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Publié par Edouard Boulogne

L’urgence économique et sociale consiste à dire la vérité aux guadeloupéens sur la crise actuelle, par Jean-Marie NOL.  (Tribune libre).

L’urgence économique et sociale consiste à dire la vérité aux guadeloupéens sur la crise actuelle !
Et si ce qui s’est passé dans l’étrange spéculation autour du blocage de la Guadeloupe par une surenchère de certains socio-professionnels était révélateur d'un enjeu bien plus profond ?... De tout temps, la Guadeloupe a été le lieu de crises multiples, mais c'est faux de dire et croire que le climat actuel est pré-insurectionnel, car en dépit des rodomontades de quelques guadeloupéens , la situation actuelle en Guadeloupe n'est nullement explosive comme le prétendent certains . Dans le passé, on a connu pire. Ne nous emballons pas, car il n'existe pas de risque de révolte et encore moins de révolution dans le contexte actuel. Cessons de prendre des vessies pour des lanternes et faire peur aux gens en supputations à mon sens imaginaires.

Beaucoup de guadeloupéens se trompent sur toute la ligne car un rapport de force est une relation de conflit, entre plusieurs parties qui opposent leurs pouvoirs, ou en un sens plus littéral leurs forces, que cette force soit physique, psychique, économique, politique, religieuse, militaire...
Si les parties impliquées dans le rapport de forces ont un pouvoir inégal, on distingue la partie dominante à savoir l'Etat français et la partie dominée la Guadeloupe : s’applique alors automatiquement la loi du plus fort, autrement dit l'arbitraire du pouvoir. Au-delà de l'analyse de savoir qui possède le pouvoir politique, économique et social réel en Guadeloupe , il est important de mesurer, pour chaque curseur, le pouvoir perçu de l'Etat par certains guadeloupéens syndicalistes ou encore socio professionnels . Car à moins d'avoir des informations précises sur le conflit qui crée aujourd’hui une certaine forme de paralysie de la Guadeloupe , nous n'avons souvent qu'une représentation erronée du fort pouvoir de nuisances de certains thuriféraires et de la réalité de l'état d'esprit de l'Etat français qui ne réside plus forcément dans la répression .

Ce qui est important à comprendre c'est que nous vivons présentement une période singulière dans la vie économique guadeloupéenne .Il ne faut pas s’étonner si aujourd’hui cela prend une tout autre ampleur.

Les syndicalistes et autres activistes guadeloupéens du secteur du bâtiment et des transports ne font actuellement pas le poids dans un conflit socio politique comme tout le monde le sait dans le contexte actuel de l'opinion publique. Ne rêvons pas au grand soir comme l'ont fait à une époque nos aînés et ce au détriment de la vraie compréhension de l’environnement politique.

C’est que la société Antillaise se fabrique un peu elle-même, et les politiciens qui participent à la table des négociations devraient simplement avoir l’humilité de se demander dans quelle mesure ils peuvent l'aider dans sa résilience ,Ils doivent l’accompagner, mais ils ne doivent pas vouloir la diriger à tout prix au prisme de leur idéologie passéiste . D’où mes désaccords et mes difficultés avec ceux pour qui tout est politique.

A mon sens, le président Emmanuel Macron et son gouvernement ont déjà tiré toute les leçons des erreurs passées de la politique coloniale française. Il n'est plus question de répression et de tuerie massive comme dans le temps en cas de crise conflictuelle . Le contexte politique a changé en même temps que celui de la mondialisation. La répression aveugle et sans discernement n'est pas aujourd'hui à l’ordre du jour. L'affaire des barrages érigés aujourd'hui en Guadeloupe n’est à mon avis que de l'esbroufe . Il n'y aura pas de crise d'envergure en Guadeloupe, sinon tout au plus une jacquerie vite étouffée . Pour le moment cette injection massive par l'Etat de liquidités empêche un effondrement financier majeur qui viendrait aggraver la crise dans l’économie réelle à travers la courroie de transmission habituelle que représentent les banques commerciales. Si elles font faillite, elles n'accordent plus de crédits à l’économie réelle, qui se vide de ses liquidités. Mais cette injection est bien insuffisante si l’on considère le caractère inédit de cette crise. Les économistes remarquent à juste titre qu’il s'agit à la fois d’une crise d'offre -les entreprises sont empêchées de produire - et de demande, car on consomme moins lorsqu’on ne sort pas de chez nous et que les commerces sont fermés. Dans ces conditions il n’est qu’une question de temps avant que les faillites en série ne ravagent l'économie de la Guadeloupe et de la Martinique.

