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Publié par Edouard Boulogne

Une jeunesse chinoise.
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Yu Hong (Hao Lei), lycéenne de province est admise à la fac de Pékin. Nous sommes en Chine  en 1989. Elle quitte sa famille et son ami après s’être donnée à lui, à la lumière des phares dans un terrain vague.
A Pékin, elle découvre, les copines, les cours, les couloirs délabrés et sans fin des cités étudiantes, les turnes surpeuplées et un magnifique étudiant Zhou Wei (Guo Xiaodong) avec lequel elle se jette dans une relation aussi charnelle qu’incomplète. Ils ne se parlent que peu et les moments d’intimité sont plus marqués par la maladresse et la non communication que la tendresse ou l’épanouissement. Cahin-caha, les études, les amitiés, les jeux pervers et violents des cache-cache et de la jalousie amoureuse,  font le quotidien et défont la pauvre tête de Yu Hong.
Les intrigues, vaines et peu explicites du petit groupe d’étudiants surexcités, qui sont la trame des 2h20 de film, ne nous préparent pas à ce qui sera suggéré aussi peu clairement que possible : Tian an men et son explosion sacrificielle, la chute du mur de Berlin, l’ouverture de la Chine à un certain libéralisme.
On a l’impression, d’être en permanence au milieu d’autistes…si bien que les chutes, les frissons, les douleurs, les enfermements, les fuites des personnages et de Yu Hong en particulier, coulent de source…Nous sommes tenus dans un monde frénétique, silencieux ou hurlant ;  nous sommes témoins de vies désespérées et sans fil conducteur….
L ‘héroïne parle, dans son journal intime, de sa recherche de l’Idéal, malheureusement nous ne sentons qu’une recherche désordonnée de passion juvénile  mal assumée.. et nous voyons qu’au fil des années, (car le film nous traine, le mot n’est pas vain…. jusqu’aujourd’hui) la jeune fille n’a rien appris et ne grandit pas. Elle souffre, elle s’inflige de souffrir, en fait, elle se déteste, et ne peut que passer à côté  des autres…
Le réalisateur Lou Yé a pris le parti de ne rien enjoliver. Sa caméra sans aucune poésie ne laisse place qu’au sordide, au cru, au répétitif, comme les erreurs et les phobies de la jeune chinoise. De trop nombreuses scènes de lit, tristes et peu imaginatives, sont annoncées par une assez belle mélodie au violoncelle. Toujours les mêmes cadrages, les mêmes plans, les mêmes lumières et le même ennui…Violoncelle….zut ! Encore du sexe !….On aurait pu éviter 25 minutes d’ennui…..
Pour le fond, créditons Lou Yé de bonne volonté…puisque ce film et sa présentation à Cannes (rassurez-vous, il n’a obtenu aucune récompense) lui aura valu une interdiction de tourner de 5 ans par le gouvernement chinois….Ca vaut quelques félicitations…

                                                                               Marie Deval
Une jeunesse chinoise
Titre original: Yihe yuan
Genre: Drame, Romance,
 Durée: 2h20
 Pays: Chine
 
Réalisé par:
Lou Ye

Avec:
Hao Lei, Guo Xiaodong, Hu Ling, Zhang Xianmin, Bai Xueyun, Cui Lin, Duan Long, Le Chi, ...

 

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