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Publié par Edouard Boulogne

1) c'était avant hier, avant l'aurore coloniale. 2) Aujourd'hui encore. Ici au Soudan. 3) Je plains les professeurs d'histoire.
1) c'était avant hier, avant l'aurore coloniale. 2) Aujourd'hui encore. Ici au Soudan. 3) Je plains les professeurs d'histoire.
1) c'était avant hier, avant l'aurore coloniale. 2) Aujourd'hui encore. Ici au Soudan. 3) Je plains les professeurs d'histoire.

1) c'était avant hier, avant l'aurore coloniale. 2) Aujourd'hui encore. Ici au Soudan. 3) Je plains les professeurs d'histoire.

Ci-dessous de larges extraits du magazine Jeune Afrique sur l'esclavage et le déni forcené de certains face à la responsabilité (partagée) des Africains dans la tragédie où l'on a voulu, de façon tout à fait mensongère enfermer le monde occidental.

La totalité de l'article est accessible par le lien ci-dessous. (Le Scrutateur).

 

https://www.jeuneafrique.com/1167373/culture/romuald-hazoume-nous-africains-devons-aussi-assumer-notre-responsabilite-dans-lesclavage/

 

Mis à jour le 23 mai 2021 à 17h01

 

Avec « Expression(s) décoloniale(s) », le château des ducs de Bretagne invite l’artiste béninois Romuald Hazoumé et l’historien ivoirien Gildas Bi Kakou à poser un nouveau regard sur ses collections et la traite transatlantique.

La démarche est assez neuve en France, et prête le flanc à la polémique. Mais elle est totalement assumée. « Longtemps, nous avons abordé la traite et l’esclavage avec les outils des historiens, dans leur dimension politique, économique, sociale… Mais il manquait la dimension humaine, pose Krystel Gualdé, directrice scientifique du Musée d’histoire de Nantes.

 

Le Rijksmuseum, à Amsterdam, a eu de l’avance en proposant un travail de décolonisation des collections, en mettant l’émotion, l’empathie, au cœur du musée grâce à l’intervention d’artistes contemporains. Quand on avait ligoté les esclaves, ensuite, on les faisait taire. On les a empêchés de raconter l’horreur. Comme au Rijksmuseum, ici, un artiste comme Romuald Hazoumé est une passerelle entre ce passé douloureux et notre présent. »

à lire [Tribune] Esclavage : c’est à l’Afrique d’écrire sa propre histoire

Une vingtaine de pièces de l’artiste, parfois démesurées, sont disséminées dans le château des ducs de Bretagne : depuis sa vaste cour jusque dans les salles du musée d’Histoire. Mais l’évocation se fait parfois par petites touches.

Dans une pièce consacrée à la traite atlantique, l’artiste béninois diffuse par exemple une simple bande son. Ce sont les voix d’hommes et de femmes, des chants, des gémissements, qui disent la peur et la maladie sur le bateau qui les arrache à l’Afrique.

Elles s’ajoutent au coffrage en bois de la salle, évoquant l’entrepont d’un navire négrier. À une gravure présentant le bateau nantais la Marie-Séraphique, et la manière dont on y entassait plus de 300 esclaves. Aux menottes qui les entravaient, aux matraques utilisées pour les réduire au silence. Ou aux armes offertes par les négociants à leurs intermédiaires africains.

Les interventions de Romuald Hazoumé, quant à elles, ne vont pas forcément dans le sens auquel on pourrait s’attendre, celui d’une attaque en règle des Occidentaux. « Moi mon rôle en tant qu’artiste africain, c’est de dire aux miens, ‘nous, Africains, devons aussi assumer notre responsabilité dans l’esclavage !’ S’il n’y avait pas eu de vendeur, il n’y aurait pas eu d’acheteur. Comme les Occidentaux, des Africains ont aussi profité de ce trafic ! Et il est important de parler de ce qui se passe aujourd’hui, de parler de ces enfants que l’on « place » dans d’autres familles, qui font le ménage, la vaisselle, qu’on ne met pas à l’école… Nous devons nous regarder d’abord avant de regarder les autres. »

Autre témoignage :


 

Avec « Expression(s) décoloniale(s) », le château des ducs de Bretagne invite l’artiste béninois Romuald Hazoumé et l’historien ivoirien Gildas Bi Kakou à poser un nouveau regard sur ses collections et la traite transatlantique.

La démarche est assez neuve en France, et prête le flanc à la polémique. Mais elle est totalement assumée. « Longtemps, nous avons abordé la traite et l’esclavage avec les outils des historiens, dans leur dimension politique, économique, sociale… Mais il manquait la dimension humaine, pose Krystel Gualdé, directrice scientifique du Musée d’histoire de Nantes.