Personne n'ose vraiment penser à cette hypothèse, parce qu’on a le plus grand mal à admettre que cette paralysie de la Guadeloupe est vraiment durable. Chacun préfère penser que ce cauchemar absurde finira bientôt ; Seulement : voilà, rien n’est moins sûr. Et si on veut affronter vraiment l’avenir, dans toutes ses dimensions, il faut se préparer aussi à une crise financière qui affectera les pays Guadeloupe et Martinique au cas où cette pandémie est là pour très longtemps, en évaluer toutes les conséquences, et chercher à les écarter.

En fait, en réalité, ce qui se prépare subrepticement, c'est rien d'autre qu'une asphyxie financière de la Guadeloupe et surtout de la Martinique, donc une bonne crise sociale que certains suscitent en sous main sous le prétexte de la crise sanitaire du COVID 19, et ce pour faire taire toutes les velléités revendicatives d'ordre politiques séparatistes et identitaires., il faut nécessairement que les Guadeloupéens et surtout les Martiniquais apprennent à regarder plus loin que le bout de leur nez.... La Martinique est actuellement le laboratoire de la mise en œuvre de cette stratégie d'asphyxie financière à venir dès 2022. Seuls quelques cuistres diffusent encore l'idée que la Martinique et la Guadeloupe sont des paradis peuplées de gens qui se croient en enfer..A méditer avec les motifs impérieux, le tourisme a la tête sous l'eau, certaines entreprises sont déjà durement touchées et si cela dure l’économie entière va s'affaisser.

C'est voulu délibérément mais peut-être que je me trompe. Wait and see. Mais ce qui est certain c'est que le processus de prise de responsabilités voulu par l'Etat pour des raisons purement financières à savoir l'autonomie n'est pas contestable, mais c'est la stratégie que nous ne comprenons pas clairement. Ce n'est nullement contradictoire avec mon argumentation précitée . Qui peut croire sinon les naïfs que le gouvernement ignore ce qui se passe en Guadeloupe et surtout en Martinique où le rejet et le refus de l'autorité de la République française est actuellement paroxystique comme on a pu encore le constater avec le vandalisme de la boutique JM par des activistes rouge vert noir et tout récemment avec le carnaval "maworï'.en dépit de l'interdiction édictée par le préfet. Non, n'en doutons pas, ia situation troublée des Antilles est connue et les risques parfaitement soupesés et analysés , car de source sûre, les services secrets ont été renforcés en effectifs récemment en Guadeloupe et en Martinique. Tous les réseaux sociaux font l'objet d'une surveillance accrue et il faut savoir que des notes circonstanciées sur tous les problèmes interraciaux et les crises identitaires sont régulièrement envoyées aux ministres de l'intérieur et de l'outre-mer. Le gouvernement connait parfaitement l’état d'exaspération du climat actuel aux Antilles , et ainsi en conséquence paufine sa stratégie de disruption telle que décrite par moi précédemment. .. Pourra-t-on vivre durablement dans ce monde de crise identitaire et sociale à répétition ? Je ne sais. C’est en tout cas une stratégie de changement de modèle économique et social à préparer, si on veut penser plus loin que les conflits actuels . Regardons le bon côté des choses : comme toute crise en Guadeloupe et en Martinique , celle-là nous offre une opportunité de régler des problèmes qu’on n’osait pas aborder avant : réguler les marchés publics ; mettre fin à la spéculation improductive ; combattre les fausses nouvelles ; et même, rêvons un peu : mieux réfléchir aux aides octroyées aux entreprises pour au final le bien être des salariés et mieux répartir les patrimoines financiers entre tous et orienter les financements vers les entreprises durables, positives, au service de l’économie de la Guadeloupe et la Martinique.

