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Publié par Edouard Boulogne

De la police de la culture à la police de la pensée, par Edgar Bay.
De la police de la culture à la police de la pensée, par Edgar Bay.
De la police de la culture à la police de la pensée, par Edgar Bay.

 

Le Scrutateur en vacances, comme toujours en deuxième partie du mois d'août, s'est réfugié comme d'habitude sur le minuscule îlot de Clipperton au large du Mexique où, dit-il, au moins les risques de contamination par le Covid n'existeront pas.

Il m'a confié l'interim du Scrutateur, et j'ai choisi de résumerle plus récent livre d'une subversive, comme dirait « le maître », nommée Caroline Fourest.

Fourest est une petite (la quarantaine à peine !) qui agace LS et lorsqu'il en parle, c'est toujours en levant les yeux au ciel et avec un soupir.

Il faut dire qu'il n'a pas tort et que la Fourest a été de toutes « les causes » que combat le Scrutateur, et ceci depuis qu'elle « pense ».

Mes guillemets son méchants et, depuis peu, peut-être exagérés.

Caroline a gardé sans doute de son adolescence le désarroi de se découvrir différente, par sa sexualité saphique . Il n'en faut pas plus, souvent, pour que des adolescents ainsi discriminés s'engagent sur des chemins de révoltes sociales et politiques.

Certains s'engluent sur des chemins boueux et sans issues du nihilisme révolutionnaire, d'autres, en prenant de la maturité, réfléchissent et évoluent sur de nouveaux chemins, non de trahison mais d'accomplissement de leur moi pacifié.

J'ai lu avec un certain intérêt « Génération offensée » de la jeune Fourest, qui sur des chemins qu'elle avait fréquenté, où elle chemine encore, a fait des rencontres qui l'ont conduite à remettre en question des positions trop tranquilles parce qu'inspirées par « l'Humeur », plus que par la réflexion. Je publie ci-dessous, quelques bonnes pages du livre qui me paraissent éclairantes, et oh stupeur ! en accord avec la ligne du vacancier LS.

 

Edgar Bay.

 

I) Le premier extrait concerne une créature télévisuelle que l'on voit souvent sur LCI, couvée par Pujadas. Il s'agit de Rokaya Diallo.

 

« Si l’on devait adresser un reproche à la mode, ce serait le manque de mannequins métis, noirs ou bien portants dans ses défilés, pas de crêper les cheveux de ses mannequins blancs. La mode des cheveux afro sur les podiums peut encourager des générations de femmes à cesser de les lisser et de les abîmer ! Ce serait plutôt un progrès. Mais le progrès n’est pas l’objectif des inquisiteurs en « appropriation culturelle ». Leur but est d’exister. Or exister, de nos jours, c’est se dire « offensé ».

Or exister, de nos jours, c’est se dire « offensé ».

Une posture, presque un métier, où excelle Rokhaya Diallo, grande importatrice de polémiques en « appropriation culturelle ». Activiste professionnelle, mannequin bijoux à l’occasion, elle ne manque jamais une occasion de s’indigner « en tant que femme noire », pour ensuite se plaindre d’être réduite à-sa couleur de peau. Horrifiée de voir des Blanches défiler avec des coupes afro, elle en réclame le copyright. Son rêve ? Que les stylistes africaines, voire les coiffeuses africaines du quartier du Château d’Eau, soient « créditées » pour ces coupes . Sans que l’on sache exactement comment répartir le pourcentage. Faut-il rémunérer seulement les coiffeuses noires, toutes les femmes noires portant des coupes afro, ou seulement leur porte- parole improvisée ? » (pp 35-36)

 



 

  1. La Police de la culture :

 

 

« Cette police de la culture ne vient pas d’un Etat autoritaire, mais de la société et d’une jeunesse qui se veut « woke », réveillée, car ultrasensible à l’injustice. Ce qui serait formidable si elle ne tombait pas dans l’assignation ou l’inquisition. Les millennials sont largement acquis à cette gauche identitaire dominant l’essentiel des mouvements antiracistes, LGBTI, et divisant même le féminisme. A moins d’un sursaut, sa victoire culturelle sera bientôt complète. Ses réseaux d’influence grandissent à l’intérieur des syndicats, des facultés, des partis politiques, et gagnent le monde de la culture. Ses cabales pèsent de plus en plus sur notre vie intellectuelle et artistique. Le courage d’y résister se fait rare. Si bien que nous vivons dans un monde furieusement paradoxal, où la liberté de haïr n’a jamais été si débridée sur les réseaux sociaux, mais où celle de parler et de penser n’a jamais été si surveillée dans la vie réelle.

