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Publié par Edouard Boulogne

10 mai 2013 : Esclavage : commémoration et actualité, ( Mwalimu Ladislas Katsuba kinyali )

taubira-debout.jpg ( Madame Taubira, notre vénérable ( et vénérée ) ministre de la "justice" ). 

 



Une des limites de la loi dite Taubira, sur l'esclavage comme crime contre l'humanité, ( allez savoir pourquoi )  est de se borner à la commémoration de l'esclavage pendant une période limitée, celle de cette triste institution où les Européens l'ont pratiquée ( en gros du XV ème au début du XIX ème siècle ) tout en négligeant le fait que de nombreux européens furent victimes de cet odieux commerce, notamment du fait des arabes en méditerranée.

Abolie, pas seulement aux Amériques, mais aussi en Afrique, du fait des Européens, pendant la période coloniale ( en gros à partir de 1860 ), l'esclavage n'y disparut jamais complètement, dans les faits, et est reparti de plus belle après la décolonisation ( à partir des années 1950 ).

On aimerait savoir si madame Taubira cessera de se borner à la dénonciation d'une partie du passé ( sur lequel personne ne peut rien, sauf énoncer des regrets, et jeter, pour certains, des insultes intimidantes, à des fins que l'on connait ) pour s'efforcer de lutter contre l'esclavage actuel, là où il existe, et prospère. Mais cela est une autre affaire.

 

 

( I ) Dans le cadre de cette lutte, le Scrutateur incite à la lecture d'un article, sur son blog, d'un intellectuel africain, M. Mwalimu Ladislas Katsuba kinyali, : De l'esclavage en Afrique, qui nous a paru assez exact et équilibré.http://ladislaskinyali.over-blog.net/article-de-l-esclavage-en-afrique-116831462.html .

 

( ….. ) « Aujourd'hui, l'esclavage en Mauritanie continue d'exister. Il concerne les descendants des noirs asservis il y a des générations; ils travaillent en partie encore comme esclaves pour les "maures blancs". On ne connait pas exactement le nombre des esclaves dans ce pays, mais on estime qu'ils sont des centaines de milliers. L'experte de l'esclavage moderne Kevin Bales estime que la proportion d'esclaves dans la population totale est la plus haute du monde. Il y a des organisations en Mauritanie comme El Hor et SOS Esclaves qui luttent contre l'esclavage. Le 8 août 2007 le Parlement du pays a adopté une loi criminalisant l'esclavage, puni de dix ans d'emprisonnement (International). En résumé, les grandes périodes d’esclavage coïncidèrent avec la découverte du nouveau monde. Les Noirs étaient utilisés comme main d’œuvre. Le colonialisme fut l’apogée de la traite des Noirs. Après de longues révoltes et beaucoup de fuites, (sur la terre ferme), l’abolition de ce principe dit « normal » par la population aisée se mit en marche. L’esclavage fut finalement aboli au XIXe siècle ; et la déclaration des droits de l’homme et du citoyen a finalement clos le sujet. L'esclavage en Afrique est une constante de l'histoire du continent. Il fut pratiqué par diverses civilisations depuis l'Antiquité jusqu'à aujourd'hui. Il donna lieu à un important trafic d'hommes, la traite négrière et marqua profondément la géographie et les sociétés africaines »

 

  1. Mwalimu Ladislas Katsuba kinyali néglige de parler du Soudan musulman, qui pratique l'esclavage à grande échelle, aujourd'hui, encore. Ou bien de se demander ce qu'ils pensent de l'esclavage actuel, dans la corne de l'Afrique, au sultan de « notre grand ami » le sultan du Qatar, ou au roi d'Arabie, pour nous contenter d'évoquer les plus notoires. Ah! Que nous aimerions que madame Taubira intervienne auprès de ces éminents personnages pour que cesse enfin, aujourd'hui ( pour hier...c'est fait ), l'abominable crime contre l'humanité.

Voyez-vous, lecteur, ami, il est permis de rêver. Mais c'est un devoir, d'agir et d'informer. Pour ma part je fais ce que je peux. Malheur aux fainéants, et aux lâches multicolores.

