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Publié par Edouard Boulogne

Mettre toutes les « radicalités identitaires » dans le même sac, comme le fait le sociologue Manuel Boucher dans un ouvrage collectif, n’a pas de sens.

A un rythme moins soutenu que d'habitude en ce mois d'août, mais tout de même, je continue à proposer des articles qui me paraissent aider à aux réflexions et aux choix personnels.

Nous sommes à une époque où, du fait du développement exponentiel (etsouvent anarchique) des informations sur internet, et sur les « grandes » chaines TV, nous sommes tentés de prendre à nôtre compte, des déclarations pour le moins aventureuses, relevant de la propagande plus que de la réflexion.

Par exemple, le thème archi rebattu des identitarismes qui tend à faire revendiquer par chacun « l'identité culturelle » comme une exigence impérieuse at absolue de libération et d'assomption de soi.

Mais toutes les cultures se valent-elles ? La libération et l'assomption des « moi » passent-elles par les radicalismes identitaristes ?

Cet article documenté, sur un ton posé, d'Aurélien Marq m'a paru intéressant.

A vous de juger.

Le Scrutateur.

 

Non, identitaires et indigéno-islamistes ne se valent pas

L’extrême droite n’est pas le PIR

par

Aurélien Marq

  • 13 août 2020

(https://www.causeur.fr/non-identitaires-et-indigeno-islamistes-ne-se-valent-pas-180268 )

 

Interviewé par Marianne à l’occasion de la parution du livre qu’il a coordonné Radicalités identitaires : la démocratie face à la radicalisation islamiste, indigéniste et nationaliste, Manuel Boucher me semble, malgré quelques analyses intéressantes, faire des confusions dangereuses.

Leur universalisme et le nôtre

Je suis un universaliste. Je sais par expérience que si certaines cultures, certaines éducations sont de toute évidence plus propices que d’autres à l’épanouissement de ces qualités qui font la grandeur de l’Homme, celle-ci n’est l’apanage d’aucune couleur de peau, d’aucune ethnie, d’aucun sexe, d’aucune orientation sexuelle, d’aucun milieu social. Je sais de même qu’il n’est nulle turpitude humaine dont quiconque serait miraculeusement préservé, ou à laquelle quiconque serait irrémédiablement condamné, en raison de sa couleur de peau, de son ethnie, de son sexe, de son orientation sexuelle ou de son milieu social.

Mais je sais également qu’il n’y a, en pratique, aucun universalisme hors sol. Mon privilège n’est pas d’avoir telle ou telle couleur de peau, mais de vivre dans une société où l’on considère encore qu’il est légitime d’admirer à la fois Plutarque et Meng Tseu, Jeanne d’Arc et le général Yue Fei, les symphonies de Beethoven et les mélodies de Yokoyama Seiji. L’universalisme ne peut s’épanouir que dans une culture, une civilisation, qui le considère comme faisant partie de son identité.

Je suis donc aussi un identitaire. Tout privilège impose des devoirs : j’ai le devoir et l’honneur de défendre l’identité de la civilisation occidentale. Non qu’elle soit la seule bonne. Je pleurerais si le Japon renonçait à son identité. Je célébrerai le jour où la dictature des Mollahs tombera et où l’Iran renouera avec sa véritable identité, celle du Shahnameh, de ses héros magnifiques et de ses héroïnes admirables, dont les héritières se battent pour enlever leurs voiles. Mais ici et maintenant, j’observe que l’identité occidentale est la seule à pouvoir garantir concrètement la pérennité de ce qu’il y a de meilleur dans notre société, y compris sa dimension universaliste.

Le multiculturalisme, ce lâche renoncement 

Et je m’oppose fermement à ce multiculturalisme qui n’est qu’un lâche renoncement aux exigences du sens moral et de la raison, puisqu’il met sur le même plan cultures universalistes et cultures tribales, cultures soucieuses de la dignité et de la liberté de l’Homme et cultures qui rêvent d’un asservissement du monde à des règles arbitraires, cultures attachées à l’égalité des droits civiques entre femmes et hommes et cultures réifiant les femmes pour en faire les possessions des hommes, ou les enfermant dans une minorité juridique perpétuelle.

En affirmant que « salafo-jihadisme », « indigénisme » et « extrême droite identitaire » seraient fondamentalement semblables, Manuel Boucher fait une erreur dramatique.

Je pourrais rappeler que seuls les deux premières de ces idéologies prétendent détruire notre civilisation, la troisième n’incarnant peut-être pas ce qu’elle a de meilleur mais (en dehors éventuellement de quelques groupuscules marginaux) ne menaçant ni son existence, ni son essence.

Je pourrais souligner que seules les deux premières sont expansionnistes et conquérantes, alors que la troisième ne vise qu’à préserver une tradition sur son territoire.

Je pourrais montrer que seules ces deux-là se veulent messianiques et aspirent à faire table rase du passé pour instaurer le règne d’un « homme nouveau », et qu’en cela c’est de la Gauche qu’elles se rapprochent, ce que confirment d’ailleurs leurs alliances électorales, notamment avec EELV et LFI.

Toutes les identités ne se valent pas

Je pourrais évoquer l

 

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