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Publié par Edouard Boulogne

La Guadeloupe aime- t-elle encore travailler ? par Jean-Marie NOL.
La Guadeloupe aime- t-elle encore travailler ? par Jean-Marie NOL.

La thématique selon laquelle les guadeloupéens ne travaillent pas assez et sont difficiles à manager, a souvent été entendue, mais en cette époque floue, liée à la crise sanitaire, certains chefs d'entreprises veulent lever le tabou. Le problème serait lié aux 35 heures mais aussi aux jours fériés et congés de maladie, mais surtout à une propension démesurée au recours à la grève . Concernant les jours fériés, avec dix huit jours fériés, les guadeloupéens ont beaucoup plus de jours que  la moyenne du nombre de jours fériés sur le Vieux continent européen : onze. En Guadeloupe , les arrêts maladie ont augmenté de 30 % entre 2015 et 2020 .

Par ailleurs , les guadeloupéens sont parmi les travailleurs les moins productifs d’Europe et sont dernier avec la Guyane et Mayotte quand on calcule la productivité par personne en emploi et par heure travaillée. Avec cette approche , plusieurs sociologues du travail et économistes estiment que si les guadeloupéens étaient plus productifs, le chômage serait plus faible dans le pays. 

Face au travail de moins en moins prisé par les guadeloupéens , comment agir et réagir ?... Les Guadeloupéens [en emploi], qu'ils soient salariés ou non-salariés, travaillent en moyenne moins chaque année que dans la moyenne de la France hexagonale et des pays de la Caraïbe , avec 1273 heures contre 1 526 heures travaillées dans l'Hexagone et pour 1942 heures dans la moyenne des pays de la région Caraïbe. D'aucuns incriminent le management qui serait plus souple et aussi moins formalisé, avec notamment des entretiens d'évaluation annuels qui ne concernent que trois salariés sur dix. Et que dire de la grève ? À l’approche de l'échéance de l'obligation vaccinale qui va vraisemblablement provoquer des désordres sociaux , la question revient régulièrement : la Guadeloupe est-elle la "championne du monde de la grève" ? Une interrogation à laquelle il est difficile de répondre, mais l'exemple du conflit dans les collectivités locales et au mémorial act est parlant avec respectivement environ trois mois de grève et plusieurs mois de droit de retrait. Le tout sans véritable suspension de salaires. Quel foutoir cette fonction publique en Guadeloupe. Mais le nœud gordien semble aujourd'hui se situer au mémorial 'act  ! Comment vont réagir le président chalus et surtout le syndicat CFTC après cette décision de justice de réintégration de l' ancienne directrice Madame laurella Rincon. Que va faire le syndicat CFTC dont les mandants sont toujours indûment ou non  en droit de retrait depuis 180 jours ? Un véritable casse tête  que ce climat social au mémoriel act, sans compter que toute cette gabegie ternie l'institution et coûte 5 millions d'euros chaque année aux contribuables guadeloupéens.

L'esprit de responsabilité  et l'exigence de rigueur manquent énormément aux guadeloupéens, c'est pour cela que ce peuple est très facilement manipulable. Il ne réagit que de façon émotionnelle et ça c'est une séquelle de l'esclavage et de la colonisation. Il est plus que temps d'en finir avec cet atavisme car la révolution numérique et la crise du Covid avec l'explosion du télé-travail va frapper de plein fouet le monde du travail. L’occasion de repenser la façon de l'encadrer en Guadeloupe. Le management autrement (notamment par objectifs) et le respect par tous les travailleurs guadeloupéens des règles suffiraient à solutionner l’essentiel des situations évoquées en matière d'insuffisance de travail. 

Le hic voire le drame en Guadeloupe , c’est que certains n’osent pas sanctionner les fauteurs de troubles  quand ils dérapent, et le règlement des jours de grèves explique à lui seul cette perte de sens et de responsabilité. 

 

Le travail est un trésor. Le travail des autres, cela va de soi.”