Réalité longtemps tue

 

Les interventions de Romuald Hazoumé, quant à elles, ne vont pas forcément dans le sens auquel on pourrait s’attendre, celui d’une attaque en règle des Occidentaux. « Moi mon rôle en tant qu’artiste africain, c’est de dire aux miens, ‘nous, Africains, devons aussi assumer notre responsabilité dans l’esclavage !’ S’il n’y avait pas eu de vendeur, il n’y aurait pas eu d’acheteur. Comme les Occidentaux, des Africains ont aussi profité de ce trafic ! Et il est important de parler de ce qui se passe aujourd’hui, de parler de ces enfants que l’on « place » dans d’autres familles, qui font le ménage, la vaisselle, qu’on ne met pas à l’école… Nous devons nous regarder d’abord avant de regarder les autres. »

Tabou

Le plasticien né à Porto-Novo utilise dans ses installations des bidons de 50 litres que de jeunes hommes, principalement, transportent parfois par lots de quatre sur des motos entre le Nigeria et le Bénin pour acheminer de l’essence. Découpés, rafistolés, ces jerricans rappelant étrangement des visages humains.

Et ils racontent aussi un peu de l’esclavage moderne dans le pays, où les plus déshérités jouent leur vie (les accidents sont fréquents) pour quelques billets. Pour l’artiste, les élites ont leur part de responsabilité dans cette domination : « ce sont les mêmes personnes depuis 30 ans, juste rafistolées comme ces bidons, et elles ne sont intéressées que par leur maintien au pouvoir. »

Mais le peuple n’est pas sans tort non plus, lui qui attend avec fatalisme une amélioration de son sort venant d’une protection surnaturelle « musulmane, chrétienne, évangéliste, vaudou… parfois tout à la fois. »

 

Un autre invité, Gildas Bi Kakou, historien ivoirien qui a consacré sa thèse de doctorat à la traite négrière ivoirienne au XVIIIe siècle, intervient dans les collections. À côté des cartels habituels, on peut lire ses commentaires, qui ajoutent un éclairage pertinent, « de l’intérieur ».

Il décrit par exemple les opérations guerrières « nolo » (rapt d’un individu isolé) ou « mvrakila » (tenant du raid, de la razia) au Congo pour fournir des esclaves aux négriers. Il évoque aussi le royaume Ashanti (1701-1874) à qui était livré chaque année un tribut de 2 000 esclaves.

« La responsabilité africaine dans l’esclavage est encore taboue, reconnaît celui qui s’est intéressé au sujet en découvrant que certains de ses lointains aînés avaient été propriétaires d’esclaves. Que l’on soit descendant de parents réduits à la servilité ou de personnes possédant des esclaves, c’est encore très compliqué et honteux d’en parler. »


 

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Ch.Etzol 26/05/2021 21:31

Le roi BEHANZIN et ses prédécesseurs ,coupables de crime contre l'humanité ? :.
(Extraits d'un article de C Moliner sur Breizh info de Juillet 2020)

"Le Dahomey était un royaume fondé par des envahisseurs Fons venus au XVIe siècle du Nigeria. Ces derniers ont submergé les populations autochtones, avant de fusionner avec elles d’une manière inégalitaire, les nouveaux venus formant les classes supérieures et les guerriers.

Rapidement ce nouvel État prend de l’ampleur, à partir de 1725 il se lance dans la vente d’esclaves suite à l’installation de comptoirs sur la côte par un Normand Jean Préault. Vers 1750 le roi du Dahomey Tegbessou procure chaque année aux négriers européens 9 000 esclaves, principalement des habitants des États voisins capturés lors de raids incessants. On estime que Tegbessou a des revenus 4 fois supérieurs à ceux des plus riches propriétaires terriens d’Angleterre. Le puissant royaume d’Oyo à qui le Dahomey paye un tribut, fera pression de temps à autre pour empêcher ce trafic, non pour des raisons humanitaires, mais pour protéger son propre commerce.

La France s’installe vers 1870 sur la côte du Dahomey et doit défendre ses comptoirs contre les manigances des Britanniques, des Portugais et des Allemands en cette période où les Européens se partageaient l’Afrique, sans aucun scrupule..
En 1878, lors du séjour d’une délégation diplomatique française à Abomey, la capitale du Dahomey, le régent du royaume Béhanzin ordonne exprès un sacrifice humain de 200 personnes. Lorsqu’à la mort de son père, Béhanzin devient roi, il renouvellera cette pratique odieuse. La prospérité de son royaume repose en partie sur l’exploitation, dans des fermes royales, d’esclaves d’origine Nado, un peuple autochtone subjugué par les Fons. ..

Il est paradoxal qu’un homme qui n’hésitait pas à sacrifier des centaines de ses sujets et dont la prospérité de son royaume reposait sur l’exploitation éhontée de noirs soit considéré comme un héros par la LDNA.(Ligue de Défense des Noirs Africains)
Cette organisation reproche en effet violemment l’esclavage aux Blancs, considère que c’est un crime fondamental, un crime contre l’humanité. Elle prétend de même que la colonisation a ruiné l’Afrique et empêché les cultures indigènes de sortir seule du sous-développement.

Peut-on sérieusement croire que si le Dahomey était resté indépendant, il aurait aboli de lui-même l’esclavage et aurait pris le train de la modernité ? "