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Publié par Edouard Boulogne

A propos du gouvernement François FILLON.

( Voici pour mémoire la composition du gouvernement de Fr-Fillon.jpgFrançois Fillon, à propos duquel on lira ensuite un bref commentaire).

- Voici la composition du gouvernement dirigé par François Fillon, annoncée vendredi matin par Claude Guéant et qui compte quinze ministres dont huit hommes et sept femmes.
Il compte également quatre secrétaires d'Etat et un haut commissaire.



- Alain Juppé, ministre d'Etat, ministre de l'Ecologie, du développement et de l'aménagement durables.

- Jean-Louis Borloo, ministre de l'Economie, des Finances et de l'Emploi.

- Michèle Alliot-Marie, ministre de l'Intérieur, de l'Outre-mer et des collectivités territoriales.

- Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères et européennes

- Brice Hortefeux, ministre de l'Immigration, de l'Intégration, de l'Identité nationale et du Co-développement

- Rachida Dati, garde des Sceaux, ministre de la Justice

- Xavier Bertrand, ministre du Travail, des Relations sociales et de la solidarité

- Xavier Darcos, ministre de l'Education nationale

- Valérie Pécresse, ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche

- Hervé Morin, ministre de la Défense

- Roselyne Bachelot-Narquin, ministre de la Santé, de la Jeunesse et des sports

- Christine Boutin, ministre du Logement et de la Ville

- Christine Lagarde, ministre de l'Agriculture et de la Pêche

- Christine Albanel, ministre de la Culture et de la communication, porte-parole du gouvernement

- Eric Woerth ministre du Budget, des Comptes publics et de la Fonction publique

- Roger Karoutchi, secrétaire d'Etat auprès du Premier ministre, chargé des Relations avec le Parlement

- Eric Besson, secrétaire d'Etat auprès du Premier ministre, chargé de la Prospective et de l'évaluation des politiques publiques

- Dominique Bussereau, secrétaire d'Etat auprès du ministre d'Etat, ministre de l'Ecologie, du Développement et de l'aménagement durables, chargé des Transports

- Jean-Pierre Jouyet, secrétaire d'Etat auprès du ministre des Affaires étrangères et européennes chargé des affaires européennes

- Martin Hirsch, Haut commissaire aux solidarités actives contre la pauvreté.


Commentaire :

La composition de ce gouvernement mécontente un certain nombre de personnes. D’abord des proches de Nicolas Sarkozy qui espéraient bien être ministres. On peut les comprendre. Mais tout le monde ne peut pas être ministre, et les plus intelligents d’entre eux, tel Pierre Lellouche l’ont bien compris, et se tiennent en attente. Après tout, le quinquennat ne fait que commencer, et il pourrait y avoir des remaniements aussitôt après les élections législatives.

Autre sujet de mécontentement, la présence dans cette équipe de certaines personnalités de gauche.
Evidemment, le parti socialiste, par la bouche, notamment, de François Hollande, parle de manœuvres de « débauchage ». Pure tactique de la part de Nicolas Sarkozy, déclare celui qui a failli devenir « prince consort ». Sarkozy, poursuit M.Hollande, n’a qu’un seul objectif : avoir les mains libres pour mener, sans entraves sa politique.
Et alors ? Le président de la République se serait-il donné un mal de chien pour séduire 53% de l’électorat, pour ensuite se lier les mains, et devoir cohabiter cinq années durant avec ceux dont l’idéologie a plongé la France dans un marasme effroyable depuis plus de 25 ans (y compris pendant les brèves périodes où une droite incertaine et honteuse d’elle-même gouvernait avec les principes de son opposition qui n’avait plus qu’à faire de la surenchère) ?
M. Hollande, comme à son habitude, manque de sérieux.

A droite, il y en a qui, comme moi, ne voient pas de gaîté de cœur, un Bernard Kouchner (monsieur jactance) occuper le quai d’Orsay.
Mais la politique est l’art du compromis (compromis : « Arrangement dans lequel on se fait des concessions mutuelles » selon le dictionnaire Robert), non toutefois de la compromission (« Acte par lequel on transige avec sa conscience » selon le même dictionnaire).
Le président de la République, qui obéit à des considérations tactiques, cela est très clair, n’oublie pas non plus qu’il est le président de tous les Français, pas seulement de son électorat (même nettement majoritaire). Son message aux électeurs qui n’ont pas voté pour lui est clair lui aussi (je parle des électeurs, non des appareils politiques) : « j’ai l’intention d’appliquer mon programme, mais ma présidence ne sera pas une présidence de guerre civile ».
Dans l’histoire de la France, et à des époques où la légitimité du souverain était plus clairement fondée qu’aujourd’hui, il s’est trouvé des « politiques », un Richelieu, un Mazarin, qui contribuèrent fortement à former ou affermir l’identité nationale, à un moment où elle était gravement menacée (pour d’autres raisons, certes, que celles d’aujourd’hui), pour faire des concessions (tactiques), accepter des compromis (non des compromissions).
On trouvera (peut-être avec raison) que je fais beaucoup d’honneur à monsieur Sarkozy en évoquant pour tenter de justifier sa politique les hautes (et d’ailleurs discutables) figures de Richelieu et de Mazarin. Peut-être ! Peut-être !

Je veux seulement ne pas adopter à son égard les préjugés d’une certaine droite, qui se complait dans l’opposition stérile, et qui est d’autant plus « pure », réfugiée sur le socle de ses principes, qu’elle se complait depuis trop longtemps dans l’inaction, les mains d’autant plus pures qu’elle n’a pas de mains pour reprendre la formule de Charles Péguy. Cette droite de la « belle âme » que décrivait ainsi le philosophe Hegel : « (Sa) conscience vit dans l’angoisse de souiller la splendeur de son intériorité par l’action, (…) et pour préserver la pureté de son cœur elle fuit le contact de l’effectivité et persiste dans l’impuissance entêtée ;(…..) Son opération est aspiration nostalgique qui ne fait que se perdre en devenant objet sans essence (…..) ; dans cette pureté transparente de ses moments elle devient malheureuse belle âme, comme on la nomme, sa lumière s’éteint peu à peu en elle-même, et elle s’évanouit comme une vapeur sans forme qui se dissout dans l’air ».

Oui, la politique est l’art du possible, non celui du tout ou rien.

Cela dit, j’écris ces lignes dans un esprit de totale indépendance à l’égard du gouvernement, et du nouveau président.
S’il s’avérait que l’esprit de compromission l’emportait sur celui du compromis, si ceux qui, comme moi, ont pris au sérieux (mais conscient d’avance des difficultés à venir) les propositions de Nicolas Sarkozy (et nombre d’entre elles sont les miennes depuis fort longtemps) étaient délibérément abusés, je ne manquerais pas d’en prendre acte, de le dire, et de l’écrire.

L’opposition deviendrait la règle. Le Scrutateur (ses différents chroniqueurs, unis sur l’essentiel, mais de sensibilités parfois différentes, comme on s’en est déjà aperçu) continuerait son travail de contribution à la formation de l’esprit civique, rigoureusement, et honnêtement, c’est à dire sans préjugés.

En attendant : « WAIT AND SEE ! ».

Edouard BOULOGNE.





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ecototo 05/06/2007 11:01

j'ai un peu parcouru votre blog...quel besoin de crier à la "totale indépendance" (ça revient souvent chez vous) si le discours ne véhiculait pas justement un sérieux doute la dessus ? Et on a fait des études de philosophie ! Quel désastre...

Edouard Boulogne 05/06/2007 13:00

Bienvenue sur notre libre Scrutateur!