 

Jean-Marie Nol économiste 

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C
Les querelles de personnes ou de contrat autour du MACTe n’ont pas empêché le Conseil Régional de la Guadeloupe, à la fin 2020, d’être à l’initiative d’une importante relance économique saluée par certain chroniqueur économiste : « avec une belle unité de la classe politique guadeloupéenne, tranchant singulièrement avec la situation ubuesque de la Collectivité Territoriale de Martinique, empêtrée dans une guerre picrocholine qui n’a rien de bon pour la Martinique. »
Dans une ou deux assemblées, les hommes restent des hommes, les débats ou la lutte d’influence pour le pouvoir vont bon train, depuis la constituante révolutionnaire…


Par contre, on constate une étrange et triste ressemblance entre les îles sœurs, celle des fréquentes "mobilisations ", grèves, blocages ou barrages (Cf La Ière France-Tv info), organisées et menées en réalité par des poignées d’agitateurs au nom de syndicats séparatistes.
On aurait pu espérer qu’avec la nouvelle collectivité de Martinique, parmi les acteurs territoriaux, ces syndicats se sentent davantage concernés, s’impliquent pour le développement du pays et décident de soutenir les élus, au moins quand des circonstances difficiles affectent les îles.
Tel ne semble pas le cas, en particulier de tous ceux qui estiment que l’autonomie n’est qu’une « ETAPE vers une INDEPENDANCE à contenu socialiste » ; mais d’abord totalitaire (On sel pep, on sel parti, on sel nasyon…), de l’invasion de routes à l’agression de journalistes ou l'insulte de soignants venus de Métropole pour aider ?
Leur action relève d’un sabotage délibéré de l’économie et de l’intimidation des populations par la violence, appartenant plus au terrorisme qu'à la manipulation et qui les menace jusque dans leur santé actuellement.

Heureusement, cela n’a pas empêché les guadeloupéens de voter, avec sagesse et malgré les appels de certains élus, pour le maintien dans le droit commun du département, considérant que le changement d’institutions n’était pas le coup de baguette magique par lequel seraient résolus tous les problèmes (du chômage, de l’habitat, des infra- structures, de l’industrie, du commerce ou du tourisme, etc.) plus importants à leurs yeux que l’éternel retour du sous-marin identitaire.
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H
La Guadeloupe au travail ?

Je suis relativement d’accord avec Jean-Marie Nol sur son analyse mais trouve un peu dommage l’amalgame qui consiste à mettre tout le monde dans le même panier.
De mon point de vue les Antillais ne rechignent pas plus que d’autres devant le travail mais , c’est exact , certains sont plus rétifs que d’autres.
Cela n’est pas propre à nos îles et le comportement des jeunes face au travail s’est dégradé dans les sociétés occidentales et particulièrement en France pour des raisons trop longues à expliquer ici.
Concernant la Guadeloupe je pense qu’il faut distinguer entre ceux qui travaillent dans des conditions difficiles ,comme des maçons ou des charpentiers ,au soleil ou sous la pluie , entre beaucoup d’autres, et ceux qui bénéficient d’un système où la contre-partie de leur rémunération n’est pratiquement plus exigée.
Les seconds travaillent dans la fonction publique et bénéficient de conditions très souples dans leurs obligations.
On les retrouve plus particulièrement dans les emplois territoriaux et hospitaliers.
En application de la théorie du « pas de vagues » largement connue et exploitée par des syndicats indépendantistes et racistes, l’Etat ,et les pouvoirs publics en général ont depuis longtemps oublié le service dû au public et payé avec ses impôt .
On pourrait multiplier les exemples comme des masses salariales qui consomment presque l’intégralité des budgets des communes pour des personnels très peu formés embauchés pour des raisons électoralistes.
M. NOL en décrit , avec raison, beaucoup d’autres.
Mais il en est un qui atteint des sommets , c’est la décision du Directeur de CHU, par ailleurs menacé de mort, qui vient de déclarer ne pas appliquer la Loi dans son établissement relativement à la suspension des personnels non-vaccinés qu séraient 70% !
L’ugtg et autre lkp ont donc gagné !
Le brave M. Cotellon a oublié de mentionner que l’essentiel de ces non-vaccinés sont des personnels non soignants car on aurait pu imaginer que , si il est difficile de remplacer au pied levé un médecin , cela l’est beaucoup moins pour une femme de ménage ou un cuisinier, mais il ne faut pas fâcher gaby .
Silence radio de l’Etat.
Et bien l’Etat a tort car cette décision va être reprise par tous les non-vaccinés de France et de Navarre à qui on ne pourra plus appliquer de mise à pied ou privation selon le principe de l’égalité de traitement dans la fonction publique.
A moins, soyons machiavélique, que cette situation lui permette de sortir par le haut, d’une situation inextricable, collusion que j’avais évoquée dans un autre post.
Les jours qui viennent seront riches d’enseignements.
Pour la Guadeloupe c’est un signal fort pour la fonction publique de continuera de profiter des largesses accordée par l’Etat pour entretenir une image ,méritée , de paresse et haine d’un travail , pourtant sur-rémunéré à 40%, tout en salissant l’image des vrais travailleurs et des nombreux chômeurs qui aimeraient travailler.
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