Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Pages

Archives

Publié par Edouard Boulogne

Une semaine à la loupe..


a_la_loupe-1.jpeg
1. Doit-on changer le mode de scrutin ?

Le débat sur le mode de scrutin ressurgit au moment de chaque élection législative. Avant 1958, sous la 4ème République, le scrutin était proportionnel et permettait de représenter correctement toutes les sensibilités de l’opinion. Le nombre de sièges obtenus par les différents partis était, comme son nom l’indique, proportionnel au nombre de voix de chaque parti dans le cadre de circonscriptions départementales ou tout autre découpage. L’avantage était que toutes les sensibilités étaient alors représentées. Les inconvénients étaient : le vote pour une liste, non pour un candidat et le risque de ne pas pouvoir dégager une majorité claire. Les seniors se souviennent des instabilités parlementaires et gouvernementales qui ont abouties au retour du Général de Gaulle en 1958 et au passage à 5ème République. Depuis nous connaissons le scrutin majoritaire à deux tours sauf en 1986 ou François Mitterrand, croyant empêcher la victoire de la droite, avait installé la proportionnelle. On se souviendra que la droite gagna les élections et que Jacques Chirac inaugura la 1ère cohabitation ! Le scrutin majoritaire élimine, lamine et amplifie les majorités : vague rose en 1981, vagues bleues en 1968, 1993 et 2007. Il y eu parfois des ratés comme en 1967 ou la droite a gardé la majorité avec une voix et en 1988 ou, après l’élection de François Mitterrand, la gauche a gardé une majorité étriquée. Les élections de dimanche dernier ont montré toute l’ambiguïté du scrutin majoritaire puisque avec 44% des voies au premier tour, l’UMP a obtenu 56% des sièges, le PC avec 3% des voix a obtenu 3% des sièges et le FN avec 5% des voix n’a obtenu aucun élu ! Alors sans revenir à une proportionnelle intégrale, ne faudrait-il pas une dose de proportionnelle ? Le Président Sarkozy y est favorable pour un nombre restreint de députés. Au court des décennies, on a constaté que les partis non représentés à l’Assemblée nationale n’ont eu d’autres moyens que la rue pour s’exprimer. Maintenant que, "grâce à la gauche", les élections législatives suivent la présidentielle, elles sont devenus un appendice de cette dernière et le Parlement donne l’impression d’être une chambre d’enregistrement et d’exécution sans grand pouvoir.
Cependant, il est fondamentalement important de ne pas nuire à l’efficacité du gouvernement en gardant un scrutin principalement majoritaire qui permette au gouvernement de travailler sereinement tout en donnant aux petits partis la possibilité d’exprimer leurs idées dans l’enceinte du Parlement et non pas dans la rue.

2. La France est embourbée dans une croissance molle .

L’hiver doux n’a pas été favorable pour notre économie. La croissance du premier trimestre 2007 a été de moins de ½ %. Le climat a pesé sur la production et a réduit la demande d’énergie. Les ménages ont soutenu l’activité du pays grâce à des achats importants favorisés par le reflux de l’inflation, la baisse des prix du pétrole et des matières premières. De même le pouvoir d’achat devrait augmenter au premier semestre grâce aux baisses d’impôts. Mais la France devrait pâtir des mauvais résultats du commerce extérieur et de la faiblesse des investissements des entreprises. Les créations d’emplois devraient être légèrement inférieures à celles enregistrées en 2006 du fait du tassement des emplois aidés. La croissance devrait plafonner autour de 2 % comme l’an dernier, sauf si des mesures importantes et positives étaient prises par le nouveau gouvernement ce qui est indispensable.

3. La complexité des identités des Français.

La campagne électorale pour les présidentielles a fait apparaître le thème nouveau de l’identité. L’Insee a publié une série de résultats sur une enquête qu’elle a réalisée auprès de 10.000 personnes. Cette enquête a permis aux personnes interrogées de raconter la manière dont elles vivaient leur identité individuelle face à la perception des autres. Au-delà de l’état civil de chaque Français, les origines sociales, les références géographiques et nationales, les croyances religieuses, politiques et philosophiques contribuent à la formation de l’identité de l’individu de l’adolescence à l’age adulte. L’univers professionnel, par le métier et le type de travail, ajoute une touche particulière au statut car le vécu n’est pas le même lorsque l’on travaille comme indépendant, salarié de la fonction publique ou du secteur privé. De même la situation familiale, le type d’amis ou les relations sociales jouent aussi de façon très différente dans l’identité. A tout cela on peut ajouter les loisirs, les hobbies et les engagements dans son quartier, sa ville, son département, son pays. La complexité de la société vient de la diversité des personnes qui la composent. Les individus sont complexes et il sera de plus en plus difficile de simplifier les perceptions et les représentations que l’on peut avoir d’eux. La complexité croissante de l’identités des Français est une tendance lourde qui va se poursuivre grâce à la diversité de plus en plus croissante des populations qui nous rejoignent.

