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Publié par Edouard Boulogne

Jaur--s.jpgSarkozy? Pourquoi pas? par Jean Jaurès.

(Les morts n’ont pas, je le sais, le pouvoir de voter. Et puis, je n’ai pas reçu cette nuit la visite du fantôme de Jean Jaurès qui m’aurait fait des confidences. Mais les propos haineux et médiocres, plein de « socialitude» des amis de madame Royal à l’encontre de Nicolas Sarkozy, m’ont conduit à risquer ce titre accrocheur, et à rechercher un texte de Jean Jaurès (mort en 1914 !), qui montre que le président de l’UMP n’est nullement un imposteur, quand il intègre à son discours certains aspects de la pensée du grand leader socialiste. Il est vrai que le socialisme de Jaurès est d’une autre mouture que celui de Ségolène, de Djack Lang ou du pauvre François (Hollande, pas Bayrou !).
Jaurès n’était pas un politicien ordinaire, mais aussi un philosophe, ancien normalien, condisciple et ami d’Henri Bergson. Son socialisme n’avait pas encore été marxisé, léninisé, trostkysé, soviétisé, et …..embourgeoisé, comme aurait dit ce cher mal pensant de Charles Péguy.
Qu’on lise plutôt ce texte (que j’avais publié dans la revue Guadeloupe 2000, n° 80, en septembre 1982) du fondateur du journal l’Humanité, et que l’on ose prétendre, comme encore ce jour, Ségolène Royal au stade Charléty, que Sarkozy est un voleur ! Il est temps que dimanche le peuple fasse taire ces gens-là !  Edouard Boulogne).




Il N'Y A DE CLASSE DIRIGEANTE QUE COURAGEUSE.
Par Jean Jaurès.



Il n'y a de classe dirigeante que courageuse. A toute époque, les classes dirigeantes se sont constituées par le courage, par l'acceptation consciente du risque. Dirige celui qui risque ce que les dirigés ne veulent pas risquer. Est respecté celui, qui volontairement accomplit pour les autres les actes difficiles ou dangereux. Est un chef celui qui procure aux autres la sécurité en prenant pour soi les dangers. Le courage, pour l'entrepreneur, c'est l’esprit de l'entreprise et le refus de recourir à l'Etat ; pour le technicien, c'est le refus de transiger avec, la qualité ; pour le directeur du personnel le directeur d'usine, c'est la défendre l'autorité et, avec elle, celle de la discipline et de l'ordre.
Dans la moyenne industrie,  il y a beaucoup de patrons qui sont à eux-
mêmes, au moins dans une large mesure,   leur caissier,  leur comptable, leur dessinateur, leur contremaître ; ils ont, avec la fatigue du corps, le souci de l'esprit que les ouvriers n'ont que par intervalles. Ils vivent dans un  monde de lutte où la solidarité est inconnue. Jusqu'ici dans aucun pays, les patrons n 'ont pu se concerter pour se mettre à l'abri, au moins dans une large mesure, contre les faillites qui peuvent détruire en un jour la fortune et le crédit d'un industriel. Entre tous les producteurs,  c'est la lutte sans merci ; pour se disputer la clientèle, ils abaissent, jusqu'à la dernière limite dans les années de crise, le prix de vente des marchandises ; ils descendent même au dessous des prix de revient, ils sont obligés d'accorder des délais de paiement démesurés qui sont pour leurs acheteurs une marge ouverte à la faillite et, s'il leur survient le moindre revers,  le banquier aux aguets veut être payé dans les vingt-quatre heures.
Lorsque les ouvriers accusent les patrons d'être des jouisseurs qui veulent gagner beaucoup d'argent pour s'amuser, ils ne comprennent pas bien l'âme patronale. Sans doute, il y a des patrons qui s'amusent, mais ce qu'ils veulent, avant tout, quand ils sont vraiment des patrons, c'est gagner la bataille. Il y en a beaucoup qui, en grossissant leur fortune, ne se donneront pas une jouissance de plus ; en tous cas, ce n'est point surtout à cela qu'ils songent. Ils sont heureux, quand ils font un bel inventaire, de se dire que leur peine ardente n'est pas perdue, qu'il y a un résultat positif, palpable, que de tous les hasards, il est sorti quelque chose, et que leur puissance d'action est accrue.
Non, en vérité, le patronat, tel que la société actuelle le fait, n'est pas une condition enviable. Et ce n'est pas avec les sentiments de colère ou de convoitise que les hommes devraient se regarder les uns les autres, mais avec une sorte de pitié réciproque qui serait peut-être le prélude de la justice.

Jean JAURES

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Patrick 05/05/2007 04:42

Ce qui va achever Royal, c'est ce décalage perpétuel entre le discours et les pratiques. Entre l'image "freedent" et la réalité d'une dictature de chaque jour au sein de son propre parti, sa propre famille, son propre ménage ...
Les Français n'aiment pas la tricherie, les fausses indignations, les mensonges et les promesses impossibles.
Une femme socialiste demandait (hier sur RTL avec Hondelatte) : "Je suis infirmière privée, appelée de jour comme de nuit dans des quartiers sensibles. Pourrez-vous me fournir aussi un garde du corps ?" ... Royal, prise de court, a eu une hésitation mais a dit "oui, je le ferai. Je le ferai pour toutes les femmes, car je veux d'une France plus juste, etc, etc ..."
Et elle n'a même pas honte.

Il fautcraindre les gens qui ne connaissent pas la honte ! Car ils ne reculent devant RIEN et sont capables de TOUT.

Enfin, comment peut-on oser parler de "danger pour la démocratie" à propos d'un candidat qui réalise le meilleur score au premier tour avec un record de participation !!!
C'est ridicule, lamentable et beaucoup, beaucoup de socialistes voteront Sarkozy parce qu'ils savent qu'on les trompe ...

José Paldir 04/05/2007 18:59

Cet article est très intéressant et devrait être montré partout, à la veille du second tour. Il montre bien la mauvaise foi des socialistes (ou leur méconnaissance de leur propre histoire).

Savent-ils seulement qui est Jaurès ?

Quant au résultat de l’actuelle élection présidentielle, je souhaite pour tous qu’il révèle une éclatante victoire de Sarkozy. Car enfin, il faudra bien 5 ans de débats participatifs à la mère Royal pour nous pondre quelque chose qui ressemble à un programme …