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Publié par Edouard Boulogne

1. La France est-elle en faillite ?

"État d’un débiteur qui ne peut plus payer ses créanciers", selon la définition du Petit Larousse. Certes la signature de la France est honorée. Elle paye ses créanciers, pas toujours dans des a_la_loupe-1.jpegdélais acceptables mais elle peut encore emprunter sur les marchés financiers pour honorer ses dettes. Alors pourquoi le Premier ministre a-t-il utilisé ce mot très fort ? Le contexte s’y prêtait sans doute : une journée longue, fatigante, chargée de visites, des interlocuteurs qui réclamaient encore des subventions, une conjoncture qui s’assombrit ! Le Premier ministre a-t-il voulu "provoquer un électrochoc" ou s’est-il pris les pieds dans le tapis. Les médias se gaussent de l’utilisation de ce mot et l’opposition en fait ses choux gras oubliant que durant ces 25 dernières années elle a participé, plus souvent que rarement, au creusement du trou plutôt qu’à son comblement ! La polémique n'éclate pas par hasard. Cette semaine, le gouvernement a présenté le projet de loi de financement de la sécurité sociale et le projet de budget pour 2008. Certes la France n’est pas une entreprise qui, elle, aurait dû déposer le bilan depuis bien longtemps laissant sur le "carreau" des millions de salariés. Donc la France n’est pas en faillite, ouf ! Mais peut-on se satisfaire d’une dette de plus de 1.100.000.000 €, soit près de 15.000 € par Français c’est-à-dire plus d’une année de salaire pour un smicard ! Peut-on se satisfaire de dire que d’autres pays occidentaux sont plus endettés que notre pays ! Il me semble qu’il est indispensable de prendre des mesures pour redresser la situation qui ne peut que se dégrader si rien n’est fait. Certains esprits critiques, surtout dans l’opposition, se demandent pourquoi le gouvernement a-t-il "distribué" 11 milliards d’euros de cadeaux fiscaux aux riches ? Je crois me souvenir que lorsque la gauche a gagné les élections, elle a distribué à ses électeurs des cadeaux pour les remercier d’avoir voté pour elle sans savoir comment ils seraient financés. Pourquoi la droite ne pourrait-elle pas donner les promesses de campagne du Président de la République ? Plus sérieusement, c’était, je crois, le prix à payer pour installer la confiance, l’assurance que ce qui était promis serait fait. Le pari que fait le gouvernement est qu’en injectant des liquidités, elles seront investies dans l’économie ce qui aidera à la relance, donc à la création d’emplois supplémentaires, à l’augmentation de recettes fiscales et sociales. Est-ce le bon pari, seul l’avenir le dira, mais pourquoi ne pas essayer. Il faut se souvenir que sans des riches, les pauvres seraient encore plus pauvres : voyez ce qu’il en est des pays, que l’on dit pudiquement, en voie de développement !

2. Le déficit des retraites du privé se creuse !


De nouvelles projections indiquent que l'assurance-vieillesse du privé se dirigerait vers un déficit de huit milliards d'euros en 2010 ! Le déficit était de 1,9 milliard d’euros en 2006 et est prévu à 4,7 milliards d'euros cette année. Contrairement à ce qu'espéraient les précédents gouvernements la situation ne va pas s’améliorer. Alors que faire ? Le gouvernement a choisi d’augmenter le nombre d’années de cotisation à 41 ans à partir de 2009. Les seniors nés après 1944 apprécieront. D’accord, solidarité oblige, c’est une nécessité pour avoir une retraite acceptable, MAIS comment les salariés arriveront-ils aux 41 ans de cotisations alors que les entreprises continuent à se "débarrasser" des seniors qui coûtent trop cher ! Il est grand temps que le gouvernement prenne les mesures qui s’imposent : le contrat senior est une bonne chose mais ne sert à rien s’il reste dans les "cartons" !

3. Et on reparle du déficit de la "sécu" !


Pour l'année 2007, le déficit de la Sécurité sociale sera "grosso modo (...) de l'ordre de 11,7 milliards d'euros", a indiqué le Premier ministre. Et il a ajouté : "Cela veut dire que les plans successifs n'ont contribué qu'à freiner l'augmentation du déficit (...) Si nous n'avions pas pris au mois de juillet les mesures qu'il fallait on serait sur une pente de 14 milliards en 2008". Alors que faire ? Le problème du déficit de la sécurité sociale devrait entrainer un consensus entre la droite et la gauche. Quels que soient les gouvernements, les mesures prises depuis de décennies n’ont servi qu’à colmater des brèches sans résoudre le problème qui se pose à nos générations : Les frais de santé coûtent de plus en plus cher et nous vivons plus longtemps. Peut-on croire qu’en cotisant de moins en moins longtemps, on pourra continuer être couvert autant. Si l’on veut pouvoir continuer à avoir une couverture correcte pour les maladies graves, il faut accepter que les "petits bobos" de la vie ne soient pas remboursés au même niveau. Alors s’impose la médecine à deux vitesses, pas le chiffon rouge qu’agite l’opposition, mais une médecine qui prenne en charge complètement les maladies graves et rembourse un peu moins les petites maladies comme les rhumes, mais aussi les risques que prennent des Français inconscients ! Un travail constructif et apolitique est nécessaire entre les acteurs de ce secteur, le gouvernement ET l’opposition. Il est aussi urgent de faire œuvre de pédagogie et d’expliquer aux Français que dans la vie tout se paye donc que rien n’est gratuit.

4. La confiance ne se décrète pas…

La rentrée est difficile pour le gouvernement qui, à l’image des Français, affronte une météo morose. Certes, la situation économique n’est pas catastrophique et le moral des ménages et des patrons reste élevé. De même la cote de popularité et la confiance du Président de la République et du gouvernement restent importantes. Nicolas Sarkozy a fixé un objectif clair et simple qui est de gagner 1 point de croissance qui doit permettre à la France de sortir du marasme dans lequel elle vit depuis des années. Reste le plus dur : définir le chemin pour y parvenir. Pour rassurer les Français, le gouvernement doit définir une ligne claire et tirer toutes les conséquences de ces décisions. L’accent mis sur l’investissement est une bonne nouvelle, car la faible compétitivité des entreprises comme le poids excessif des déficits, sont des boulets dont la France doit se débarrasser pour tenir son rang sur les marchés mondiaux.

5. Les retraites des régimes spéciaux coûtent cher, très cher à l'État.

Le budget de l'État contribue à l'équilibre des régimes spéciaux de retraite. S’ils ne représentent qu’un peu plus de 6 % des pensions versées, ils pèsent très lourd dans le budget de l'État. Le coût total direct pour l'État, donc pour nous contribuables, est de cinq milliards d'euros en 2007, soit une hausse de 10 % par rapport à 2006. Certains régimes spéciaux bénéficient de la "compensation démographique", un mécanisme de solidarité nationale qui fait que les régimes ayant un rapport entre cotisants et retraités plus élevé, participent à l'équilibre financier des régimes qui ont de moins en moins d'actifs. C’est ainsi que le régime général des salariés du privé contribue à hauteur de 6,7 milliards d'euros par an au titre de la compensation démographique. De même celui des fonctionnaires civils à contribué à hauteur de 2 milliards d’euros à cette solidarité. Au nom de l’égalité entre tous les Français, il semble normal que tous cotissent de la même façon pour la retraite en tenant compte, bien entendu, de la pénibilité du travail. Il est cependant urgent de cesser de penser à ses seuls petits avantages particuliers !

Henri Pauvert.
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