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Publié par Edouard Boulogne

Christine Kelly : Nôtre dame de France ?

Non, je ne deviens pas fou. Même de Christine Kelly ! Le lecteur attentif en jugera au titre que je donne à cet article où l'initiale de dame est une minuscule. Je ne compare évidemment pas la reine Christine à Nôtre Dame, mère de Jésus, tant aimée de la chrétienté, et particulièrement des antillais comme chacun le sait, et notamment ceux comme moi qui fréquentent quelquefois la chapelle de la rue du Bac à Paris, près du Bon Marché, où en plein Paris, la fréquentation, très populaire, est régulièrement à 75%, antillaise, Guadeloupéens et Martiniquais, et Réunionais tous unis.

Mais nôtre Christine, au prénom en quelque sorte prédestiné, mérite la dénomination que je lui attribue. L'article qui suit est tout à fait dans le ton qui convient pour désigner une femme, rien qu'une femme, mais qui - dans un temps de débacle, de pourriture et de décadence affectant tant et tant de gens, surtout dans le petit monde, hélas influent, du « journalisme » et des réseaux sociaux – oppose son originalité certaine, et son courage (oui, disons le mot) à une lâcheté pestilentielle, et contagieuse. Donc, pas de blasphème (ce serait dame, avec une majuscule) mais un simple constat : dame, et pour nous Guadeloupéens : nôtre dame.

A vous de juger. (Le Scrutateur) .

 

(https://www.bvoltaire.fr/christine-kelly-inoxydable/?mc_cid=09ac03906b&mc_eid=10beefac19 )

 

Qui veut la peau de Christine Kelly ? Curieusement, depuis son arrivée à l’émission « Face à l’info », la journaliste qui cumule les succès d’audiences est la cible de menaces de mort et d’insultes, comme en témoigne cette dernière agression verbale dont elle a été victime à la terrasse d’un bistro parisien, samedi dernier. Pourtant, rien ne prédisposait la ravissante Guadeloupéenne à prendre des coups au nom de la défense de la liberté d’expression d’Éric Zemmour. Son parcours professionnel, sa couleur de peau, ses combats, ses distinctions, tout la prédestinait à devenir une de ces égéries inattaquables du PAF.

Licence maths-physique en poche, c’est comme hôtesse sur Air Caraïbes que Christine Kelly débute dans la vie, avant de devenir animatrice sur une chaîne de télé guadeloupéenne et dans une émission de radio locale. En 1996, elle rejoint la métropole pour suivre une formation à l’Institut de journalisme Bordeaux-Aquitaine. Les débuts d’une grande carrière : réalisatrice de reportages pour France 3, journaliste au quotidien Sud-Ouest et à la chaîne de l’emploi de Canal+, elle sera la première femme noire à présenter le journal à l’échelle nationale sur LCI.

Un témoignage personnel qu’elle livre en 2008 au média Grioo Pour Elle : « Il faut se remettre dans le contexte des années 2000 ; c’étaient les années Black Blanc Beur, on aimait la France de couleur. Je suis juste noire, juste une femme, juste française ; ça a encouragé et réchauffé le cœur des Antillais, des Africains et des personnes qui pourraient se reconnaître en moi. Ça a basculé : je me suis tout de suite sentie comme représentante d’un monde qui était resté dans le noir. »

Elle manquera de peu remplacer Claire Chazal pour le journal du week-end de TF1. Mais c’est Harry Roselmack qui sera choisi.

Un an plus tard, année où Nicolas Sarkozy s’arroge le pouvoir de désigner le président de France Télévisions et de Radio France, Christine Kelly est nommée au Conseil supérieur de l’audiovisuel. Les méchantes langues y voient une « prime à la diversité » dispensée par un pouvoir désireux de se faire pardonner son appétit. Pour la journaliste, c’est l’occasion de mener des batailles : obligation de sous-titrage pour le confort des malentendants par les chaînes de télévision, lutte contre les publicités alimentaires qui font courir un risque d’obésité pour les plus jeunes, promotion de la médiatisation du sport féminin, égalité de temps de parole pour les candidats à la présidentielle. Après son passage au CSA, Christine Kelly portera d’autres causes comme l’aide aux familles monoparentales à travers sa propre association.

Elle est également l’auteur de plusieurs ouvrages, dont un sur l’affaire Flactif (le quintuple meurtre d’une famille au Grand-Bornand) et un autre sur François Fillon. En bref, Christine Kelly a tous les canons d’une beauté faite pour contenter les plus scrupuleux des médias mainstream. D’autant qu’elle a accumulé des distinctions qui ne feraient pas rougir les militants de la cancel culture : prix de la meilleure journaliste de BlackWorld Victories Awards, prix à Londres au gala des femmes d’affaires Noires d’Europe, trophée Africagora des femmes et prix du Gotha noir.

Mais cette rentrée 2019 avec la création de l’émission « Face à l’info » a quelque peu changé la donne. La présence sur le plateau d’Éric Zemmour introduit le germe de la discorde et fait condamner de facto Christine Kelly pour intelligence avec l’ennemi. Mais la journaliste tient bon. Au nom de cette liberté d’expression à laquelle elle s’accroche. « On n’éteint pas un incendie avec des flammes. On n’éteint pas Éric Zemmour avec sa fougue en lui criant dessus, en faisant du cinéma journalistique. Je ne me positionne pas comme son contradicteur mais je distribue la parole, je tempère, modère et précise. » Elle pousse même jusqu’à dire : « Personne ne peut l’imaginer mais il met une bonne ambiance sur le plateau […] On forme une sorte de famille où on se respecte […] On a compris qu’on est là pour être au service du public, apprendre des choses aux téléspectateurs. »

« Un service du public » qui coûte cher à Christine Kelly. Mais elle semble faite d’un acier bien trempé. À moins d’y voir tout simplement la preuve que, décidément, dans la sphère médiatique, les lignes bougent !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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