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Publié par Edouard Boulogne

Le journaliste François-Joseph OUSSELIN .

Le journaliste François-Joseph OUSSELIN .

La prononciation par le ministre des outre-mer du mot d'autonomie m'a d'abord irrité et inquiété. Car le jeune ministre et son jeune président Macron (dont je ne crois pas qu'il ait ainsi parlé sans son accord) mérite d'être examiné avec attention. L'un et l'autre par leur âge tendre pouvaient ignorer que l'expression « autonomie démocratique et populaire première étape vers une indépendance à contenu « socialiste » fut pendant plus de quarante ans la ligne directrice du parti communiste guadeloupéen dans sa pire période satalinienne. La population guadeloupéene ne l'entendait pas ainsi, et l'effondrement de l'URSS, en 1991 fit disparaître le slogan dans les poubelles de l'histoire pour employer le vocabulaire de ces gens là.

Le mérite de François-Joseph OUSSELIN, journaliste sérieux et compétent est de le dire en s'adressant à nos élus en les incitant à mieux s'instruire des textes législatifs qui existent et dont ils ne se servent pas, par l'incompétence qui est la leur du fait de leur paresse intellectuelle et de leur propension à considérer la politique comme un moyen pour eux de parader sur les estrades et de babarder sur les médias comme des paons. (Le Scrutateur).

 

(PS : Il nous appartient à tous de rester vigilants car la politique est une activité où le diable n'est jamais absent en prince de l'équivoque qu'il est).

De la "domiciliation du pouvoir" à l'autonomie : le complexe des acteurs politiques de la Guadeloupe.


 

La notion d’autonomie de la Guadeloupe abordée très librement par Sébastien Lecornu a surpris plus d'un. Elle vient en réponse à la demande, répétée comme un refrain par de nombreux élus, sans que pour autant, on sache vraiment quels pouvoirs ils souhaitent voir "domiciliés"

Francois-Joseph Ousselin • Publié le 27 novembre 2021 à 19h13 mis à jour le 27 novembre 2021 à 20h14

C'est peut-être là l'enjeu d'une discussion de fond dont la Guadeloupe ne pourra pas faire l'économie. Une discussion proposée par le ministre de l'Outremer. Du haut de ses 35 ans, le jeune ministre n'a pas hésité à tacler un personnel politique qui, en face de lui, n'a pas semblé mesurer la réalité de la demande qu'il lui exprimait. La surprise des uns et des autres reste le biais par lequel cette offre de discussion est arrivée 

Un concept plus admissible

Quoi qu'il en soit, cette expression "domiciliation du pouvoir" portée en premier lieu par le GUSR, Guadeloupe Unie solidaire et Responsable, correspond d'ailleurs à son changement d'identité. Le parti fondé par Dominique Larifla a toujours changé de nom à chacune de ses évolutions : d'abord un mouvement qui naît sous l'appelation "Groupe de Réflexion et d'Action pour la Guadeloupe" (GRAP-G), il devient ensuite le Front Uni dans l'Intérêt de la Guadeloupe (FRUI-G) avant de devenir, en 1994, un parti politique qui prend le nom de Guadeloupe Unie, Socialisme et Réalités (GUSR)  et atteindre son dernier stade d'évolution en prenant le nom de Guadeloupe Unie Solidaire et Responsable. Et derrière chacune de ses étapes, le parti, qui a depuis porté à sa tête Guy Losbar, précise son regard sur la manière qu'il imagine pouvoir gérer la Guadeloupe. Le dernier stade correspond donc à celui où il revendique "la domiciliation du pouvoir".
Il aura permis au parti de Guy Losbar d'utiliser un vocabulaire plus audible aux oreilles des Guadeloupéens, peu enclins à entendre celui d'autonomie ou d'indépendance que les partis nationalistes ou indépendantistes portent sans hésitation, et plus avancés que le statu-quo des autres partis de l'échiquier politique guadeloupéen.

L'étendue de la loi NOTRe

Pour autant, la décentralisation à la française, mais aussi les suites du référendum de 2003, ont également contribué à une large évolution dans le transfert des compétences entre l'Etat et les collectivités locales. Le dernier arsenal de cette décentralisation aura été la loi NOTRe, la Nouvelle Organisation Territoriale de la République. Promulguée le 7 août 2015, cette loi confie de nouvelles compétences aux régions et redéfinit celles attribuées à chaque collectivité territoriale. Et pour toute la France, les objectifs fixés par cette loi sont les mêmes : 

- Simplifier et clarifier les compétences respectives des collectivités locales
- Faire des régions les moteurs du redressement économique du pays
- Parachever la carte intercommunale
- Renforcer les solidarités territoriales et humaines

Ayant choisi en 2003 de demeurer une région monodépartementale, la Guadeloupe possède pour un même territoire les pouvoirs dévolus à une Région et à un département auxquels s'ajoutent les pouvoirs non moins négligeables des 6 EPCI, les Etablissements Publics de Coopération Intercommunale. Enfin, il reste aussi les pouvoirs de base des communes. 