4. De bonnes raisons de donner son sang.

La France manque de plus en plus de donneurs de ce précieux liquide qui permet de sauver des vies. Dix minutes pour offrir 400 ml de liquide rouge composé de globules rouges qui permettent de supprimer l’anémie des malades, de plaquettes utilisées dans les transfusions contre la leucémie et du plasma qui est utilisé pour la fabrication de médicaments contre certaines maladies rares. Le stock français n’est que de 10 jours ! En effet, le sang prélevé ne peut être conservé indéfiniment. Il faut donc renouveler régulièrement le stock. Les besoins sont de 10% alors que seulement 4% des Français offrent leur sang. Le vieillissement de la population entraîne le risque de manquer de sang à terme, d’où l’importance de trouver de nouveaux donneurs. Le scandale du sang contaminé est loin derrière nous et les risques d’être infectés sont quasiment nuls. Les prélèvements sont effectués avec un matériel à usage unique. Les candidats au don sont triés et les sujets à risque sont écartés grâce au questionnaire très précis qu’ils remplissent. Les quantités prélevées ne sont pas suffisamment importantes pour avoir un effet sur le donneur qui n’a pas besoin d’enfiler des steaks pour retrouver la forme. N’oublions pas qu’un de nos proches, enfants, parents, amis, peut avoir besoin de transfusion. Alors si vous êtes en bonne santé, donnez un peu de votre sang.

5. L’été risque-t-il d’être chaud ?

Pas de boule de cristal ni aucune connexion particulière avec Météo France. Par contre les travaux d’été du gouvernement risquent d’entraîner quelques "bouffées de chaleur". Le Président et le Premier ministre n’ont pas attendu longtemps pour définir un calendrier de mesures "choc" afin de développer la croissance. Ils s’appuient sur la légitimité sortie des urnes pour aller vite. Le "petit" revers des élections législatives ne devrait pas changer la donne et ils devraient avancer rapidement sur ce qui avait été annoncé lors de la campagne présidentielle. Deux défis importants sont à prendre en compte : Le premier défi est de garder une certaine équité entre les Français. S’il est nécessaire de tout faire pour enrayer l’exil fiscal des plus fortunés, le gouvernement doit envoyer des signaux forts à destination des Français les plus en difficulté. Le deuxième défi, et non des moindre, est celui de l’efficacité économique. La mesure de détaxation des heures supplémentaires aura-t-elle l’effet escompté ? Elle coûtera plusieurs milliards d’€uros et il faut espérer que l’intuition présidentielle est la bonne ! D’un autre coté des mesures difficiles devront être prises notamment sur le terrain de l’assurance-maladie. Le déficit se creuse car les dépenses, comme d’habitude, progressent plus vite que prévues et le comité d’alerte va tirer la sonnette d’alarme pour appeler à la mise en place de mesures correctrices. L’été devrait être agréable mais l’automne risque d’être plus chaud. Avec des symboles comme le service minimum dans les services publics, l’autonomie des universités, l’évolution de l’enseignement supérieur et le plan pour l’emploi dans les banlieues, le gouvernement veut réformer en profondeur la société française. L’état de grâce se poursuivra-t-il jusqu’à la fin de l’année ? Le gouvernement devra tout faire pour qu’un grain de sable ne vienne enrayer la mécanique.

Henri Pauvert.
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article

jessie 25/06/2007 22:10

Je ne sais pas si l'été sera chaud, mais ce que je puis exprimer c'est ma révolte sur le fait que l'Etat français n'a jamais reversé un centime des taxes sur les alcools et le tabac, ni les cotisations des fonctionnaires, la sécurité sociale serait bénéficiaire si elle avait récupéré son dû et les assurés sociaux ne seraient pas dans le pétrin à ce jour.