Je me répète, mais nous devons méditer sur le fait que toute action provoque une réaction ou une conséquence, ne jamais l'ignorer...

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Jean marie Nol économiste

 

 

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Claude Houel 25/02/2021 22:47

Du machiavélisme de l’Etat ?

Monsieur Nol nous donne une intéressante vision, la sienne, de la situation socio-économique des Antilles françaises et, singulièrement de la Guadeloupe.
Il est cependant dommage qu’elle ne soit pas étayée par des exemples chiffrés et parlants , qu’il n’ignore pas, pour éclairer le citoyen lambda souvent ignare en économie, comme moi même et beaucoup de français.
Nul besoin d’être grand clerc pour constater la souffrance de certains entrepreneurs et de leurs salariés en ces temps de pandémie subie.
Par contre il aurait été intéressant de constater la situation réelle de ceux qui bloquent une vie économique dégradée de façon outrancière mais symbolique.
On peut se poser la question de savoir si la situation est ce point dégradée pour les secteurs emblématiques à la tête du conflit.
Tout le monde aura pu constater que les transports de personnes ou de marchandises ont continué à fonctionner de façon supportable économiquement, en dehors du premier confinement, la Guadeloupe échappant, jusqu’ici, aux mesures plus drastiques prises au plan national ou même en Guyane et Martinique.
Idem pour le secteur du bâtiment à la tête duquel se trouvent des entrepreneurs dont, le moins que l’on puisse dire, la fortune est assurée de longue date. Même le sable guadeloupéen introuvable localement à cause de grèves enlisées se trouve remplacé, opportunément par du sable de …la Dominique.
Tous les secteurs ne sont pas impactés mais beaucoup d’entrepreneurs désapprouvent ce mouvement.
Il serait intéressant d’analyser les vraies motivations de chacun.
L’outrance de ce mouvement est manifeste quand on voit des tonnes de gravats déversés à des endroits ou quelques camions ou bus garés en travers auraient suffit.
Ceci pour un décor agrémenté de quelques drapeaux indépendentistes et tambouyés.
Quand aux revendications, il peut paraître indécent de voir les mêmes demander toujours plus quand l’Etat , à grand renfort d’emprunts, prend en charge une bonne partie des salaires des entreprises touchées et garanti des emprunts auprès des banques avec des reports probables des remboursement en cas de continuation de la pandémie.
Même si il existe des secteurs effectivement touchés comme le tourisme ou l’événementiel, les aides sont là, pour tous, ou presque.
Les vraies victimes sont, comme toujours les petits, ceux qui vivent de petits boulots ou ceux qui touchent des prestations sociales identiques à la Métropole dans un département où les fonctionnaires territoriaux ou nationaux ont une sur-remunération de 40%.
Cela étant dit la sortie de crise va être difficile pour les entreprises qui étaient déjà en grande difficulté avant la pandémie, celles là, ici comme ailleurs vont disparaître.
L’Etat ne les aidera pas car ce n’est pas son rôle.
Certaines seront des vraies victimes mais d’autres ne devront leurs malheurs qu’à une mauvaise gestion ou à la mauvaise habitude endémique de ne pas payer ses charges en espérant que l’Etat ou les créanciers effaceront l’ardoise ce qui ne sera pas le cas.
Les solutions d’avenir ne sont pas à attendre des pseudo grévistes, elles viendront de rares secteurs porteur comme le tourisme qui redémarrera rapidement en sortie de pandémie ou de secteurs novateurs portés par de jeunes entrepreneurs de talents qui n’apporteront leurs compétences que dans un pays apaisé, avec des perspectives de stabilité sociales et économique à long terme au lieu de les exercer sous d’autres cieux.
Quant à l’Etat il ne fera rien de plus que qu’il fait au plan national sauf à aider de jeunes talents reconnus mais peut-être a-t-il d’autres objectifs, cachés comme le pense M. Nol, mais allez savoir…