974).
Résistante Quadeloupéenne, déportée à Ravensbrùck (1943-1945)

Michèle ROLLIN est, à notre connaissance, la seule française originaire de la Guadeloupe, membre des Forces Françaises Libres et des Forces Françaises Combattantes à avoir été déportée en Allemagne durant la seconde guerre mondiale.
Née à Pointe à Pitre (Guadeloupe) le 6 septembre 1908, son père, originaire de Saint Claude, était contremaître d'usine.
Mariée avant la guerre à Monsieur EDWARDS (sur lequel nous n'avons pas d'informations), elle vit à Paris au début des années quarante. En juillet 1943, s'étant engagée dans la France Libre, elle est membre du Bureau des Opérations Aériennes (B.O.A.), relié à Londres et destiné à organiser les parachutages (armements, explosifs... argent).Arrêtée par la Gestapo à son domicile parisien le 10 novembre 1943, elle est déportée en Allemagne par le transport parti de Paris (gare de l'Est) le 13 mai 1944. Elle arrive au camp pour femmes de Ravensebruck, au nord de Berlin, le 18 mai suivant où elle est immatriculée sous le n°39 064.
Elle fut ensuite dirigée sur le camp de Flôssenburg, près de l'ancienne frontière Tchécoslovaque qui dépendait alors de la direction générale du camp de Ravensbrùck pour les déportées féminines. De là elle fut affectée au kommando extérieur de Zwodau (Bohême) - en tchèque Svatava - près de l'actuelle ville tchèque de Sokolov et on l'envoya travailler dans une usine d'armement où les conditions de vie étaient inhumaines et le taux de mortalité très élevé. « Beaucoup sont mortes ici, parfois jusqu'à 15 par jour », se souvient Marie-Thérèse Fainstein, résistante, internée à Zwodau pendant près d'un an après un passage au camp de Ravensbrùck.
Le 7 mai 1945, un jour avant la capitulation allemande, elle est libérée avec les survivantes qui restaient dans le camp, par l'armée américaine qui fît alors la jonction avec l'Armée Rouge à quelques dizaines de kilomètres de Zwodau.
Rapatriée en France avec les autres françaises du camp, elle essaie de reprendre une existence normale. Elle se remarie à Paris avec Monsieur Hubert de CORVAÏA, en 1964 et terminera sa vie dans le sud-est de la France, au Cannet (Alpes-Maritimes), où devenue veuve, elle s'était retirée conservant une activité d'administratrice de l'Association Education et Echange, à Paris.
Elle devait décéder à Cannes, ville voisine du Cannet, le 2 février 1989. Michèle ROLLIN reçut la Médaille de la Résistance par décret du 24 avril 1946
(J.O. du 17 mai 1946).                                                           

François CARTYGNY, 12 octobre 2007.


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