 

Esclaves-e-vente-en-Afrique-2010.pngEsclaves en vente en Afrique, en 2010.

     http://jssnews.com/2013/04/10/selon-lonu-des-centaines-de-milliers-desclaves-au-liban-en-jordanie-au-qatar-et-en-arabie-saoudite/

 

( II ) : Esclavage : Mise à plat du phénomène.

 

Dans cette deuxième partie, on trouvera la conclusion de la petite plaquette que j'ai publiée en 1998, à l'occasion de l'anniversaire du cent cinquantenaire de l'abolition de l'esclavage aux Antilles, sous le titre Esclavage, Eléments pour une mise à plat du phénomène. ( Cette plaquette avait été tirée à 5000 exemplaires. Il en reste une centaine de disponible, que je peux adresser, gratuitement à ceux qui en feront la demande, en m'écrivant, et en joignant à la demande un simple timbre poste au tarif d'une lettre ).

 

Esclavage-Mise-a-plat-du-phenomene-.jpg

 

Voici cette conclusion :

 

"Notre prochain, ce n'est pas notre voisin, c'est le voisin du voisin", ainsi pensent toutes les nations.

Nietzsche

 

Qui veut excuser les excès des uns au nom des excès des autres ? Certainement pas l'auteur de ces lignes, qui s'efforce conformément à une ligne constante, de parler vrai. Il s'agit pour les Antillais que nous sommes d'assumer ce qu'il y a de difficile à admettre pour des consciences éprises d'honneur, marquées par le christianisme. Une commémoration n'a de valeur que si elle permet une mise à plat complète d'un contentieux ancien dont il reste des plaies qui suppurent.

Osons le dire, s'il faut récuser ceux qui voudraient escamoter l'événement historique, il faut rejeter tout autant les profiteurs de malaise, les faux humanistes, et démagogues de tout poil, sourciers infatigables de fétidités enfouies, et racleurs de grattelles oubliées. Ces faux humanistes pullulent, à la recherche des bonnes poires qui auront la naïveté de gober leurs propos enfarinés. Que l'on me permette de citer encore à ce sujet le professeur Gusdorf, qui les connaît très bien : "Aujourd'hui encore débarquent sur les bords de Seine ou de l'Hudson (et en Guadeloupe ou Martinique, ajouterons-nous), des Persans (14) de tout acabit en complet veston qui se livrent dans les organisations internationales à une critique radicale de la civilisation occidentale, dénonçant ses excès et ses abus, les injustices en tout genre dont elle accable le tiers monde au nom des droits de l'homme. Rentrés chez eux, les mêmes individus, ayant dépouillé leur déguisement à l'Européenne, revêtent le costume local et reprennent la mentalité et la rhétorique en vigueur dans leurs espaces mentaux respectifs, où la valeur de la vie n'est pas la même, et où l'on n'a jamais accordé beaucoup d'importance aux droits de l'homme, ni à ceux de la femme, même si les représentants diplomatiques de ces pays ont contresigné de belles déclarations universelles garantissant les droits en question dans un langage occidental, intraduisible dans les idiomes locaux."

Il y a un autre auteur que j'aimerais citer pour conclure. Je le cite d'autant plus volontiers que philosophiquement il se situe très loin de moi puisqu'il est marxiste. Cet auteur c'est l'écrivain (point.. .vaine, malgré son marxisme !) Jacqueline Lamartinière, dont j'aime à évoquer la brochure intitulée : "Le noirisme, essai sur la négritude et son utilisation dans le contexte haïtien".Haïti est cette"première République noire" où l'esclavage n'a jamais disparu, même s'il n'en porte pas le nom, ce qui est peut-être pire.