Des pouvoirs ignorés ou à peine mis en oeuvre par les élus

De fait, avec cette loi NOTRe, c'est toute l'arborescence des compétences politiques des collectivités locales qui a évolué. Taillée pour donner un rôle primordial aux Régions, elle donne à la collectivité régionale le premier rôle dans le soutien au développement économique et notamment une compétence exclusive pour définir les régimes d’aides aux entreprises dans la région.
C'est aussi à la région qu'il revient d'élaborer le schéma régional de développement économique, d’innovation et d’internationalisation (SRDEII).
La Région a aussi la responsabilité du schéma régional d’aménagement et de développement durable et d’égalité des territoires (SRADDET ) qui se substitue aux schémas dans les domaines de l’aménagement du territoire, de la mobilité et de la lutte contre le réchauffement climatique.
Enfin, le rôle de la région en matière de transport et d’intermodalité a été renforcé, elle est même devenue responsable des transports interurbains et scolaires.

Pour sa part, le département s'est vu conforté dans son rôle de chef de file pour assurer les solidarités territoriales et humaines.

Pourtant, sur le terrain, les élus en sont souvent à s'en remettre au rôle de l'Etat. Les EPCI semblent découvrir à petits pas, l'étendue de leurs responsabilités. Les volontés de concordances entre la Région et le Département sonnent aujourd'hui comme un regret du vote de 2003 ou, en tout cas, comme la volonté d'une écriture à la guadeloupéenne de la réponse qui n'a pas été donnée lors de ce référendum. 

Plus généralement, les faibles scores de participation lors des différents scrutins locaux traduisent pour beaucoup une déconnexion entre les candidats à ces élections et les électeurs. La crise actuelle leur aura une fois de plus donné l'occasion de démontrer leur pleine capacité à assumer les pouvoirs qui sont les leurs.
Mais au lieu de cela, cette fois encore, beaucoup ont préféré regarder vers l'Etat, pour trouver les réponses aux revendications formulées sur la plate-forme des organisations syndicales et pas seulement pour la question de l'obligation vaccinale. En ajoutant ensuite que, s'ils avaient plus de pouvoirs, ils auraient mieux fait que l'Etat pour cet Archipel de la Guadeloupe. 

On peut cependant mettre au crédit des élus Guadeloupéens, l'effort fait par eux pour s'exprimer d'une seule voix sur la crise actuelle.

Communiqué des élus

En réalité, d'une manière ou d'une autre, la crise actuelle ouvre la Guadeloupe sur un nouvel avenir, pas forcément celui que certains croient, mais probablement celui du réveil d'une conscience générale qui pourrait non pas remettre en cause les élements statutaires de la Guadeloupe mais bien ceux qui jusqu'à présent, se devaient de prouver leur utilité ou leur inutilité et qui souvent, ont failli


 

https://la1ere.francetvinfo.fr/guadeloupe/de-la-domiciliation-du-pouvoir-a-l-autonomie-le-complexe-des-acteurs-politiques-de-la-guadeloupe-1166314.html

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C
La structure institutionnelle de la Guadeloupe est construite autour de collectivités décentralisées. Sur cent un départements que compte la France, seules la Martinique et la Guyane ont été érigées en collectivités uniques, dont on ne perçoit pas clairement les bénéfices en raison de leurs compétences départementales et des compétences régionales. Les problèmes que connaissent actuellement la Guadeloupe et la Martinique étant identiques .En Guadeloupe, l’action des responsables élus consiste à l’aménagement foncier et surtout la gestion calamiteuse de l’eau menée de manière irrationnelle et anarchique , sans que l’on puisse réellement déterminer les responsabilités. Maintenant nos élus réclament une certaine autonomie … Mais tous ces élus, pour la plupart issus de la société civile, montrent leurs limites en matière de gestion et de gouvernance , la majorité étant issue du corps enseignant , avec à leur tète, un ex d’EDF visé par deux enquêtes préliminaires pour abus de confiance, complicité de détournement de fonds publics et financement illégal de campagne, ainsi que pour le détournement de de fonds d’une partie de son mandat de député.
Quant à la représentativité de nos élus, il y a sans aucun doute un problème … l’actuel maire des Abymes lors de son mandat de député à présenté par exemple comme bilan : 0 semaine d’activité à l’assemblée, 0 présence en commission, 0 intervention dans l’hémicycle, 0 rapport d’écrit, 0 proposition de loi et il se présente en pourfendeur de la politique gouvernementale dans la gestion de l’eau .
Face à ce genre d’improbité, il est évident que si référendum il y a, quant au devenir de l’ autonomie…. La déculottée de nos élus ne sera que plus importante, on ne peut pas et on ne doit pas confier les affaires à ce genres d’individus au même titre que notre ministre qui avait déclaré ne pas vouloir recevoir domota et qui pourtant a reçu ses doléances…. Probablement hors sujet, mais significatif….le leader du lkp perçoit 40% de vie chère, son salaire de novembre vient d’être versé au titre de directeur adjoint d’un pole emploi, ainsi que le quatorzième mois soit 14000 Euros
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C
SUITE à ce qu'a écrit Carène, j'aimerais que nous ayons conscience aussi de la malheureuse habitude
d'une partie des guadeloupéens de faire ce qu'ils veulent, sans souci des lois, et. dans une certaine anarchie
Ainsi ,en évoquant l'amélioration de l'habitat, il faut également préciser qu'une part importante de cet habitat est établie sans permis de construire, sur des terrains n'appartenant parfois pas au constructeur; et qui pourtant possède l'eau et l'électricité...