D’un côté, le commerce de l’incitation à la haine, du mensonge et de la désinformation, prospère comme jamais, protégé au nom de la liberté d’expression, grâce au laxismé et à la dérégulation. De l’autre, il suffit d’un petit groupe d’inquisiteurs se disant « offensés » pour obtenir les excuses d’une star, le retrait d’un dessin, d’un produit ou d’une pièce de théâtre. Ces polémiques dessinent de vraies lignes de fracture, au sein de l’antiracisme et entre les générations.

Hier, les minoritaires se battaient ensemble contre les inégalités et la domination patriarcale. Aujourd’hui, ils se battent pour savoir si le féminisme est « blanc » ou « noir ». La lutte des « races » a supplanté la lutte des classes. « D’où parles-tu, camarade ? », lancé pour culpabiliser en fonction de la classe sociale, a muté en contrôle d’identité : « Dis-moi de quelle origine tu es et je te dirai si tu peux parler ! »

Loin de contester les catégories « ethnicisantes » de la droite suprémaciste, la gauche identitaire les valide, et s’y enferme. Au lieu de rechercher la mixité et le métissage, elle fractionne nos vies et nos débats entre « racisés » et non-« racisés », monte les identités les unes contre les autres, finit par mettre les minorités en compétition. Au lieu d’inspirer un nouvel imaginaire, revisité et plus divers, elle censure. Le résultat est là : un champ de ruines intellectuel et culturel. Qui profite aux nostalgiques de la domination ».(pp 9 et 10).

 

 

  1. Malkom X et Farrakhan :

 

« Fascinés par cette radicalité, de jeunes Occidentaux l’appliquent à tout mouvement perçu comme « décolonisé ».

Ils en viennent parfois à soutenir le suprémacisme noir et son antisémitisme. C’est le cas des fans de

Malcolm X, qui défendait une vision très violente et très raciste de la revanche. Plus il devenait islamiste, plus il associait les Blancs au diable : « L’homme blanc est diabolique par nature et doit être détruit . » Ne parlons pas du leader antisémite Louis Farrakhan, admirateur d’Hitler et qui compare les Juifs à des Blancs sataniques, parfois même à des « termites », qu’il faut donc exterminer... Lors d’un meeting tout récent, il expliquait que « les Juifs étaient responsables de tous les comportements crasseux et dégénérés de Hollywood, transformant les hommes en femmes et les femmes en hommes ». Avant de menacer : « Les Blancs, vous allez descendre. Et Satan va descendre aussi. Et Farrakhan [il parle de lui à la troisième per­sonne], grâce à Dieu, va retirer la couverture de ces Juifs sataniques. Je suis là pour dire : votre temps est terminé ! ».

 

  1. Une femme violée ne doit pas dénoncer le violeur s'il est « de son camp » :

 

« Houria Bouteldja, a publié un livre — Les Blancs, les Juifs et nous — loué par une partie de l’extrême droite française pour sa fibre identitaire1. Elle adoré ses pages sur les Juifs, et plus encore cette tirade contre le féminisme pro-choix : « Mon corps ne m’appartient pas. Aucun magistère ne me fera endos­ser un mot d’ordre conçu par et pour des féministes blanches (...). J’appartiens à ma famille, à mon clan, à mon quartier, à ma race, à l’Algérie, à l’islam. » Une logique qui l’amène à considérer qu’une femme vio­lée par un homme de « son clan » - c’est-à-dire de sa culture - ne doit pas le dénoncer, pour ne pas flatter le racisme. La consigne est claire. Une féministe ne doit pas dénoncer son violeur s’il est noir, arabe ou musulman, surtout si elle est musulmane, sous peine de trahir. Les féministes dénonçant l’intégrisme reli­gieux au nom de l’islam, le viol ou l’oppression des femmes sans tenir compte de la couleur de peau ou de la religion de l’oppresseur sont taxées de « Blanches » et d’« islamophobes », même si elles sont musulmanes. » (62) 5)

 

  1. Le cauchemar d'Evergreen :

     

Mme Fourest consacre l'avant dernier chapitre de son livre à une illustration presque sans égale de la subversion racialiste en évoquant l'université d'Evergren aux USA, dont le Scrutateur a déjà parlé et dont vous aurez une vision des horreurs qui s'y perpètrent filmé par les étudiants eux-mêmes.

Ce document doit être écouté et conservé par les lecteurs soucieux de comprendre ce qui perturbe actuellement en profondeur nos sociétés. Voici ce lien que je remercie le Scrutateur d'avoir publié pour éclairer les lecteurs (sauf peut-être les « NIAIS) tâchepour laquelle le Saint Esprit lui-même risque d'être mis en difficulté) : https://www.youtube.com/watch?v=u54cAvqLRpA

 

Caroline Fourest est très claire et très scrutatorienne sur ce chapitre et j'imagine le froncement de sourcils du fondateur de ce blog. Mais, cher Edouard, « vérité  d'abord" c'est ce que tu nous as toujours enseigné.

Bonne lecture à tous, et surtout conservez cet article, et faites-le lire.

 

Edgar Bay.

 

 

 

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