Dans une perspective marxiste qui n'est pas la mienne, mais qui dans ce cas précis n'en saisit pas moins un aspect impor­tant de la réalité de ce malheureux pays, elle note que les Duvalier par exemple ont assis et perpétué leur pouvoir des­potique sur une idéologie noiriste : "Ne votez jamais pour qui est plus clair de peau que vous"

Madame Lamartinière écrit (page 11) : "Toutes ces fadaises noiristes n'ont qu'un but : démontrer aux masses, leur faire admettre que le blanc est l'ennemi, que le noir est l'ami, qu'elles doivent se laisser diriger de préférence par les noirs, portant ainsi un coup fatal aux revendications populaires et à la lutte des classes. Plus loin, l'auteur évoque le rejet radical de la civilisation occidentale européenne. Elle écrit (page 29) -."L'idée que la civilisation européenne est responsable du racisme colonial rejoint le rejet de l'assimilation culturelle de l'occident chré­tien, et se rapproche de l'exaltation du nègre, du vaudou, du créole, dont le but visé est bien clair : remplacer le fouet blanc par le fouet noir''!

Lecteur ami qui avez eu la patience de suivre jusqu'ici mon effort de vérité, croyez-vous que les Persans de Gusdorf, les macoutes haïtiens ont leurs correspondants, ici, en Guadeloupe, et en Martinique, en la personne de certains de nos distingués commémorateurs ?... Moi aussi !

 

Edouard Boulogne

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Abel Deujour 10/05/2013 13:54


Les réparationnistes sont des gens très intéressants à observer : très forts dans l'anathème "post mortem", lorsqu'il s'agit de faire payer aux vivants des faits en quelque sorte périmés, ils
sont beaucoup moins ardents lorsqu'il s'agit de poursuivre les crimes contre l'humanité d'aujourd'hiu au nombre desquels on peut citer l'excision et l'avortement. Ah ! mais c'est que l'avortement
est inscrit dans la loi, c'est donc vous le criminel puisque vous réfutez la loi. Mais c'est que l'esclavage était, en son temps, également inscrit dans la loi. Alors, allez-vous cesser de
considérer l'esclavage comme une pratique honteuse sous prétexte que sa pratique en a été codifiée ? Antigone, cela ne vous dit rien ? Avançons, s'il vous plaît. Comme le dit le Scrutateur,
l'esclavage, dans l'histoire du monde, n'est pas une spécialité franco-française, cantonée à quelques siècles maudits. En revanche, les répérationnistes semblent bien s'être fait une spécialité
de leurs revendications en dehors desquelles ils n'ont ni intelligence, ni conscience. L'intelligence, pour relier le sensible et l'intelligible, et la conscience pour relier justice et justesse.
Les réparationnistes sont un peu comme cette rose qui pensait - de bonne foi, elle - qu'il n'y avait qu'un seul homme sur terre, son jardinier. Et pourquoi le pensait-elle ? Parce que, dans son
jardin où elle vécut ce que vivent les roses, elle ne vit jamais qu'un seul homme : son jardinier. Sur le même ton, observons avec quelle fougue nos réparationnistes imprécateurs courent après
une responsabilité - étrangement actualisée - de faits proscrits - et également prescrits - depuis près de deux siècles. En revanche, sur les exactions d'aujourd'hui, la sauvagerie, la
délinquance, le terrorisme - bien actuels, ceux-là, et même très localisés - rien. Silence. Personne. La sauvagerie, la délinquance, le terrorisme, cela n'existe pas. QUelle sauvagerie, quelle
délinqaunce, quel terrorisme ? Certes, pareilles horreurs ont existé : en gros du XVème siècle au milieu du XIXème siècle. Les Français, les blancs, les colonisateurs en eurent le monopole.
Depuis, les peuples opprimés se sont mis debout. La sauvagerie, la délinquance, le terrorisme ont disparu. Sauf chez ces maudits colonosateurs. Que voulez-vous, le vice, cela ne saurait
s'éradiquer sans les purges qui vont avec. Cela, tous les despotes en herbes ou en fructification l'ont non seulement compris depuis toujours, mais pour ce qui est de purger, d'épurer, de
regénérer à leur botte, ils ont adoré ça, et en général ils ont su s'y prendre avec le concours de tous les idiots utiles disponibles....