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Publié par Edouard Boulogne

Tribune Libre : Covid-19 :  contestation et désobéissance en Guadeloupe  : quelle sortie de crise possible  ? par Jean-Marie NOL.

La société Antillaise accorde une grande importance à la culture de la contestation , au respect de la tradition et au principe d'égalité . Mais elle est aussi régulièrement secouée par toutes sortes de rébellions, de dissidences ou de désobéissance , voire par de véritables révoltes . Si les formes de la contestation relevées sont variées et graduées, un ressort commun  anime les guadeloupéens    : celui de la défense de leurs droits et libertés. On se bat donc pour ses idées, jusqu’au bout s’il le faut. On défend ce que l’on croit être la meilleure solution, même si elle est irréaliste, et cela au prix d’un éventuel conflit qui fait souvent la part belle à la politique de la terre brûlée . Une réputation de peuple contestataire , habitué  à battre le pavé et à bloquer le pays pour préserver ses avantages  sociaux . Derrière cette image d'Épinal, que nous disent les défilés de rue sinon l'existence d'un fondement culturel à l’état d’esprit contestataire des guadeloupéens  comme on peut l'entrevoir dans l'actuel mouvement de contestation syndical antivax ? 

 

Politiquement, sur quoi cette colère pourrait-elle déboucher ? L’incertitude est totale. S’agit-il d’un soubresaut dans l’histoire des conflits sociaux en Guadeloupe  du secteur public et privé ou d’une simple parenthèse dans une histoire de bras de fer avec l'Etat ? Mais tout indique encore que cette crise inédite anti vaccination fera le lit de l’extrémisme. Et pourtant , la Guadeloupe devrait  être bientôt rattrapée par le tristement célèbre variant Delta, qui a tué des centaines de milliers de personnes en Inde. Les cas explosent et l'inquiétude du  CHU grandit à une vitesse grand V. Ce virus devrait rapidement s'imposer comme le variant dominant à travers le monde et risque de ruiner l'économie de la Guadeloupe   , si rien ne bouge en matière de vaccination.  Tout simplement parce que désormais, un voile pèse sur le rebond économique. Tous les décideurs économiques et politiques ont en tête le risque du variant Delta .  La charge virale des personnes infectés par le variant Delta serait  jusqu'à 1 260 fois supérieures à celles des personnes infectées par la souche d'origine , relève une étude chinoise. Si ce schéma se confirme en Guadeloupe    , l'incertitude grandira et la consommation et l'investissement pourraient en pâtir. De fait, il y a des interactions puissantes avec la vaccination et l'économie. Un scénario catastrophe : on verrait à la fois l’épidémie repartir du fait des rassemblements et le  pays plongés dans le chaos. La défiance envers le pouvoir est plus grande en Guadeloupe qu’ailleurs en France . « Les gens qui se plaignent constamment vivent leurs malheurs deux fois. D’où leur humeur chagrine », disait l’académicien Jean Dutourd. Si les Français ont la plainte facile, les guadeloupéens ne sont pas en reste. En effet, l'on a assisté à une nouvelle mobilisation ce samedi 24 juillet , à l'appel des syndicats contre l'instauration du pass sanitaire et la vaccination obligatoire pour le personnel de certaines entreprises mais également et surtout  du personnel soignant d'ici la mi septembre. Le hic, c'est que la loi sur le pass sanitaire a été adopté par le parlement ce dimanche. De fait, ce mouvement de contestation risque  de se retrouver dans une impasse sachant également que 50 millions de français seront vaccinés en août 2021 et qu'il existe des chances infimes que le gouvernement recule sous la pression d'une petite minorité  . A ce jour que je sache la Guadeloupe   est encore soumise  à l'identité législative de l'article 73 de la constitution française. Mais certains, au détriment de la raison, ne sont pas prêts à lâcher le morceau, quitte à faire fi du caractère indivisible des lois de la République qui s'appliquent mécaniquement à tous les territoires de la République française. Jusqu'où ira le déni de réalité des syndicats et collectifs antivax ?.... C'est aussi Albert Camus écrivain français et prix Nobel de littérature qui disait que :"Etre un Homme c'est savoir s'empêcher". Pour ma part, je comprends savoir s’empêcher, comme raison garder, savoir se limiter, éviter des débordements préjudiciables, évaluer les choses, peser les risques et les bénéfices. .

Comment Monsieur Cotellon  le directeur du CHU va-t-il gérer les suspensions de salaires pouvant quoiqu'il en soit à terme conduire aux licenciements de ceux qui ne veulent pas obtempérer aux injonctions et ça malgré le flou artistique de la dernière mouture de la loi  adoptée  par le parlement ?... Une situation à venir kafkaïenne pour les autorités judiciaires à moins que le conseil constitutionnel n'y mette son grain de sel . 

La fragmentation entre vaccinés et non vaccinés  va être à notre avis très forte car  il y aura à minima deux grands blocs. Une partie de la  population sociologiquement aisée et composée de chefs d'entreprises, de libéraux et de fonctionnaires , optimiste, à l'aise dans la mondialisation, qui épouse la vaccination et se projette dans l'avenir. Et puis celle qui pense que sa situation se détériore, qui demande de la protection et plus de justice. C'est la population plus  populaire composée d'ouvriers, d'employés, de précaires, de chômeurs,  qui défient l'autorité de l'Etat et rejette en bloc la vaccination et le pass sanitaire . Cela s'exprime déjà  par une fracture culturelle et politique entre les guadeloupéens . Cette dichotomie se traduit aussi par une crise de confiance dans les institutions. Dès lors, faut-il un changement institutionnel ou statutaire ? Le sentiment d'être mal représenté par les guadeloupéens  est massif et doit être traité, mais je ne crois pas que la solution aux problèmes de  l'île soit d'abord institutionnelle même si l'on sait que cette problématique devrait s'imposer à terme . Le traitement du malaise social et  identitaire doit être priorisé à partir du combat contre les inégalités éducatives et sociales  . Souvent pessimistes et critiques envers l'action publique , défiants à l'autorité , rabat-joies, passéistes, certains français de l' hexagone et aussi par mimétisme une partie des Antillais ont tout simplement une drôle de façon d'exprimer leur mal être par des actions dures de révolte violentes et souvent jusqu'au-boutiste , mais moi  j'y vois à travers certaines prémisses liées à la crise sanitaire actuelle , un prélude à l'instauration d'un régime autoritaire en France à compter de l'année 2022 après la présidentielle , et donc nul doute que nous en supporterons tous, non pas aujourd'hui, mais très  bientôt mécaniquement les conséquences liberticides de nos turpitudes. 

 

 

 

 

Jean-Marie Nol économiste 

 

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HOUEL 26/07/2021 15:49

La seule solution: Rappel systématique de la contrepartie publique de la liberté individuelle: À partir du moment où nous bénéficions de l’organisation de notre société et des droits qu’elle nous dispense,nous devons accepter les limites que cela nous impose pour permettre aux autres d’en bénéficier de la même façon.
Si nous refusons ce principe d’égalité nous ne pouvons plus prétendre aux droits et devoirs qui s’y rattachent.
En premier lieu la société serait alors en droit de nous supprimer rémunération,salaire, retraite , RSA , Apl , accès aux soins et autres aides.
Cela serait la logique dans ce qui nous reste de démocratie.
Quel gouvernement osera, ici comme ailleurs, s’y atteler courageusement?
Il sera plus facile de céder aux minorités agissantes , les majorités silencieuses avalant plus facilement les couleuvres.