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Publié par Edouard Boulogne

LA FALSIFICATION DES COMPTES PUBLICS.michel_de_poncins-1.jpeg

 

Les comptes officiels sont en plein désordre et il est pratiquement impossible d’y voir clair, les changements récemment apportés à la présentation du budget de l’Etat ne pouvant rien changer de fondamental. Un bon exemple est celui du prétendu choc fiscal qui ne sera, en fait, qu’un conglomérat de  nouvelles usines à gaz, et sur lequel les chiffres varient de plusieurs milliards.

 

Passons sur la terminologie utilisée couramment par les politiques et les médias quand ils évoquent des « cadeaux fiscaux », alors qu’il s’agit seulement de restitution d’argent abusivement volé.

 

Dans l’analyse, un principe doit être mis en lumière. Pour faire passer une mesure quelconque, qui déclenchera inévitablement l’effet de ruine comme toute mesure administrative nouvelle, les pouvoirs publics minorent la dépense en citant uniquement le coût sec calculé souvent au « doigt moullié » et lui-même minoré ; c’est un peu comme si, dans une entreprise, on n’affectait pas une opération quelconque du montant des frais dits fixes qui majorent inévitablement les coûts. Dans les entreprises et compte tenu notamment des  pratiques de plus en plus habituelles du racourcissement des échelons, la lutte contre ces frais est parfois rude. Au sein des pouvoirs publics, c’est tout le contraire : ces frais sont très mal surveillés et toutes les parties prenantes poussent sans cesse à leur extension. Il existe un foisonnement gigantesque avec des recoupements entre administrations accompagnés de lutte permanente entre elles : une grande partie de l’énergie et du temps est consacré à ces luttes et un vrai nuage de frais malodorants s’élève dans le ciel.

 

C'est pour cela qu'il existe un principe de la « République Fromagère » qui peut s’écrire  ainsi : « toute dépense apparemment utile  engagée par l'administration entraine un coût qui doit être multiplié par un coefficient plus ou moins proche de cinq pour connaître le coût réel».  Il est bien précisé « apparemment » utile ; en effet, à bien creuser et sauf  l’exception des tâches régaliennes de l’Etat, aucune dépense publique dans quelque domaine que ce soit est véritablement utile. C’est pour la simple compréhension de ce coefficient que nous considérons qu’il en est d’utiles.

 

L’Ifrap a établi tout récemment un calcul intéressant à ce sujet sur un point particulier : les aides à l'export qui, selon les calculs officiels, s’établissent à 50 millions d'euros. En fait,  compte tenu du foisonnement des administrations qui s'en occupent et qui débordent des affaires étrangères jusqu'aux collectivités locales et bien ailleurs, le coût réel est évalué à environ 300 millions ce qui conduit au coefficient six. La confirmation est intéressante.

 

A ces calculs, une objection pourrait être formulée. Pour les très grosses dépenses, le calcul ne marche plus. Les aides aux entreprises coûtent 65 milliards d’euros et le coefficient cinq donnerait comme coût total 325 milliards, ce qui serait de l’ordre de grandeur des dépenses étatiques. Ce phénomène doit s’expliquer par la construction du chiffre de base, les 65 milliards comportant déjà, directement ou non,  une grande part  de foisonnement.

 

Pour terminer, ajoutons que le coefficient cinq ne tient compte que de l’effet de foisonnement de l’administration. Il n’enregistre pas l’immense perte d’énergie et d’argent chez les prétendus bénéficiaires des dépenses publiques. Sa prise en compte mènerait à un  jugement sur l’utilité de la dépense. Plus haut il est dit que l’inutilité est la règle. D’autres calculs conduiraient à la notion d’utilité négative.

 

Le coefficient cinq associé à ces utilités négatives nous conduit directement à « l’effet de ruine » qui a arraché tant de larmes publiques aux divers candidats, sans que personne ne veuille sincèrement y porter remède, tant il est plaisant d’essayer de s’embarquer sur la rivière argentée des dépenses publiques.

 

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                     micheldeponcins@easyconnect.fr

 



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