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Publié par Edouard Boulogne

Eric Dupond-Moretti, le meilleur ennemi d'Eric Zemmour...

On le sait j'ai de l'estime pour l'ancien haut magistrat Philippe Bilger. Il m'arrive pourtant d'être en désaccord avec lui, partiellement ou totalement. Même en ce cas je m'interdis de le mépriser car c'est un honnête homme.

Dans l'article qui suit je partage assez largement son analyse, en particulier où il a l'audace de défendre Eric Zemmour, sans être zémourien. Mais sa sympathie envers Eric Dupont-Moretti (ce Godzilla de la politique) est des plus limitée, à l'instar de la mienne.

Jugez-en. (LS).

 

Eric Dupond-Moretti, le meilleur ennemi d'Eric Zemmour...

 

 

https://www.philippebilger.com/blog/2021/10/eric-dupond-moretti-laboiement-de-son-ma%C3%AEtre.html

 

On avait vite compris qu'Eric Dupond-Moretti (EDM) choisi comme garde des Sceaux par le couple Macron - elle le lui ayant conseillé - aurait pour mission essentielle d'être la voix talentueuse de son maître lors des controverses, polémiques et durant la campagne officieuse puis bientôt officielle.

En ce sens, ses vitupérations sur Eric Zemmour (EZ) rentrent dans son mandat. Il l'a traité de raciste, de négationniste et a rappelé sa condamnation pour incitation à la haine raciale. Il a invité les citoyens à "ouvrir les yeux", ce qui est dangereux : ils pourraient se détourner vers une autre cible (BFM TV).

On est passé de "la voix talentueuse" dans une voie non plus engagée mais trop partiale pour être honnête. Pourtant on aurait pu espérer que sa déconfiture lors des élections régionales l'aurait préservé des excès et des outrances mais surtout des faussetés. Apparemment il n'en est rien.

Je lui en veux, sur le plan de l'honnêteté intellectuelle, parce qu'il contraint ceux qui ne sont pas animés par une hostilité sans nuance à l'encontre d'Eric Zemmour mais cependant éloignés de lui à cause de son programme extrême, à le défendre, tant certaines charges sont scandaleuses. Et celle de EDM l'est au plus haut point. Avec des propos aussi éructants, il est totalement contre-productif : il fait monter ce qu'il prétend détruire.

Ce genre d'attaque montre aussi qu'il est temps pour EZ de quitter une posture ambiguë qui pourrait finir par lasser : compter jusqu'à plus soif sur les lecteurs en retardant le plus possible la confrontation avec les électeurs. Se régaler de sa supériorité médiatique pour différer la contradiction démocratique.

D'une certaine manière sa démarche ressemble à celle d'Emmanuel Macron qui continue à profiter abusivement de son bouclier présidentiel pour se tenir à distance de la mêlée à venir où son aura aujourd'hui confortable et assurée pâlira, voire sera battue en brèche.

Comment peut-on, lorsqu'on est au moins nominalement ministre de la Justice, se comporter ainsi et user d'un langage et d'accusations qui, pour deux d'entre elles, sont délibérément mensongères et, pour la dernière, imposerait moins d'amnésie ? Quand on a l'honneur d'occuper une telle fonction, est-il convenable, pour se retrouver sur un terrain sans nuance qu'on affectionne, de travestir une réalité au lieu de l'exposer sereinement, fût-ce avec un zeste de partialité, comme Bruno Le Maire a su le faire ?

Le comble est que EDM sait au fond de lui - quand l'homme honnête qu'il est interpelle le ministre partisan - que EZ n'est ni raciste ni négationniste. Si ces mots ont un sens et si on ne se sert pas d'eux pour nier la caractère politique ou historique de certains affrontements afin de les constituer comme opprobre moral.

Je n'ai jamais entendu dire par EZ que les immigrés du Maghreb ou de l'Afrique noire relevaient d'une race inférieure et qu'il les stigmatisait en tant que tels. Le problème politique et social qu'ils posent, s'ils sont de religion musulmane, serait l'incompatibilité entre l'islam, qu'il assimile à l'islamisme, et notre démocratie, faute pour le premier de ne pas distinguer entre le temporel et le spirituel. On peut juger ce point de vue absurde et les solutions proposées extrêmes. Mais il s'agit d'un débat national qui n'a rien à voir avec la plaie du racisme. Sauf à prétendre interdire par principe toute considération critique sur l'état de notre société.

