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Publié par Edouard Boulogne

Le Scaphandre et le papillon.The-diving-bell.jpg

Jean-Dominique Bauby s’est libéré de son scaphandre quelques jours après la parution de son livre. C’est dire à quel point la vigueur de l’esprit sous-tend toute notre vie…
La transposition du roman de Jean-Dominique Bauby par le réalisateur Julian Schnabel était une véritable gageure.
Comment faire pénétrer  des humains valides, sans entraves, communiquants,  et de plus, spectateurs,   au cœur des notions d’enfermement, de solitude, de dépendance totale et d’angoisse inexprimable du personnage ?
Et comment le faire sans voyeurisme, sensiblerie et redondance…la matière étant si tenue et le sujet si douloureux ?
Julian Schnabel a tendu au mieux de ce qui pouvait être fait sur plusieurs points : la distribution, la prise de vue, l’atmosphère, et quelques scènes admirables d’humanité… mais peut être pas celles qu’on attendait…car on a mal à être vraiment touchés.
Jean-Dominique Bauby est incarné par Mathieu Amalric, réduit à sa plus grande sobriété par la force des choses, et dont la voix off nous mène tout le long du film de cris de révolte, en railleries et en soupirs….
La lumineuse Anne Consigny (Claude) est le lien de douceur et de dévouement qui maintient, le temps voulu, J.D Bauby, suspendu à une vie lourde et en même temps fragile. Elle écrit le livre que J.D Bauby lui dicte en clignant d’une paupière pour choisir chaque lettre…. (On est heureux de retrouver cette actrice très accomplie que nous avions découverte dans un excellent film « Je ne suis pas là pour être aimé »)
Plusieurs personnages féminins, dont Céline, la compagne séparée de JD Bauby (Emmanuelle Seigner) gravitent autour du malade, exerçant chacune leur compétence ou leur ordre maladroit.
D’emblée, le procédé de la prise de vue est audacieux : l’œil de la caméra scrute à travers l’œil unique de Bauby un monde brouillé, rétréci et statique, ce qui nous place en position de mutisme et d’impossibilité… comme l’écrivain lui même l’a été.
Les nombreux  flash-back sur le vie passée et très « hype » de Bauby, nous font découvrir petit à petit ce qu’il était : un homme pressé, influant et gâté.
Les deux scènes les plus intenses et les plus touchantes, sont celles où J.D Bauby, débordant d’activité, vient raser son père âgé. Admirable moment de tendresse voilée et de complicité. La deuxième scène réunit les deux mêmes personnages, mais le père est brisé, cassé, détruit car son fils est brisé, cassé, détruit… le fil du téléphone unit alors un  être qui ne peut même plus exprimer sa tristesse à un être qui  ne peut même plus exprimer sa tendresse….Max von Sydow est ce père intense.
On peut regretter quelques faux pas dans une scène, bien inutile, où un prêtre ( Le regretté Jean Pierre Cassel) se laisse facilement abuser par une infirmière de bonne volonté mais un peu malhonnête…et on se demande ce que le voyage raté de Bauby avec sa maîtresse, à Lourdes, apporte au film… sinon la certitude, qu’on veut nous faire accepter, que la religion est une convention et que la foi n’est qu’une aide pour les faibles…
Jean Dominique Bauby s’est libéré de son scaphandre pour voler avec les papillons… mais il n’est pas suggéré qu’il ait compris que ces papillons pouvaient être des anges….Dommage !

Marie Deval.


Titre original: The Diving bell and the butterfly
Genre: Drame
 Durée: 1h52
 Pays: USA, France
 
Réalisé par:
Julian Schnabel

Avec:
Mathieu Amalric, Emmanuelle Seigner, Anne Consigny Marie-Josée Croze, Hiam Abbass, NielsArestrup, Fiorella Campanella, Jean-Pierre Cassel, Emma de Caunes, ...

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