QUID des taxes correspondantes qui financent en partie l'activité des mairies? Quid du plan d'occupation des sols ou du schéma d'aménagement du territoire? Quid de l'habitat squattérisé, ou de terres occupées par des clandestins?
Les "lourdeurs administratives" ne seraient-elles pas le revers d'un certain laxisme électoraliste local ?

Est-ce la "recherche de consensus" qui conduit la région à accepter que les pompiers de Guadeloupe ne soient pas vaccinés, mais seulement testés (tous les jours?). Soyons sûrs que les mêmes "responsables" exigeront du préfet la fermeture intégrale du port et aéroport, pour que les touristes (vaccinés),
ne contaminent pas les guadeloupéens...(ou les martiniquais)
Rappelons encore que les élus ont été les premiers entendus, en Métropole, par le ministre et même en visioconférence pour que le président de la région puisse s'exprimer de Guadeloupe.

Peut-être que le double langage " en creux" et le reproche systématique à l'état, de ne pas prendre ses responsabilités vont s'arrêter ? Est-ce la France ou les élus qui doivent choisir entre autonomie et indépendance ? Pour les guadeloupéens, le choix est fait depuis 1948, largement confirmé en 2003; le droit commun des départements et régions.
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C
Bonjour Mr Boulogne,

l'utilité ou l'inutilité de tel ou tel élu local m'est audible. Néanmoins lorsque Marie-Luce Penchard dit :

"l’état a organisé, par l’enchevêtrement des compétences entre lui et les collectivités , l’impuissance des pouvoirs locaux . L’Etat est présent partout aussi bien dans les politiques économiques sociales environnementales et j’en passe .. il faut à chaque fois obtenir des autorisations administratives délivrées par les services de la DEAL par exemple . .. même en matière d’amélioration de L’habitat il est responsable de certains dispositifs et je pourrai vous citer des dizaines d’exemples .. Actuellement au sein de l’association des régions de france ce débat existe pour clarifier les compétences entre l’état et les collectivités",

je ne peux que l'entendre également au vu de la lourdeur des démarches administratives à laquelle nous faisons face nous-mêmes en tant que citoyens. Cette lourdeur peut parfois être le lot d'incompétents sur le terrain mais surtout, de mon point de vue, du fait d'une bureaucratie qui compartimentalise de trop pour faire que la montagne accouche d'une souris.

Le bilans de nos élus n'est pas glorieux certes. Mais est ce réellement par paresse ou parce que cet enchevêtrement, dont parle Mme Penchard, ne leur laisse pas réellement les coudées franches pour faire avancer la Guadeloupe ?
Et s'ils arrivent à retrouver la confiance de peuple, sauront ils rester intègres et droits pour cesser les copinages qui biaise tout ? Et cela, sachant qu'à la tête du gouvernement l'exemple d'intégrité et de droiture pêche qq peu...
Je m'interroge et suis preneuse de votre point de vue.

Merci et belle journée à vous
Carène
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C
Pour commencer je ne suis pas du bord des dirigeants actuels. Je n'ai pas voté pour eux, mais je respecte le vote de la majorité qui leur a donné le pouvoir.
Je ne suis pas un politicien, simplement un citoyen.
Je suis comme beaucoup de guadeloupeens extrêmement surpris que le ministre de l' O M ose parler d'autonomie.
S'il veut rester crédible, il doit être transparent et nous dire qui sont ceux qui demandent ce nouveau statut.
A ma connaissance seuls les indépendantistes , le sieur DOMOTA et ses ouailles,l'ugtg réclament l'indépendance.
Qui peut croire que la France donnera des fonds sans contrôle à des gens qui s'empresseront de se servir et de les dilapider.
Si la parole du ministre a été dictée par le président, c'est donc à lui seul qu'il appartient d'etre transparent et de faire toute la lumière sur cette affaire.
S'il ne le fait pas c'est une preuve de lachete.
Les bretons eux aussi ont demandé leur indépendance.
Ou en sont ils?
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E
Cher lecteur D. Charneau, vous avez sans doute un peu vite l'article que vous êtes sensé commenter.
C
Très judicieux rappel des attributions de chaque institution dans le cadre de la décentralisation, mais
N'était-ce pas les fossoyeurs syndicaux de la Guadeloupe, qui refusaient il y a une semaine de rencontrer et discuter avec les élus, pourtant désignés par le peuple ? Il n'y avait que l'Etat qui était à un niveau suffisant pour eux: le ministre , pas les bwa-bwa, comme ils appelaient les élus autrefois, pourtant guadeloupéens comme eux..

En attendant, le maintien de l'ordre et la liberté d'aller et de venir relèvent bien de l'autorité de l'état.
Ce qui n'est pas encore rétabli partout, et tout le temps.
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