Il est encore moins négationniste si j'ose dire. Je ne tirerai même pas argument du fait qu'il est juif et sans doute pas masochiste au point de contester l'existence de l'Holocauste qui a gazé des millions de juifs. Jamais EZ ne s'est aventuré dans de tels délires et cette abstention rend insupportable le grief de négationnisme. Arno Klarsfeld, à l'Heure des pros 1, a admis cet élément capital alors que par ailleurs il a imputé à l'historien de graves falsifications historiques (CNews).

Que son analyse historique de Vichy et du fait que selon lui Pétain aurait sauvé les juifs français puisse non seulement choquer mais être réfutée par des chiffres incontestables, est une évidence. On ne comprendra jamais rien à EZ si on n'appréhende pas sa personnalité à la fois de conviction et de provocation.

Là où il passe, l'Histoire officielle doit d'une certaine manière trépasser. Et cette obsession dont il est persuadé qu'elle est historiquement irréprochable le conduit logiquement à formuler un jugement bienveillant sur Pétain, qui demeure, pour beaucoup, une personnalité globalement nuisible de notre Histoire, à peine dépassée par Pierre Laval dont l'exécution, avec ses modalités atroces, a un peu ému.

Cet appétit incoercible de provocation conjugué avec la certitude inébranlable de détenir la vérité ne peut qu'aboutir aux effets qui sont constatés. Beaucoup ne s'intéressent pas ou plus à Vichy mais EZ, s'il ne veut plus en parler maintenant, questionné sans cesse sur lui en a fait un sujet clivant, non pas au nom d'une tactique partisane mais parce qu'il ne supporte pas d'avoir tort dans une matière qui le passionne et avec laquelle il hérisse. Et, chez lui, ce n'est pas un déplaisir !

Mais du pire jusqu'au moins pire, pas l'ombre d'un quelconque négationnisme.

Sur le rappel de la condamnation de Zemmour, si le sujet n'était pas sérieux, je dirais que la remarque d'EDM mérite un peu d'ironie.

Voilà un avocat qui n'a pas cessé, brillamment et avec roublardise, de défendre des accusés, d'avoir fait acquitter, je l'espère, quelques innocents mais aussi des coupables, d'avoir tout plaidé pour faire réduire les sanctions requises pour les crimes même les plus atroces, voilà un ministre qui n'oublie jamais qu'il a été avocat, qui vient s'indigner face à un jugement ayant condamné EZ !

EDM sait pourtant que dans cette matière des infractions de presse, on n'est plus dans la délinquance ordinaire et qu'elle ne permet pas les certitudes liées aux infractions de droit commun.

Comme EZ, contrairement à ce qu'il croit, va avoir du mal à passer de la promotion médiatique à la confrontation politique, EDM est sans arrêt rappelé à ce constat que l'aura judiciaire ne fait pas miraculeusement la réputation et la mesure politiques


 

Philippe Bilger.

Gozilla.

Gozilla.

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C
Pour être tout à fait complet concernant la " posture ambigüe" de M Zemmour, Philippe BILGER doit à la vérité de rappeler la décision du CSA, contraire à ce qu'il avait lui-même affirmé précédemment, de décompter les temps de paroles de l'éditorialiste sur CNEWS, le contraignant à interrompre sa participation à l'émission face à l'info, pendant que M . Macron usait de sa fonction présidentielle pour faire son tour de France électoral, à la pêche aux voix, aux frais du contribuable et sans que ce temps de parole soit décompté.
Peut-être que des rumeurs couraient dans le microcosme d'une éventualité de la candidature de Z, mais le procédé est à l'image du quinquennat.

Il semble alors de bonne guerre que M. Zemmour se serve de la promotion de son livre pour faire son propre tour de France..., en attendant que M. Macron daigne faire une déclaration de candidature, dont la question n'est posée , bizarrement; par aucun média.
Cependant l'opposition est claire, M. Zemmour ayant répondu à des journalistes qu'un Président qui chercherait à dissoudre la France dans l'Europe ou dans l'Afrique, le trouverait sur son chemin.

Enfin, concernant la provocation, M. BILGER devrait avoir l'honnêteté de reconnaître celle de journalistes qui l'interrogent et dont la "culture" se limite à régurgiter la bien-pensance actuelle.
Il suffit de revoir le débat organisé par "front populaire" entre l'éditorialiste et le philosophe M. Onfray, pour comprendre la différence de l'échange où pourtant des désaccords s'exprimaient, sans que personne ne cherche à piéger personne, mais seulement exprimer et nuancer ses idées.
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P
Excellent ! Le fameux Du…pond-Moretti nest rien d’autre qu’un gros tricheur,
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